Notre Monde s’ouvre sur les images, comme issues de films de famille, de mariages, d’enfants, de fêtes. Et puis la guerre. Celle qui opposa la Yougoslavie au Kosovo se battant pour son indépendance. 2007, presque dix ans plus tard. Élevées à l’ombre des combats qui ont frappé leurs familles, deux amies rêvent de s’échapper du village, des traditions, du patriarcat qui a tracé la route pour elles (se marier le plus tôt possible). Le Kosovo est à la veille de devenir un état souverain, il flotte un air de liberté. Enfin, il devrait… Alors Zoé et Volta filent en douce à Pristina, la capitale, où rien n’est à la hauteur de leur rêve. La fac manque de profs, les étudiants mobilisés pour leurs droits sont désespérés, d’autres abandonnent les études pour vivre d’expédients. « Vous voulez nous faire taire mais on est déjà morts. » D’une génération sacrifiée à une génération oubliée, le tableau pourrait être désespérant, mais la réalisatrice prête à ses personnages une vitalité qui tient tête aux désenchantements, aux engueulades, aux deuils. L’une des jeunes femmes trouve auprès d’une camarade étudiante un espace d’épanouissement inattendu tandis que l’autre tourne le dos aux études qu’elle avait tant désirées. Presque évacuée du tableau, la génération des combattants s’incarne dans un touchant patron de bar mélancolique. Notre monde est le deuxième film d’une très jeune réalisatrice franco-kosovare qui avait déjà signé le tout aussi épatant (et meilleur titre) La Colline où rugissent les lionnes, également actrice dans plus d’une quinzaine de films (notamment L’Evénement d’Audrey Diwan) et Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma.
Seulement âgée de 22 ans, Luàna Bajrami signe son deuxième long-métrage en 2023. L’histoire s’inscrit dans une période mouvementée de son pays d’origine, à savoir la veille de l’indépendance du Kosovo. Deux cousines décident de rejoindre l’université de Pristina pour pouvoir accomplir leurs rêves d’émancipation. Elles découvrent alors un monde étudiant meurtri par les cicatrices de la guerre civile, dans lequel le désenchantement et la débrouillardise se côtoient. Cette chronique sur une jeunesse résiliente manque de souffle et ne permet ni de saisir les enjeux historiques, ni de s’attacher aux destins des personnages. On navigue constamment entre deux eaux avec un air de déjà-vu. Bref, malgré de belles intentions, les maladresses d’écriture laissent un goût d’inabouti.
Avant toute chose, mention très bien aux jeunes acteurs à commencer par Albina Krasniqi (Volta) et Elsa Mala (Zoé) respectivement Volta et Zoé, deux jeunes femmes qui décident de quitter leur campagne pour venir étudier à la fac de Pristina, capitale de Kossovo. Leur démarche traduit une volonté de s’affranchir de la pesanteur familiale ancrée dans de lourdes traditions campagnardes. Malheureusement la ville ne sera pas mieux, ainsi s’ensuivra une errance faite de désillusions spoiler: dans une université délaissée par des professeurs.
« le récit se dissout rapidement dans les clichés d’une jeunesse désenchantée, installant un sentiment de déjà-vu. » dixit « le Monde ». Le désenchantement d’une jeunesse est aussi universel que l’amour. Peu importe où l’on se trouve dans le monde. Excepté le Bhoutan ? Pas sûr. Ce qui est sûr le « déjà-vu » se voit dans toutes les parties du globe…
ll était intéressant de nous en esquisser un aperçu car il faut bien l’avouer, l’aspect politique du Kossovo est assez discret, cependant, il est toujours intéressant de découvrir d’autres horizons cinématographiques. « Notre Monde » : chronique d’une jeunesse oubliée.
10 571 abonnés
11 456 critiques
Suivre son activité
2,5
Publiée le 9 mars 2025
Zoé et Volta quittent leur village sans avenir où elles sont promises à une vie de mère au foyer, mais leur quête d'indépendance dans la plus grande ville du Kosovo va se heurter à la situation encore incertaine du pays. Luàna Bajrami dresse le portrait d'une jeunesse oubliée qui vient après la génération sacrifiée qui était celle de leurs parents selon l'un des personnages du film. Des jeunes qui tentent de construire leur avenir dans un chaos administratif et social. Livrés à eux-mêmes, ils se dispersent devant ce manque de moyens et d'organisation. Ce dispersement vaut aussi pour le film qui ne va jamais au bout des choses quand il évoque la réalité sociale et politique. Ça manque de profondeur et on finit par se retrouver face à une sorte de récit de passage à l'âge adulte classique avec tout ce qui s'ensuit. J'ai bien aimé le contexte et l'authenticité des actrices, mais le récit m'a laissé sur ma faim.
Ce film se passe en 2007 au Kosovo, 7 ans après la fin de la guerre qui a fait des ravages pendant et aussi après. C'est l'histoire d'une jeunesse oubliée, l'histoire de deux jeunes filles qui rentrent en faculté, fuyant leur village, où elles se retrouvent dans des salles vides par manque de prof, avec des coupures de courant incessantes, le désœuvrement domine mais reste la fraternité entre jeunes. Film intéressant, intime, intelligemment bien tourné, très belle interprétation de la part de tous les acteurs et actrices, une réussite.
