Rose
Note moyenne
3,9
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42 critiques spectateurs

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selenie

7 482 abonnés 6 714 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 septembre 2026
La crédibilité ou l'authenticité de ce travestissement paraît toujours invraisemblable mais l'Histoire a prouvé que rien n'est moins rare que la transidentité. L'autre choix crucial du réalisateur est le Noir et Blanc ce qui permet d'araser à l'écran les éléments plus "épidermiques".. La voix Off est omniprésente, explicative certe mais pour expliquer ce que le film ne montre pas forcément et accentue cette dimension biographique (mais fictionnelle rappelons-le !). D'ailleurs le film s'avère très cours, on dira même trop court surtout quand on perçoit des ellipses qui effacent du scénario des passages qu'on imagine donc et qui auraient eu un impact émotionnel et/ou visuel fort... SPOILERS voir site !... Ainsi l'histoire se déroule assez vite, on devine plusieurs mois voir quelques années en moins de 1h30, soit un scénario dense ce qui permet de se dire que 10-15mn de plus pour exploiter ou approfondir quelques passages. Néanmoins, l'histoire est passionnante (où comment un pantalon peut offrir une liberté malheureusement aussi dangereuse qu'éphémère), poignante avec en prime une performance d'actrice parmi les plus bluffante de l'année. A voir et à conseiller fortement.
Site : Selenie
traversay1

4 521 abonnés 5 438 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 juillet 2026
Depuis le terrifiant Michael (2011), le cinéaste autrichien Markus Schleinzer n'avait guère fait parler de lui. Le voici de retour au premier plan avec Rose, récit situé au XVIIe siècle, avec pour protagoniste principal un soldat au visage marqué, venu réclamer les terres qu'il a hérité. Deux caractéristiques s'imposent vite : l'image dans un noir et blanc magnifique et une voix off (très explicative) qui révèle d'emblée le secret porté par cet étranger dans une communauté villageoise. Ce mystère n'est pas dévoilé par le synopsis du film et c'est finalement assez maladroit, car c'est là que se situe tout son intérêt, dans un récit par ailleurs assez austère, ragaillardi tout de même par une poignée de scènes à l'impact certain. Attention spoiler, spoiler: pour ceux qui n'auraient pas deviné le pot aux roses, d'après le titre du long métrage et la présence de la fabuleuse (comme toujours) Sandra Hüller : le soldat en question dissimule son genre sous des habits amples et doit convoler avec une jouvencelle pour témoigner de sa virilité. La seule question qui vaille est donc : combien de temps cet homme pourra-t-il dissimuler le corps du délit ?
À notre époque où les films historiques se voient plus ou moins contraints de résonner dans le monde d'aujourd'hui, Rose semble s'acquitter de bonne grâce à cette injonction. On peut aussi y voir un conte social autour d'une imposture, quelque chose de l'ordre du Retour de Martin Guerre, même si le sujet diffère.
Yves G.

1 874 abonnés 4 103 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 septembre 2026
Rose est née femme. Les nécessités de la vie l'ont conduite à se travestir. Après avoir combattu pendant dix ans sous l'uniforme, elle a usurpé l'identité d'un frère d'armes, mort au combat, est revenue dans le village de celui-ci et a réclamé son héritage. Pour conforter sa position, Rose est même allée jusqu'à épouser la fille d'un riche paysan.

Nous vient d'Allemagne un film tranchant comme l'acier. Il a été filmé en noir et blanc dans les splendides montagnes du Harz en Saxe. Il est illustré d'une voix off qui lui donne une dimension quasiment mythologique.

"Rose" est inspiré de plusieurs histoires vraies. Il convoque une riche cinématographie, les thèmes de l'usurpation d'identité et du travestissement ayant été souvent utilisés. Le premier film auquel "Rose" m'a fait penser est "Le Retour de Martin Guerre", qui m'avait tellement impressionné quand je l'avais vu encore enfant. Il partage avec lui la même ambiance : il se déroule dans une petite communauté rurale coupée du monde. Il partage également avec lui une dimension essentielle du récit : le rôle que joue le conjoint, dupe de l'imposture et en même temps complice.

