Il y a deux types d'esthètismes eighties : celui qui te fait baver d'envie tellement que c'est hyper-bien fait et très puissant du genre "Pink Floyd : The Wall", et puis il y a celui style mauvaise pub pour un parfum de luxe. "Diva" hélàs entre dans la deuxième catégorie. Il entre tellement bien dans cette deuxième catégorie (attention je vais sortir une très grosse insulte donc fermer les yeux et bouchez-vous les oreilles !!!) qu'il est digne de celui d'un Luc Besson avant l'heure. Tout cela bien agrémenté d'idées nazes comme les méchants qui portent des lunettes de soleil (rien de tel pour passer inaperçu !!!) ou Dominique Pinon qui joue le rôle du Schtroumpf grognon. Et quand cette forme prend le dessus sur le fond, ben le résultat n'est pas terrible. C'est dommage car l'intrigue, ou plutôt les intrigues entrecroisées, avait tout pour donner lieu à un film passionnant et le personnage de Richard Bohringer était loin d'être inintéressant.
Film « culte », dont j’ai toujours entendu parler. C’est un premier film, jusque là ça va, mais ça va coincer très vite. On va passer sur l’histoire qui est vraiment anecdotique, sans tenants, ni aboutissants, sans temps forts, etc. Dialogues bateau ou sans intérêt, un montage éreintant, avec des tonnes de plans inutiles, et des acteurs plus qu’amateurs, qui ne savent pas jouer, sauf Bohringer, heureusement qu’il passait par là, sans lui, c’était le néant. Sinon, tout sonne faux, tout est faux. Pitch abscond, à défaut de scénario, contentons-nous du pitch, accrochez-vous bien : Un jeune postier est fan-amoureux d’une Diva qui refuse de faire des disques. Il est en possession d’une copie piratée d’un concert de la dite Diva. Il lui vole une robe. Une fille lui glisse dans la sacoche un autre enregistrement, avec la confession d’une prostituée qui a fuit un réseau de traite des blanches. La cassette est convoitée par deux asiatiques inconnus, la police, deux autres tueurs, il fuit à mobylette, la fille est tuée par un des tueurs…Vous avez tout compris ? Si oui, vous avez du mérite, parce que j’ai simplifié. Pitch illisible, donc film casse-gueule. On dirait un cadavre exquis mais sans cachet surréaliste. Premier degré Art déco, avec la vacuité des années 80 en sus. Il faut vraiment être très sûr de soit pour oser un truc pareil alors que c’est son premier film : expérimental, mais raté, entre plusieurs genre, sans jeu d’acteurs. Pinon est ridicule, et Darmon en tueur « antillais » l’est encore plus. Par contre, l'affiche du film est au top!
Dans un tout autre registre beineix rappelle kassovitz. Beaucoup de promesse pour un résultat final qui finit par s'avérer bien médiocre. Diva n'est ni son plus mauvais film , ni son meilleur. Il s'agit même d'un début prometteur avec dans ce film, un univers particulier qui confère à l'onirisme, sans pourtant atteindre les sommets tant annoncés un peu partout. Un bon thriller ponctué de relent mélodramatique.
Diva aurait pu être un simple film d'amour improbable entre le facteur et la diva tel cette parenthèse au centre du film dans un Paris si romantique et délicat. Mais la superposition de cette intrigue romanesque avec l'enquête policière donne un ton original et surtout une épaisseur au film. On retient quand même une ambiance assez étrange presque à la "twin peaks" Mention toute particulière à cette incroyable scène du scooter dans le métro!!!!!
Avec ce premier film, Jean-Jacques Beineix frappa fort en 1981. Massacrée par la critique, le film reçu néanmoins quatre Césars, ce qui lui permis lors de sa ressortie en salle d’être un véritable succès populaire. Il est aussi l’un des premiers films à adopter l’esthétisme de la publicité et du clip. A l’instar d’un Luc Besson ou d’un Leos Carax, Beineix faisait partie d’un « cinéma de look » de part ses visuels excentriques et branchés. Forcément, cet aspect du film est ce qui a rebuté une bonne partie de la critique de l’époque. Pourtant, le look n’est qu’un des éléments de la richesse de cette si surprenante ‘’Diva’’.
