Impossible de livrer un avis sur ce septième volet de la saga Scream décorrélé de sa genèse chaotique. En l'espèce de quelques semaines, ce qui relevait de l'évidence - le retour des sœurs Carpenter - a été rayé de trois traits avec l'éviction de Melissa Barrera, le désistement de Jenna Ortega et l'abandon du réalisateur Christopher Landon. À ce niveau de bordel en coulisses, offrir un pont d'or à l'actrice Neve Campbell et au scénariste Kevin Williamson relève de la pure stratégie de "damage control", alors que la pré-production était déjà bien avancée. Les deux précédents opus confirmaient que la franchise tournait en rond, on franchit un cap avec ce numéro 7 qui tourne carrément à vide.
À partir de son reboot en 2022, Scream n'est pas seulement revenue aux racines. Elle s'y est accrochée comme un bernique à son rocher au lieu de s'en émanciper, rejouant laborieusement une carte méta qui n'avait plus de saveur à une époque où les codes de la franchise sont connus de tous. Ce Scream 7 lancé en catastrophe a juste le mérite de jouer la discrétion sur ce terrain. Les scénaristes James Vanderbilt et Guy Busick n'ont rien à raconter du cinéma d'horreur de notre époque, pour ainsi dire ils n'ont rien à raconter du tout. La pseudo note d'intention de la première séquence (passable) n'est qu'un miroir aux alouettes, Williamson n'a plus l'énergie pour réveiller sa création. Le film lorgne sur le Halloween de David Gordon Green sorti en 2018, mais n'a pas son efficacité et pire ne sait pas filmer son antagoniste. Autrefois, la silhouette noire au masque de fantôme inquiétait autant par son absence que sa présence dans le cadre. La mise en scène de Williamson ne prend même pas la peine de le cacher, le tueur est directement révélé à chaque scène de meurtre. Les seuls plans qui fonctionnent sont justement ceux où la caméra joue sur les formes dans l'obscurité ou derrière une bâche plastique, mais hélas ça ne représente que quelques secondes. Nulle inventivité à détacher des nombreuses séquences chargées en hémoglobines, au point d'en devenir ennuyeuses. Les personnages sont réduits à de la chair à canon, dépourvus de la moindre consistance et même les "anciens" n'ont pratiquement rien à jouer. C'en est triste pour Courtney Cox et sa clique, qui déboulent lors d'un rebondissement ahurissant de stupidité, et sinon devront se contenter de quelques minutes pour faire illusion. Ne vous attendez à aucune surprise, le film fait mine de s'intéresser aux nouvelles technologies mais n'en fait rien de plus que des appels en visio assez embarrassants. Et on ne parle même pas des révélations, c'est peut-être d'ailleurs la première fois qu'on se fiche à ce point de l'identité du tueur. Et les explications ne font qu'enfoncer encore plus le film qui était déjà au plus bas. Pour couronner le tout, Marco Beltrami est aussi peu inspiré aux compositions musicales que Kevin Williamson à la caméra. Quand il ne reprend pas les thèmes du premier, il opte pour des morceaux qui surlignent ce qui se passe à l'écran.
Incontestablement le volet le plus faible de toute la saga (et elle en a vu d'autres), mais on aurait presque envie de passer l'éponge vu le chaos dans lequel ce Scream 7 a été fabriqué. Les retours sont unanimes contre lui, mais le succès paraît inévitable. Ce qui laisse craindre le pire pour une franchise qu'il aurait été sain de renouveler complètement dès 2022. Ou de débrancher pour de bon. Au final, aucune des deux options n'a été choisie. Et force est de constater qu'en l'état, elle n'a plus rien à offrir.