Magma
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Magma" et de son tournage !

Naissance du projet

Magma trouve son origine dans un souvenir d'enfance de Cyprien Vial, au sommet de la Soufrière. Sous une pluie battante, dans la brume et parmi les vapeurs de soufre, le futur réalisateur a eu la sensation d’être dépassé par quelque chose de bien plus grand que lui. Il se rappelle : "C’était à la fois effrayant et galvanisant. Au départ, il y a l’envie de retrouver et d’explorer cette sensation d’intranquillité exaltante propre au territoire volcanique."

"Mais le déclic est venu pendant le confinement, lorsque j’ai découvert le documentaire La Soufrière de Werner Herzog. En voyant les rues désertes qu’il filme dans la ville de Basse-Terre, j’ai été saisi par la résonance entre ce que nous étions en train de vivre et l’évacuation, en 1976, de tout le sud de l’île suite à un réveil volcanique. J’ai eu envie de comprendre ce qui s’était passé et j’ai décidé d’enquêter sur cette crise méconnue de l’histoire de la Guadeloupe."

La photographie

Avec le chef-opérateur Jacques Girault, Cyprien Vial a cherché à s'éloigner d’une image naturaliste pour chercher une image stylisée, capable d’exprimer ce ressenti complexe qu’on peut éprouver lorsqu’on s’approche du volcan. Il précise : "Des photographies de paysages de Bernard Plossu se sont imposées comme références. Granuleuses, vibrantes : le brouillard y est dense, les noirs y sont charbonneux et le vert intense… créant une ambiance intemporelle vaporeuse en phase avec ce dont on rêvait pour les séquences de volcan. L’idée était aussi que le volcan, à défaut d’exploser, se répande ou « dévore » le sud de l’île d’un point de vue coloriel."

"Peu à peu, dans les décors comme dans les costumes, les verts, marrons et noirs du volcan gagnent le monde d’en bas, où les couleurs étaient jusque-là plus vives, voire criardes. Au cadre, le film découd les scènes où le binôme Katia-Aimé se partage l’image pour cheminer vers la séquence de la grotte où Katia est filmée en gros plans."

Une évidence

Marina Foïs s’est vite imposée pour le rôle de Katia. Pour Cyprien Vial, la comédienne semblait très crédible en volcanologue. Il explique : "Marina semble terrienne et aérienne à la fois, comme son humour en témoigne, et je percevais chez elle un socle susceptible de structurer Katia de manière solide. Accepter de jouer ce rôle induisait de partir à l’aventure sans grand confort, il fallait un certain courage…"

"En la découvrant dans As bestas, j’ai été impressionné de voir à quel point elle pouvait s’embarquer dans un projet sans coquetterie. Marina est habile pour jouer les parcours de personnages qui requièrent de l’humilité. Katia n’est pas toujours aimable, mais je sentais que Marina pourrait nous la faire aimer. Je me disais que la dimension politique du film était également susceptible de l’intéresser."

Le choix Théo Christine

Pour interpréter Aimé, Cyprien Vial voulait travailler avec un comédien qui connaisse bien les Antilles. Théo Christine a grandi en Martinique et connaît bien la Guadeloupe. Le metteur en scène raconte : "Je l’avais vu et aimé dans des rôles très différents, laissant entendre qu’il était capable de se métamorphoser aisément. Pour Magma, j’ai eu envie de filmer cette nonchalance adolescente très attachante qu’on trouve encore chez lui, mais aussi de révéler une attitude plus forte, presque autoritaire, qui se dégage de lui."

"Je voulais également travailler avec un comédien physiquement très à l’aise en territoire naturel hostile. Il y a de la simplicité et de l’évidence dans le rapport qu’entretient Théo aux éléments. Il a beaucoup plus l’habitude d’être dans l’eau avec sa planche de surf, mais il s’est immédiatement épanoui en montagne. Dès le premier jour d’essais caméra, toute l’équipe a eu la sensation qu’il était chez lui sur la Soufrière."

Acteurs non-professionnels

Comme pour son premier long-métrage, Bébé tigre, Cyprien Vial a cherché à ce que les acteurs du film soient le plus connectés possible au territoire et à ce qu’ils soient fiers de raconter leur île. Travailler avec des personnes issues de la société civile pour des seconds rôles était également pour le réalisateur une manière d’évoquer la Guadeloupe d’aujourd’hui : "J’ai procédé à un casting de terrain, par le biais de petites annonces affichées dans les rues ou postées sur les réseaux sociaux, nourri par mes rencontres « de recherche », ou par les repérages."

"Il m’est souvent arrivé de choisir pour des petits rôles des personnes vivant ou travaillant sur les décors que j’ai eu envie de filmer. C’est le cas du personnage de la mère d’Aimé, qui tient dans la vraie vie le restaurant de plage dans lequel son personnage travaille dans le film. Ou du couple de personnes âgées que Katia et Aimé décident de confiner plutôt que d’évacuer en début de film. C’est en repérant leur maison que je les ai rencontrés et que j’ai voulu les filmer chez eux."

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