Zoé et Volta sont deux cousines qui ont grandi ensemble au Kosovo, un pays qui, en 2007, panse les plaies d’une guerre civile qui a décimé la population et cherche encore son indépendance qu’il n’acquerra qu’un an plus tard. Fuyant le destin tout tracé qui les attend dans leur petit village, les deux jeunes femmes partent à Pristina et s’inscrivent à la fac. Mais elles déchantent bien vite devant le manque d’intérêt des cours et l’absentéisme endémique de leurs enseignants.
Deux ans après "La Colline où rugissent les lionnes", la jeune réalisatrice franco-kosovare Luàna Bajrami signe déjà son deuxième film. Comme le premier, il se déroule au Kosovo et en montre une « génération oubliée » ou qui se vit ainsi, sans formation, sans perspectives d’avenir sinon celle de l’exil.
"Notre monde" est un bien joli titre qui joue sur la paronymie Notre monde/Un autre monde. Il se déroule en 2007 et a l’ambition revendiquée d’évoquer en arrière-plan la naissance du Kosovo indépendant qui aura lieu en mars 2008. Telle était la démarche d’un film serbe sorti il y a quelques mois à peine, "Lost Country", dont j’ai tardé à publier la critique : son action se déroulait en 1996 et son héros était un adolescent dont la mère était la porte-parole du parti présidé par Slobodan Milosevic, l’autocrate serbe.
Ici hélas, l’arrière-plan politique est à peine ébauché. De la guerre au Kosovo, de la longue marche vers l’indépendance, de sa proclamation, on ne verra rien sinon quelques images d’archives en ouverture du film. Et on apprendra moins encore si tant est qu’on eût pu l’escompter.
Mais il y a pire. Après une première partie prometteuse durant laquelle Zoé et Volta quittent leur village et s’installent dans la capitale kosovare, la seconde partie s’enlise dans une chronique sans enjeu de leur vie universitaire. Entre les sit-in à la fac, les bières et les fumettes partagées avec leurs nouveaux amis, Volta tombe amoureuse d’un garçon qui trempe dans des trafics louches et Zoé se laisse attirer par l’argent facile pour se produire dans une boîte à soldats. Cette chronique convenue d’une jeunesse désabusée a un parfum de déjà-vu.
Creux, filmage limité aux gros des actrices très répétitifs et donc ennuyeux. Pas d’évolution ds le scénario, jeu des acteurs lourd en force, pas de rythme. Raté.
Un film très visuel avec de nombreux plans sublimes. Touchant également, mais la critique du Monde est le revers de la médaille : "Si les deux actrices forment un duo convaincant, le récit se dissout rapidement dans les clichés d’une jeunesse désenchantée, installant un sentiment de déjà-vu."
Un long métrage attachant sur la galère étudiante dans le Kosovo des années 2000. La réalisatrice a des talents d'écriture et de mise en scène et dirige admirablement ses jeunes interprètes. Une bonne surprise.
Dans son réussi 1er film « La Colline où rugissent les Lionnes » Luana Bajrami montrait 3 jeunes filles qui explosaient le plafond de verre de leur petit village kosovar, dans ce second ses deux jeunes héroïnes vont plus loin, elles fuient en douce pour aller étudier à Pristina. Le pays se bat pour son indépendance et laisse sur le carreau sa jeunesse, pour ces deux enfants de la guerre ça sera l’heure des choix et peut-être de la séparation. Joli petit film, pas sans longueurs mais suffisamment libre pour plaire, sur une émancipation mais aussi sur le sacrifice d’une génération idéalement interprété par deux jeunes actrices formidables.
Un film dans lequel les 2 personnages principaux se prénomment Zoé (comme la première pile atomique française) et Volta (comme l'inventeur de la première pile électrique), on se dit qu'il va être très électrique. Raté : il est profondément ennuyeux ! Sur un sujet pourtant intéressant, les problèmes rencontrés par la jeunesse kosovare en 2007, quelques mois avant l'indépendance du pays, la réalisatrice, malgré ses origines kosovares, réussit un véritable exploit : si vous ne saviez rien sur le Kosovo avant d'aller voir le film, vous n'en saurez pas plus en quittant la séance. Après avoir vu "La colline où rugissent les lionnes", le premier film de Luàna Bajrami, j'avais écrit, m'adressant à elle : "J'espère que votre prochain film sera plus abouti et qu'on pourra enfin dire de vous que vous êtes une très bonne comédienne devenue une véritable réalisatrice". Eh bien, c'est raté, elle est toujours très loin d'être une véritable réalisatrice. Bien entendu, il y a dans son film la sempiternelle scène de trémoussage. Mais là, ce qu'il y a de bien, c'est qu'elle ne réussit pas à casser l'intérêt qu'on pouvait avoir pour le film puisque, de l'intérêt, on n'en a pas !