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BLS Moviedebrief
33 abonnés
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3,5
Publiée le 26 avril 2024
« Génération oubliée» Fuir sa famille et son village pour étudier à Pristina, et à l’arrivée une université où il manque plein de profs… triste réalité pour ces jeunes kosovars qui ont du mal à envisager l’avenir mais qui se débrouillent. Un film attachant et plutôt pessimiste.
Peu convaincu par cette chronique d'une jeunesse désespérée. Victimisation et misérabilisme sont au rendez-vous. Le portrait est peu flatteur... mentalité rétrograde des ainés, tempérament à la fois lassif, rétif et colériques de la jeunesse et cette pseudo-morale glaçante "ce qui compte ce ne sont pas nos choix mais la façon dont on les assume" ?? L'ensemble des scènes de contestation, omniprésentes, semblent puériles et confinent souvent au ridicule au final. Leur accumulation finit par nous transmettre le sentiment d'exaspération ressenti par les protagonistes. L'ambition du film semble aussi bridée que celle des personnages.. même analogie pour l'ennui et la désillusion qu'on en ressent. Tout cela semble hélas trop stérile pour mériter l'intérêt. Un manque de souffle et d'idées. Film inabouti qui rate manifestement son but.
Après La colline où rugissent les lionnes, voici déjà le deuxième long-métrage de Luàna Bajrami, dont il n'est pas inutile de rappeler l'année de naissance : 2001. Notre monde est à fois différent de son premier essai, sa situation dans le temps, notamment, et une écriture plus sage, et proche de par l'envie de la jeune cinéaste de parler de sororité à travers une amitié entre jeunes femmes lancées dans le grand bain de la vie. Encore une histoire d'émancipation féminine, dans laquelle le contexte social et économique du Kosovo prend cette fois toute son importance, puisque l'action est située en 2007, soit plusieurs années après la guerre mais dans l'attente d'une indépendance qui tarde à venir. Après la génération sacrifiée qui a combattu, il est question dans Notre monde d'une génération oubliée, une jeunesse livrée à elle-même qui doit se résoudre à laisser de côté ses rêves. Les deux héroïnes du film sont lumineuses, particulièrement bien servies par une mise en scène très maîtrisée et esthétique. Notre monde n'est pas parfait, avec un scénario parfois hésitant dans ses enjeux mais le film montre une réalisatrice en nets progrès depuis son premier film. Luàna Bajrami est très précoce mais on serait assez tenté de parier sur sa longévité et ses futures réussites artistiques.