Jules est un jeune postier amoureux de la cantatrice Cynthia Hawkins. Il enregistre secrètement la voix de la cantatrice. Un jour, Jules assiste par hasard au meurtre d’une prostituée qui, à son insu à glissé dans sa sacoche une mystérieuse cassette. Jules va alors être traqué par deux tueurs qui veulent récupérer cette cassette.
On a fait grand cas des partis pris visuels du film. Pourtant, il serait dommage de ne pas s’attarder sur le scénario, assez virtuose. On peut se demander qui en est réellement l’auteur. Delacorta, l’auteur du roman ? Beineix ? A moins que le grand scénariste de BD Van Hamme en soit le réel artisan ? Quelque qu’il soit, on oublie trop souvent de saluer son travail sur cette histoire foutrement tortueuse. Le film parvient parfaitement à mêler différents ingrédients, ce qui explique (avec la réalisation bien sûr) son atmosphère constamment étrange. En l’état, que nous raconte le film? Il y a d’abord tout ce qui tourne autour de l’opéra. En ce sens, le film adopte donc une élégance propre à ce style musical (le film remis au goût du jour ''La Wally''). Élégance qui se double de délicatesse dès qu’il s’agit d’évoquer la fascination et l’amour que ressent Jules pour la voix de la cantatrice. Mais cette obsession pour cette voix, qui a elle seule aurait pu être un sujet de film est parasitée par l’irruption du polar. Là non plus, ce genre n’est pas une simple toile de fond mais bien un élément traité avec rigueur par les scénaristes. Prostitution, drogue, meurtres… Cette affaire aussi pouvait faire un sujet de film. Justement, l’audace de Beineix et de Van Hamme est d’avoir mêler ces deux intrigues, à priori sans rapport. A ceci s’ajoute aussi de petites touches d’humour qui viennent encore perturber le premier degré de ce beau méli-mélo. En ressort forcément une galerie de personnages variéé, chacun se rattachant à un genre particulier, flirtant parfois avec la parodie. On retiendra surtout ces deux tueurs hilarants et improbables. Ou encore cette cantatrice qui refuse qu’on enregistre cette voix. Mêler plusieurs atmosphères est ce qui fait de ‘’Diva’’ une œuvre si singulière. D’autant plus quand ce mélange aboutit à des choix scénaristiques assez rares. spoiler: Ainsi, on a rarement vu dans un polar un héros aussi passif et inutile dans l’avancée de l’intrigue policière. S’il est à la base du film (il récupère par inadvertance la cassette si compromettante et c’est tout), il ne fait que subir durant tout le film et ne devra son salut qu’à l’inventivité du très énigmatique Gorodish. Lequel devient d’ailleurs le véritable personnage principal dans un second temps, Jules étant relégué à l’arrière-plan .
On l’a donc compris, ‘’Diva’’ est un film très hétérogène dans son postulat. Il en va de même pour ses autres composants comme par exemple le casting. Quel film en France à cette époque pouvait mettre aux côtés d’acteurs blancs une actrice noire (ou plutôt cantatrice) Wilhelmenia Wiggins Fernandez et une actrice typée asiatique Thuy An Luu ? Evidemment, les prestations sont inégales : la jeune Thuy An Luu bien que charmante est parfois assez fausse et Frédéric Andrei ne marque pas vraiment le film (il est vrai que le rôle de Jules n’est pas le plus payant).A l’inverse, on retient d’autres acteurs comme Darmon, Pinon, Bohringer etc. tant de jeunots qui font leurs premières armes ici. Mais tant d’éléments si contradictoires ne risquaient-ils pas de se contredire réunis ensemble ? Ne risquait-on pas d’avoir un film trop confus trop fourre-tout ? C’est là qu’intervient précisément tout l’aspect technique si novateur de ‘’Diva’’. Beineix adopte une esthétisme nouvelle et originale, tant décrié à l’époque. Accordant un soin tout particulier au montage (alternance de plans très courts et de plans plus longs), aux décors (confectionnés par le designer Hilton McConnico, étroitement lié à la sphère publicitaire et aux produits de luxe : probablement ce qui a fait le plus crisser des dents les critiques en 1981), Beineix adopte une cohérence d’ensemble indéniable. La lumière (signé Philippe Rousselot) participe à la création de ce Paris aux monochromes bleus (à la Jacques Monory). Ainsi, la réunion de tous ces artistes permet de donner du corps au scénario, qui, à la base était aussi audacieux que casse-gueule. Les partis pris visuels ont pu être décriés, il n’en demeure pas moins qu’ils sont ceux qui ont permis ce mélange de raffinement (propre à l’opéra), de criard (propre au pop art) et de poisse (propre au film noir).