J'ai pensé également à d'autres films plus récents et moins connus. Dans "Albert Nobbs", Glenn Close interprétait le rôle d'une Irlandaise qui se travestissait pour échapper à la misère et prendre un emploi de majordome. Dans "The Danish Girl", Eddi Redmayne (nommé aux Oscars pour ce rôle) jouait un homme qui lentement, avec le soutien de son épouse, assumait sa part de féminité. Dans "Nos années folles", Pierre Deladongchamps se travestissait, là encore avec la complicité de sa femme, pour échapper à la conscription et à la Première Guerre mondiale. Enfin, le héros hermaphrodite d'Un jour fille refusait le genre féminin qui lui avait été assigné à sa naissance, prenait femme avant d'être arrêté et jugé. J'avais beaucoup aimé ce dernier film qui se passait, comme Rose, au XVIIIe siècle mais dans la France urbaine et pas dans l'Allemagne rurale.

"Rose" impressionne par la simplicité linéaire de son récit qui emprunte à la forme du conte. La voix off de Marisa Growaldt y contribue amplement. Dans sa première moitié, j'ai chipoté sur le choix de l'actrice Sandra Hüller que je ne trouvais pas crédible : trop petite, hanches trop larges, voix trop haut perchée, sans la moindre trace de pilosité. Mais l'actrice, qui porte le film sur ses épaules, est d'une incroyable maîtrise. Elle réussit dans la même image à nous glacer et à nous attendrir. On ne racontera pas la fin du film ; mais on pourra en dire qu'on en gardera longtemps le souvenir traumatisant.
norman06

432 abonnés 1 843 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 septembre 2026
Un film classique et didactique de bonne tenue, moins austère qu'epuré et sobre, ce qui n'empêche pas son efficacité narrative. Les somptueux cadrages en noir et blanc et l'interprétation de Sandra Hüller sont les principaux atouts de cette énième parabole neoféministe. À voir.
Direct-actu.fr

402 abonnés 555 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 septembre 2026
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l'Allemagne de 1648, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Rose (Sandra Hüller), soldat mystérieux au visage balafré, arrive dans un village isolé. Par son travail et les services rendus, elle gagne la confiance d'une communauté qui finit par l'accepter. Jusqu'au moment où son identité masculine devient objet de suspicion.

Sandra Hüller est intense dans Rose de Markus Schleinzer. La photographie et la gestion du noir et blanc. Le rythme et l'ambiance sont là et fait de Rose une œuvre singulière et d'auteur. Le film nous ramène à une époque où la condition des femmes était plus que médiocre, leurs droits inexistants. L'idée que porter le pantalon peut changer tout, un mythème qu'on a déjà vu plusieurs fois dans différentes œuvres, comme Lady Oscar, The Ballad of Little Jo (1993) ou Gentleman Jack.

Rose pousse ce motif vers quelque chose de plus social : le vêtement ne transforme pas la personne, il transforme ce que la société l'autorise à être. Rose peut travailler, circuler et disposer d'une autonomie inaccessible à une femme de sa condition. Le pantalon devient presque un passeport social. Tant qu'elle est reconnue comme homme, ses compétences construisent sa place. Lorsque son identité devient suspecte, elles ne suffisent plus.

Le film déplace ainsi la question du genre vers le pouvoir collectif de définir autrui. Rose existe aussi dans le regard d'une communauté capable de valider puis de retirer son identité sociale. Cette précarité nourrit une tension psychologique permanente, jusque dans son corps et sa manière d'occuper l'espace.

L'Europe de Rose porte encore les stigmates de trente années de guerre : pauvreté, violence, méfiance et nécessité de reconstruire un ordre collectif. Le noir et blanc accentue cette matérialité des corps, de la boue et des vêtements. Dans cette communauté fragilisée, l'étranger est accepté tant qu'il reste lisible. Rose cesse précisément de l'être.
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 773 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 septembre 2026
Lugubre, film en noir et blanc dans une atmosphère historique qui ne fait pas rêver, très bien interprété, mais la justice des hommes.....
Pascal
Pascal

268 abonnés 2 516 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 septembre 2026
Prix d'interprétation féminine au festival de Berlin, ce film aborde le thème de la sororité tout en montrant certains aspects délétères de la société patriarcale et le poids du conformisme dogmatique d'une société traditionnelle ( l'action est contemporaine de la guerre de Trente ans ).

