TATAMI de Guy Nattiv et Zar Amir
Une jeune femme, Leila Hosseini, est la favorite de la délégation iranienne au championnat du monde de Judo à Tbilissi, en Georgie. Elle est coachée par Maryam Ghanbari, une ex-compétitrice qui a dû abandonner quelques années plus tôt pour cause de blessure. Au fur et à mesure des combats, tout porte à croire que Leila puisse se retrouver face à la favorite de l’équipe israélienne.
A l’heure où se termine les . d’été avec l’équipe de réfugiés, Tatami s’annonce comme un film éminemment politique et pose un certain nombre de questions, celle des choix. Jusqu’où peut-on représenter son pays en tant qu’athlète ? quels compromis peut-on être susceptible de faire sans en perdre complètement sa propre identité ?
Tatami se déroule dans un espace imaginaire. Le port de l’hidjab interdit l’accès du judo aux compétitrices iraniennes, en raison du risque d’étranglement procuré par le port du vêtement.
Aussi les histoires qui inspirent le film sont celles empruntées à des athlètes d’autres sports. Elles pourraient aussi bien être celles d’un certain nombre d’artistes - chanteurs, acteurs ou réalisateurs de cinéma. Dernièrement Mohammad Rasoulof, passa la frontière à pied pour échapper au régime des Mollahs, avant de se présenter au Festival de Cannes 2024 avec son film « Les graines du figuier sauvage ». Ses 3 actrices ont été contraintes de choisir l’exil. Le cinéma de Rasoulof tout comme celui de Jafar Panahi, puise ses forces créatives dans les affres sur le peuple iranien du régime des mollahs.
Tatami se distingue du fait de ses choix de réalisation et de mise en scènes.
L’intrigue est bordée dans l’espace, celui du tapis sur lequel se déroule les combats, mais aussi dans le temps, celui de la compétition internationale. Cela créait une énergie folle, en parallèle de celle déployée par Leila sur le tapis et dans sa réactivité hargneuse à devoir faire ses choix.
L’image est carrée comme celle du tapis qui enferme l’action et ses protagonistes. La colorimétrie dégradée de gris, donne au film une allure de documentaire. Et la caméra au plus près des visages des judokates contribue à accentuer l’effet immersif pour le spectateur.
Nous suffoquons avec la jeune femme dans sa difficulté face à ses choix cornéliens tout autant que dans ses étranglements sur le tatami.
Un film qui nous prend aux tripes par ses choix cinématographiques et nous laisse la tête pleine de questions.
Et moi à la place du personnage de Leila, quels auraient été mes choix ?
Tatami (. – 1h43) de Guy Attiv et Zar Amir avec Arienne Mandi, Zar Amir, Ash Goldesh, etc.