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Un visiteur
3,0
Publiée le 15 mars 2025
Avant toute chose, mention très bien aux jeunes acteurs à commencer par Albina Krasniqi (Volta) et Elsa Mala (Zoé) respectivement Volta et Zoé, deux jeunes femmes qui décident de quitter leur campagne pour venir étudier à la fac de Pristina, capitale de Kossovo. Leur démarche traduit une volonté de s’affranchir de la pesanteur familiale ancrée dans de lourdes traditions campagnardes. Malheureusement la ville ne sera pas mieux, ainsi s’ensuivra une errance faite de désillusions spoiler: dans une université délaissée par des professeurs.
« le récit se dissout rapidement dans les clichés d’une jeunesse désenchantée, installant un sentiment de déjà-vu. » dixit « le Monde ». Le désenchantement d’une jeunesse est aussi universel que l’amour. Peu importe où l’on se trouve dans le monde. Excepté le Bhoutan ? Pas sûr. Ce qui est sûr le « déjà-vu » se voit dans toutes les parties du globe…
ll était intéressant de nous en esquisser un aperçu car il faut bien l’avouer, l’aspect politique du Kossovo est assez discret, cependant, il est toujours intéressant de découvrir d’autres horizons cinématographiques. « Notre Monde » : chronique d’une jeunesse oubliée.
Notre Monde s’ouvre sur les images, comme issues de films de famille, de mariages, d’enfants, de fêtes. Et puis la guerre. Celle qui opposa la Yougoslavie au Kosovo se battant pour son indépendance. 2007, presque dix ans plus tard. Élevées à l’ombre des combats qui ont frappé leurs familles, deux amies rêvent de s’échapper du village, des traditions, du patriarcat qui a tracé la route pour elles (se marier le plus tôt possible). Le Kosovo est à la veille de devenir un état souverain, il flotte un air de liberté. Enfin, il devrait… Alors Zoé et Volta filent en douce à Pristina, la capitale, où rien n’est à la hauteur de leur rêve. La fac manque de profs, les étudiants mobilisés pour leurs droits sont désespérés, d’autres abandonnent les études pour vivre d’expédients. « Vous voulez nous faire taire mais on est déjà morts. » D’une génération sacrifiée à une génération oubliée, le tableau pourrait être désespérant, mais la réalisatrice prête à ses personnages une vitalité qui tient tête aux désenchantements, aux engueulades, aux deuils. L’une des jeunes femmes trouve auprès d’une camarade étudiante un espace d’épanouissement inattendu tandis que l’autre tourne le dos aux études qu’elle avait tant désirées. Presque évacuée du tableau, la génération des combattants s’incarne dans un touchant patron de bar mélancolique. Notre monde est le deuxième film d’une très jeune réalisatrice franco-kosovare qui avait déjà signé le tout aussi épatant (et meilleur titre) La Colline où rugissent les lionnes, également actrice dans plus d’une quinzaine de films (notamment L’Evénement d’Audrey Diwan) et Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma.