Six de trop
Pour part, cela relève de l’a priori vis-à-vis des très longues 114 minutes signées Kevin Williamson, qui, sans mériter le qualificatif de « navet », n’apporte rien de nouveau dans l’Histoire du cinéma, pas plus que dans celle du cinéma d’épouvante. Lorsqu’un nouveau Ghostface surgit dans la paisible ville où Sidney Prescott a reconstruit sa vie, ses pires cauchemars refont surface. Quand sa fille devient la prochaine cible, Sidney n’a d’autre choix que de reprendre le combat. Déterminée à protéger les siens, elle devra affronter les démons de son passé pour tenter de mettre fin une bonne fois pour toutes au bain de sang. Certes, le Scream, 1er du nom, sorti en 1997 en France a redéfini le genre du slasher en lui insufflant une bonne dose de second degré. J’avais également vu le n°2, en vain, la franchise s’était mise en marche dans un seul but : faire du fric. J’ai donc laissé tomber les 4 versions qui suivront, pour oser l’aventure de ce n°7… En vain ! Rien de nouveau chez les gohstfaces.
Rappelons à toutes fins utiles que scream signifie « cri ». Et on ne s’en prive pas. Car entre le concours de hurlements de tous les personnages et les jumps scare à la pelle, - qui restent l’effet le plus basique du genre -, il ne se passe pas grand-chose de nouveau dans cette 1ère réalisation de Kevin Williamson, - qui, au demeurant, avait été le scénariste du 1er film de la série -. À force d’avoir été cité, disséqué, digéré par la culture qu’il prétendait interroger, il ne restait que franchise face à un choix sévère : se réinventer ou consentir à sa muséification. Ce n°7 signe le chapitre le plus exsangue, celui où le dispositif tourne sur lui-même comme une mécanique privée d’élan. Techniquement, c’est impeccable, scénaristiquement, c’est indigent. Au lieu de ménager des béances, jouer du hors-champ, étirer un silence jusqu’à l’insoutenable, on accumule désormais les signaux appuyés. La peur est préparée, annoncée, presque commentée avant d’être ressentie. Les fausses pistes s’alignent avec une régularité presque scolaire, le suspense ne se dilate pas, il se consomme. Ce septième chapitre ne provoque ni colère franche ni rejet spectaculaire. C’est banal et sans surprise.
Le seul point fort réside dans le retour de Neve Campbell, absente de Scream 6, qui a non seulement accepté de revenir mais a aussi influencé le ton du projet – nous dit-on dans le dossier de presse -. On retrouve avec un plaisir curieux, l’ancienne star de Friends, Courteney Cox, qui coproduit le film, ce qui lui permettra sans doute de payer ses soins de lifting -. Et la jeune classe apparaît avec Isabel May, Jasmin Savoy Brown, Céleste O’Connor, Anah Diamanty, tout ce petit monde en lice pour le titre tant convoité de Scream Queen. Et quelques mâles volontiers bodybuildés comme Mason Gooding, Joel McHale, Asa German, dont la spécialité semble de très bien supporter les multiples coups de couteau. Bref, l’interprétation n’apporte pas plus de crédit à ce film que son scénario, d’autant que tout le casting se retrouve prisonnier de dialogues trop écrits et un tantinet prétentieux. À force de survivre, le mythe se raréfie. Il n’en reste qu’une silhouette familière, parfaitement éclairée, impeccablement cadrée, mais privée de cette vibration qui faisait trembler. Souvenir ! Souvenir !