Son nom ne vous dit peut-être rien. Son visage, en revanche, a de fortes chances de vous être familier. Pendant plus d’un demi-siècle, Dominique Zardi s’est glissé dans des centaines de films français, parfois le temps d’une scène, voire sans prononcer le moindre mot.
Avec plus de 300 longs métrages officiellement recensés – et jusqu’à 500 selon ses propres estimations –, le comédien peut prétendre au titre de l’un des acteurs les plus prolifiques de l’histoire du cinéma hexagonal.
De Godard à Louis de Funès, un visage partout
Dominique Zardi n’a jamais vraiment eu besoin d’être en haut de l’affiche pour marquer les esprits. Crâne souvent rasé et physionomie immédiatement reconnaissable, il a multiplié les seconds rôles, les silhouettes et les apparitions furtives au point de devenir l’un de ces visages indissociables du cinéma populaire français.
Sa filmographie donne d’ailleurs le vertige par son éclectisme. Il apparaît dans trois épisodes de la saga du Gendarme de Saint-Tropez, avec Louis de Funès, et devient l’un des hommes de main du Fantômas incarné par Jean Marais. On peut également l’apercevoir en train de lire un ouvrage pornographique dans Masculin féminin de Jean-Luc Godard.
Mais Zardi ne se cantonne pas aux comédies populaires. Il est aussi une silhouette du Trou de Jacques Becker et un passager du métro dans Pickpocket de Robert Bresson. Cinéma d’auteur, polar, comédie ou film d’action : le comédien semble avoir traversé tous les genres et toutes les écoles.
Gaumont
Une carrière qui s’étend sur plus de 50 ans
Selon Dominique Zardi lui-même, tout commence dès 1946. Il apparaît alors en marin dans Le Bateau à soupe, avec Charles Vanel. Ce premier passage devant une caméra inaugure une carrière d’une longévité exceptionnelle.
Pendant les décennies suivantes, l’acteur ne cesse pratiquement jamais de tourner. Une telle productivité s’explique aussi par la nature de ses rôles : certains ne durent que quelques instants et d’autres ne comportent même aucune réplique. Cela n’empêche pas Zardi de devenir progressivement l’un des seconds rôles les plus reconnaissables du cinéma français.
Son parcours sur grand écran s’achève en 2007 avec 13 French Street de Jean-Pierre Mocky, dans lequel il interprète un fossoyeur.
Avec Henri Attal, un duo présent dans plus de 100 films
Une autre figure accompagne régulièrement Dominique Zardi devant les caméras : Henri Attal. Ensemble, les deux hommes deviennent des habitués de ce que Zardi appelait “les films de bagarre”.
Leur collaboration est particulièrement impressionnante par sa durée et sa fréquence. Des Bonnes femmes, sorti en 1960, jusqu’au Furet en 2003, les deux acteurs se retrouvent dans plus d’une centaine de films.
Unidex
Mais trois univers cinématographiques occupent une place particulièrement importante dans la carrière de Zardi. Jean-Pierre Mocky est sans doute l’un des réalisateurs qui lui reste le plus fidèle puisqu’il le fait apparaître dans 38 de ses films. Claude Chabrol l’engage, lui, sur une trentaine de projets, dont Que la bête meure, dans lequel Zardi interprète un inspecteur.
Le comédien fréquente également beaucoup l’univers constitué autour de Georges Lautner, Jean Gabin et Michel Audiard. Une proximité qui lui permet notamment de prononcer une réplique typique du cinéma d’Audiard dans Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages.
Dominique Zardi, auteur de chansons
Sa carrière ne s’est d’ailleurs pas limitée à ses innombrables passages devant la caméra. Dominique Zardi a également écrit des chansons destinées à plusieurs films.
On lui doit notamment “Le Petit chien” dans Docteur Popaul, “La Terre” dans Que la bête meure, Isabelle dans La Rupture, ou encore “Capri petite île” dans Le Boucher.
Dominique Zardi s’est éteint en 2009, à l’âge de 79 ans, laissant derrière lui une filmographie dont l’ampleur reste exceptionnelle.
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