Alors qu’elle maîtrise totalement ses championnats du Monde et que la médaille d’or semble être à sa portée la République Islamique d’Iran oblige une judokate à abandonner la compétition plutôt que devoir affronter une israélienne. Comme chaque année les réalisateurs iraniens, souvent exilés, forcent mon respect par leur maîtrise et l’intensité des brûlots politiques qu’ils mettent en scène. En 4/3 et avec un noir et blanc tranchant ici. Quand Teddy Riner monte sur le tatami il se bat contre un adversaire et éventuellement contre lui-même, Leila, elle, doit affronter aussi son entraîneuse, sa fédération et le Guide Suprême.
Un de mes coups de cœur de l’année avec un choix du noir et blanc qui est très opportun et un format carré qui augmente la sensation d’étouffement. Quel scénario!
A vu « Tatami » film iranien de la comédienne Zar Amir Ebrahimi et du réalisateur Guy Nattiv. Il y a des films qui dès le premier plan sont des évidences, qui vous plongent de suite par leur puissance, leur construction au plus profond de l’écran. En 10 secondes je savais que j’étais en face d’un très grand film indispensable. Un écran carré (en forme de tatami), un noir et blanc froid et d’une grande efficacité pour nous faire comprendre que nous sommes devant des lois archaïques, un rap ébouriffant pour booster la forme mentale là où tout s’effondre, un montage aussi aiguisé que la lame d’un couteau… dans ce film tout est pensé, voulu et délivre un message. Leila Hosseini (magnifique Arienne Mandi) est Iranienne et championne de judo dans son pays, elle est accompagnée par son entraineuse Maryam Ghanbari (géniale Zar Amir Ebrahimi) pour les championnats du monde de judo en Georgie. Leïla est favorite pour remporter ce tournoi qui consacrera tous ses efforts, son travail et ses sacrifices de ces dernières années. Mais la Fédération de Judo iranienne, le premier Ministre iranien sans parler de la République Islamique en ont décidé autrement. Dans ce huis clos qui reprend à son compte l’unité de lieu (le dojo), de temps (la journée de compétition) et d’action, chaque plan est une prise de judo qui nous met KO. Une inventivité de mise en scène hallucinante où la caméra s’immisce partout, voir même entre les deux compétitrices lors d’un combat. Chaque round que mène Leïla est aussi celui des femmes Iraniennes contre leur gouvernement. Il est difficile de rester assis dans son fauteuil tant on a envie d’encourager en criant Leïla dans ses épreuves sportives et politiques. Intimidation, humiliation, pression psychologique, violence verbale, Leïla doit subir de front tous les combats en plus de ceux qu’elle mène pour le sport. Un film qui met le spectateur au tapis. Un chef d’oeuvre.
Si les actrices sont particulièrement impressionnantes et la thématique d'importance, la mise en scène prend parfois le pas au détriment de l'émotion. Il n'en reste pas moins un film maîtrisé et tendu.
Un thriller politique pour la liberté des iraniennes et des iraniens. On ressort de la séance heureux de prendre un bol d'air français et d"avoir soutenu un film engagé. Bemol sur les scènes de combat, bien que filmées de façon très immersive, finissent par sembler longues. Le format du film et le noir et blanc, dont je comprends le symbole, sont plombantes.
Entre le film sportif et le thriller politique, Tatami tient le spectateur en haleine du début à la fin, sans une minute de répit.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que la mise en scène ne fait pas dans la dentelle et utilise tous les effets possibles pour renforcer la dramaturgie et créer de la tension (noir & blanc, incrustations de texte, action quasiment en temps réel, travelings...).
Le propos contre le régime autoritaire iranien est sans concession (il faut souligner le courage) et la métaphore du sport de combat pour rendre compte de la lutte politique fonctionne très bien.
Les deux personnages féminins principaux sont très bien interprétés et sont suffisamment bien écrits pour que le spectateur n'ait pas à choisir son camp de manière évidente et trop manichéenne.
S'il fallait émettre une réserve, elle concernerait la dernière partie du film, plus prévisible, un peu trop didactique et durant laquelle le trait est moins fin et les ficelles plus grosses pour provoquer l'émotion.
Premier film co-signé par une Iranienne et un Israélien, Tatami reste la très belle surprise de cette rentrée !
Leila, judoka, ou quand la politique écrase le sport. Leila, iranienne, est décidée à remporter sa première médaille d’or pour elle et son pays. Lutte sans merci. Mais tout ne se passe pas comme prévu.
Un film fort, bouleversant et si important. On n’en sort pas indemnes. Des femmes courageuses admirables. Merci à ces deux réalisateurs de génie de mettre la lumière sur l’enfer que vivent les femmes Iraniennes dont personne ne parle. À voir d’urgence
Inspiré de différentes histoires de sportives iraniennes, ce drame sous pression, aux enjeux personnels et politiques, porte un regard cinglant sur l’autoritarisme du régime iranien, sur la condition de la femme en Iran, sur l’hypocrisie du conflit larvé entre ce pays et Israël. Coréalisé par un Israélien et une Iranienne en exil – tout un symbole –, le film présente de belles qualités narratives et stylistiques, au service d’un sentiment d’oppression : narration tendue et rythmée, cadre serré, noir et blanc très sombre. Les combats sur tatami sont très bien filmés. L’interprétation est puissante. Mais il manque dans le scénario quelques lignes pour évoquer le sort des parents des deux protagonistes, motif de tension dramatique, zappé de la conclusion.
un film qui vous tient en haleine, une superbe interprétation, un sujet d’actualité, le noir et blanc qui accentue le côté dramatique : j’ai tout aimé !!
Le film tient sur la démonstration que l’Iran est un état totalitaire qui maltraite ses ressortissants. Cela pourrait être aussi bien situé en Russie, en Chine où tout autre Vénézuéla du même type. Ici, ce sont des femmes voilées donc encore plus opprimées. Le « noir et blanc » donne une ambiance particulière.
positif: sujet original, noir et blanc, bonne mise en scène, les images de combat, les actrices. Négatif: scénario faible, trop long par rapport à l'intrigue, situations répétitives.