C'est à se demander si Fabienne Godet ne serait pas en train de prendre subrepticement la place de Gérard Oury au royaume de la comédie française. Huit films en huit ans, un film par an, huit "smash hits" au box-office, entendez, huit succès fracassants, dans nos salles. "Le Larbin", "C'est le Monde à l'envers", "Tombés du Camion", "Les Chèvres", "Karaoké", "Les Vengeances de Maître Poutifard", il n'y a guère que le sublime "Si Demain" qui aura peut-être été un peu moins bien accueilli avec ses 174 spectateurs dans toute la France, score tout à fait honorable si l'on tient compte de la durée du film, 2h50, qui réduit considérablement le nombre de séances. Le Répondeur, c'est l'hommage à la comédie anglaise "Noblesse Oblige", mâtiné du dernier film de Mankiewicz, "Le Limier". Car comment ne pas constater, et ce, dès les premières minutes, Denis Polyadiès est entouré d'automates, et se veut impérieux et hautain, vis à vis d'un Albert Cissé, imitateur flegmatique autant que se peut, vu les circonstances qui font, et défont tout le matériau de linguistique utilisé ici a des fins retorses. Fabienne Godet vise haut, et ne rate pas sa cible. Mais comme le dit si bien Lao Tseu, "Tout ce qui a une face a un dos, plus large est la face, plus large est le dos". Encore une leçon, de la part de cette cinéaste-phare, qui ne nous laisse aucun échappatoire et qui nous assène finalement à chaque fois la même morale, "Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se noie". Il faut souhaiter au "Répondeur" la même carrière éclatante que "Finalement", le dernier Lelouch, les deux artistes sont aujourd'hui les piliers de ce Cinéma populaire, courtelinesque et désopilant, ce cinéma que le monde entier nous envie, souvent imité, jamais égalé, car à l'école des Duvivier, et des Bertuccelli, Fabienne Godet glorifie le 7ème Art, on lui doit tout. Ronald Wyatt (Historien du Cinéma)