Tout ceci paraît alléchant sur le papier, mais à l'écran le spectacle l'est beaucoup beaucoup moins.

Il y a certes un sens des cadrages et une belle photo, mais le scénario et les dialogues sont d'une très grande superficialité.

On oubliera toute tentative d'analyse psychologique, totalement absente et " Rose reste en surface pendant une première heure très très ennuyeuse.

Il reste la dernière demi-heure qui propose un petit frémissement émotionnel. Ça fait quand même très peu pour ce film qui, sorti de son intention louable et nécessaire, ne m'a absolument pas séduit. Grosse déception en ce qui me concerne.

Vu au MK2 Hautefeuille
Fenêtre sur salle
Fenêtre sur salle

133 abonnés 422 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2026
 ROSE - Markus Schleinzer

Rose impressionne d’abord par sa beauté formelle. Un noir et blanc sublime, des cadres d’une précision remarquable : Markus Schleinzer compose de véritables tableaux. Une esthétique qui, associée à l’austérité du récit, à sa voix off et à la cruauté de certaines situations, rappelle régulièrement le cinéma de Lars von Trier, et notamment Dogville.

Une nouvelle fois impressionnante, Sandra Hüller habite Rose avec complexité, sans chercher à la rendre immédiatement aimable ni à expliquer son mystère. Son prix d’interprétation à Berlin paraît difficilement contestable.

Mais l’autre très belle surprise vient du personnage féminin qui lui fait face. D’abord reléguée à l’arrière-plan, présentée presque comme une jeune femme un peu simple qui subit les événements, elle gagne progressivement en épaisseur. Son regard change, ses choix deviennent moins prévisibles et ce qui pouvait sembler n’être qu’un personnage secondaire finit par ouvrir une autre perspective sur le récit.

Derrière sa reconstitution historique, Rose pose une question terriblement contemporaine : que faut-il que les femmes empruntent aux hommes pour avoir le droit d’exister comme leurs égales ? Au XVIIᵉ siècle, revêtir les habits et endosser l’identité d’un homme permet à Rose d’accéder à une autonomie, une reconnaissance sociale et une liberté qui lui étaient interdites. Quatre siècles plus tard, le constat résonne évidemment autrement, mais il n’a malheureusement rien perdu de sa pertinence.

Plus troublant encore, lorsque la communauté cherche à déterminer ce que Rose « est réellement », jusqu’à exiger qu’elle dévoile son appareil génital pour apporter la preuve de son sexe, difficile de ne pas penser aux violences et aux humiliations que peuvent encore subir aujourd’hui certaines personnes transgenres.

Sous les apparences du film historique se cache donc finalement une œuvre étonnamment moderne et queer, qui interroge la condition féminine, le genre, l’identité et la manière dont une société décide de la place que chacun est autorisé à occuper.

Un film âpre et exigeant mais dont la beauté des images et l'intelligence du propos emportent l'adhésion.

MA NOTE : 8/10

Ma page ciné instagram : fenetre_sur_salle
Jipéhel
Jipéhel

103 abonnés 649 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 août 2026
Le corps du délit