Ouvrant la voie à une nouvelle façon de filmer, ‘’Diva’’ est devenu culte en France et même au delà de l’Atlantique. Ce statut semble justifier de par le vent de fraîcheur que le film a apporté dans le paysage du cinéma français.
Beineix mélange l'histoire d'un jeune postier amoureux d'une diva et une enquête contre un flic ripoux, le tout filmé dans un Paris qui a bien vieilli. Néanmoins, le style demeure intéressant puisque le réalisateur donne au film une atmosphère envoutante avec quelques trouvailles visuelles et peu de scènes de jour ou en extérieur, le tout ressemblant un peu à un clip de l'époque, ce qui n'empêche le spectateur d'apprécier l'intrigue policière. Ce style sera d'ailleurs à l'origine de tout une vague de réalisateurs français qui se rueront dans cette voie, des pâles copieurs aux vrais artistes.
Il faut reconnaitre que le film a pris un coup de vieux, il reste tout de même assez agréable à voir et je suppose qu'il a servi d'exemple à d'autres réalisateurs, comme Besson avec subway.
Revu, après 30 ans...Et des poussières. Ça date un peu, par l'esthétique "esthetisante" très clip branché. L'histoire est un peu compliquée, mais retrouver l'ambiance du tout début des années 80 reste un plaisir nostalgique indéniable! Et puis revoir tous ces comédiens dans l'éclat de leur jeunesse...de notre jeunesse. Ça ce revoit avec plaisir.
Je continue donc mon auto-rétrospective Jean-Jacques Beineix, après Roselyne..., La lune dans..., voici Diva. Je préfère regarder les films dans le désordre, je ne sais pas pourquoi. Fiche technique: "la critique se déchaîne lors de la sortie, qualifiant de « cinéma du look » ce film qui pourtant, aujourd'hui, ne se démarque plus de la plupart des productions françaises". He oui, déjà la critique... Le reste est très bien décrit et expliqué par les notes des autres internautes. Mention ? Spécialement a Dominique Pinon, pour son interprétation ! Mon dieu quel régal cette oeuvre...
A revoir vingt ans plus tard ce film permet d'en redécouvrir l'originalité, avec un Richard Borhinger parfait dans sa clandestinité cultivée, sa belle traction avant noire. Une photographie très recherchée et très efficace et la bande son opéra envoûtante font de ce film une pépite du Cinéma français (que Jean-Luc Besson a assez bien imité, 4 ans plus tard dans Subway : métro, cascades, Bohringer, ...
Réalisation qui s'attache à créer une ambiance interlope singulière mêlant policier et opéra, jouant des focalisations et des jeux de lumière ou plutôt d'ombres, ce drame aux accents baroques et romantiques propose un scénario invraisemblable où les facilités ne sont pas rares mais qui permet de portraire des personnages esseulés, retors ou marginaux - campés par des comédiens inégalement crédibles, Richard Bohringer y imposant son charisme. Expérimental: on adhère...ou non!
Avec un scénario adapté d'un Roman Homonyme de Daniel Odier (sous pseudonyme de Delacorta) c'est là une réalisation représentative d’un cinéma d’Auteur Français des années 1980 signé Jean-Jacques Beineix , qui est là son premier Long-Métrage .
un film curieux, un ovni du cinéma français. grâce à ces interprètes et une réalisation hypnotique. et lyrique. la bande son est magnifique. la belle Wilhelminia Wiggins fait tourné la tête. et les oreilles. l'un des premiers rôle de Richard Bohringer et déjà un creveur d'écran. Dominique Pinon et Gérard Darmon, des drôles de gangsters. Un voyage dans le temps, le Paris des années 80, avec tous ces qu'il y a dedans. Un brin burlesque, un peu de comédie. un peu de poésie et d’amour. Un film récompensé bien mérité.