C’est le 3ème film du réalisateur allemand Markus Schleinzer, - les deux 1ers datent de 2011 et 2018, on ne peut pas dire que Herr Schleinzer soit un stakhanoviste du 7èe Art -. Pourtant, ce drame noir de 94 minutes vaut vraiment le détour. Au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer son secret. Alors que les villageois commencent à le considérer comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de sa véritable identité. D’une beauté formelle étourdissante avec un noir et blanc comme on n’en avait plus vu depuis longtemps, Un scénario original, fascinant qui propose une réflexion le genre, la liberté et les stéréotypes… On n’en sort pas indemne.
On le sait d’emblée, dès la 1ère intervention de la voix off, - je ne spolie donc d’aucune manière l’intrigue de ce film -, le mystérieux étranger qui arrive dans un village protestant reculé d’Allemagne, le fait sous une fausse identité, un faux nom et un faux genre. Malgré tout, et donc ce faux suspense, Schleinzer signe un drame historique d'une sobriété et d'une grande précision, exposant avec force l'oppression des femmes dans cette société dominée par la religion et transmet avec émotion leur désir ardent de liberté et d'autonomie. Mais au-delà de ces thèmes très forts, c’est la mise en scène absolument sublime qui nous frappe le plus. On n’est pas loin de retrouver la perfection du Jeanne d’Arc de Dreyer ou du Ruban blanc de Haneke. Un régal pour cinéphiles. Une histoire forte et dérangeante pour le grand public.
La seule faiblesse de ce film magnifique, et c’est paradoxal, c’est la formidable Sandra Hüller, qui, à l’occasion, a reçu le Prix d’interprétation à Berlin. Je pense vraiment que c’est une erreur de casting, car c’est une star, on connaît maintenant son visage, trop dirais-je pour ce rôle sur une identité cachée. Car on voit Sandra Hüller jouer le rôle titre et on ne parvient pas à oublier que c’est elle qui est à l’écran de bout en bout. Ce qui, reconnaissons-le, retire une grande part du mystère qui entoure ce personnage énigmatique. Les autres, Caro Braun, Marisa Growalt, Godehart Giese, sont excellents mais évidemment éclipsés par la performance hors norme de Frau Hüller, comme lors du monologue poignant qu’elle livre pour défier les villageois lorsqu'ils tentent de remettre en question son genre. Inoubliable !
Paul B
Paul B

95 abonnés 1 633 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 15 septembre 2026
Les mots manquent à exprimer combien ce film est ennuyant. C'est simple : durée 1h34, ressenti 3h40.

Scénario nul, thématiques anachroniques, pas de musique, photographie ratée...

NUL !
Clem Lepic
Clem Lepic

63 abonnés 376 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2026
Film très bien réalisé mais extrêmement sombre et dur sur ce soldat qui revient de la guerre et qui achète un terrain en faisant croire qu'il est un homme alors qu'il s'agit d'une femme. Son malheur débute quand il décide de prendre femme, partageant alors son intimité. Lors d'une récolte de miel, Rose est couverte de piqûres d'abeilles. En le soignant, sa femme découvre alors la vérité. Elle-même enceinte (et donc d'un autre homme), un accord semble possible entre elles deux pour poursuivre calmement leur vie. Toutefois, une jeune fille (!) du village alerte tout le monde et Rose et sa femme doivent être sanctionnées. Ce film met en exergue le terrible traitement des femmes à cette époque (d'après une histoire vraie).
Chatcaliban
Chatcaliban

47 abonnés 130 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 septembre 2026
Une œuvre en noir et blanc dépouillé sur une usurpation d’identité et de sexe. Les références à Dreyer sont un peu trop visibles mais la seconde partie consacrée au procès est bien menée. Reste qu’on ne croit pas une minute que l’ancien soldat est un homme.
Pierre842
Pierre842

44 abonnés 504 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2026
Un film en noir et blanc porter par l'excellente Sandra Hüller qui cache son identité dans une région d'Allemagne du XVII siècle.

Le faire en noir et blanc était une bonne idée. Qui dans l'ambiance sombre de cette époque pour les femmes. Où pour certaines choses ça continue actuellement. En couleur l'expérience serait différente.
Chris G
Chris G

42 abonnés 74 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 août 2026
Film historique à la fois sobre et impressionnant, porté par Sandra Huller dans un rôle complexe et un récit tragique sur la position des femmes au XVIIeme siècle en Allemagne
PASCAL C
PASCAL C

29 abonnés 313 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 septembre 2026
Un film "Germanique", âpre, rude, lent, dans une reconstitution soignée. Pour le spectateur ça passe ou ça casse...peut-être une question d'état d'esprit.
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