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Ameline Grout
41 abonnés
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4,5
Publiée le 8 septembre 2026
Un film d’une grande douceur, qui trouve dans les silences et les regards une puissance bouleversante. Rose touche par sa justesse et sa sensibilité, sans jamais céder au sentimentalisme.
Esthétiquement trop inspiré de Dreyer, mais superficiellement. La narration rappelle aussi certains Werner Herzog comme "L'énigme de Kaspar Hauser" (1974) ou "Woyzeck" (1979).
Le spectateur ne croit jamais que l'actrice (trop) connue paraît être un homme.
La mise en scène est poseuse, formatée à « l'art et essai », sans art et sans essai, pour éblouir le consommateur cultureux. Très convenu.
De surcroît, ce produit n'a aucun charme, contrairement à "Monsieur Hawarden" (1968) de Harry Kümel.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l'Allemagne de 1648, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Rose (Sandra Hüller), soldat mystérieux au visage balafré, arrive dans un village isolé. Par son travail et les services rendus, elle gagne la confiance d'une communauté qui finit par l'accepter. Jusqu'au moment où son identité masculine devient objet de suspicion.
Sandra Hüller est intense dans Rose de Markus Schleinzer. La photographie et la gestion du noir et blanc. Le rythme et l'ambiance sont là et fait de Rose une œuvre singulière et d'auteur. Le film nous ramène à une époque où la condition des femmes était plus que médiocre, leurs droits inexistants. L'idée que porter le pantalon peut changer tout, un mythème qu'on a déjà vu plusieurs fois dans différentes œuvres, comme Lady Oscar, The Ballad of Little Jo (1993) ou Gentleman Jack.
Rose pousse ce motif vers quelque chose de plus social : le vêtement ne transforme pas la personne, il transforme ce que la société l'autorise à être. Rose peut travailler, circuler et disposer d'une autonomie inaccessible à une femme de sa condition. Le pantalon devient presque un passeport social. Tant qu'elle est reconnue comme homme, ses compétences construisent sa place. Lorsque son identité devient suspecte, elles ne suffisent plus.
Le film déplace ainsi la question du genre vers le pouvoir collectif de définir autrui. Rose existe aussi dans le regard d'une communauté capable de valider puis de retirer son identité sociale. Cette précarité nourrit une tension psychologique permanente, jusque dans son corps et sa manière d'occuper l'espace.
L'Europe de Rose porte encore les stigmates de trente années de guerre : pauvreté, violence, méfiance et nécessité de reconstruire un ordre collectif. Le noir et blanc accentue cette matérialité des corps, de la boue et des vêtements. Dans cette communauté fragilisée, l'étranger est accepté tant qu'il reste lisible. Rose cesse précisément de l'être.
Vu en Avant-première au Sept Parnassiens à Paris, la salle pleine et en présence de l'actrice Sandra Hüller. L'histoire nous ramène au 17e siècle et est contée par le personnage principal dans sa langue, rendant ainsi les images naturalistes du film en noir et blanc encore plus austères. C'est donc le récit historique d'une jeune femme nommée Rose, qui au lendemain de la Guerre de Trente Ans (1618-1648) cherche à recommencer sa vie et choisit de se faire passer pour un homme pour survivre dans une société profondément patriarcale et traditionnelle au sein d’un village isolé en Allemagne protestant du XVIIe siècle. Si il/elle a sur lui des papiers qui le certifie héritier d'une ferme que les villageois pensaient abandonnée, il/elle n'est pas pour autant le bienvenu, mais sa force de travail et son sens du devoir dans la communauté, le font rapidement accepté. On lui donne le nom de soldat balafré ou même de tueur d'ours. Ce film est fort en émotion. Il s'agit bien de la castration de la liberté et de l'identité d'une personne. Sandra Hüller joue ici un rôle très fort. C'est une immense actrice. Courez voir ce film.
Film historique à la fois sobre et impressionnant, porté par Sandra Huller dans un rôle complexe et un récit tragique sur la position des femmes au XVIIeme siècle en Allemagne
Très beau film, mais surtout un film qui m’a laissée profondément mal à l’aise et révoltée. Rose se déroule au XVIIe siècle mais certains dialogues et rapports de pouvoir résonnent encore terriblement aujourd’hui : une femme qui ne peut pas être libre, des hommes vexés dès qu’ils perdent le contrôle, la religion, la guerre… Sandra Hüller est absolument excellente, avec un regard qui dit parfois tout ce que son personnage ne peut pas dire. Et ces plans sur son visage, complètement dépitée et impuissante : wow. Un film qui m’a surtout donné cette sensation horrible de voir quelqu’un se battre pour une liberté qui ne devrait même pas être à négocier.
C’est le 3ème film du réalisateur allemand Markus Schleinzer, - les deux 1ers datent de 2011 et 2018, on ne peut pas dire que Herr Schleinzer soit un stakhanoviste du 7èe Art -. Pourtant, ce drame noir de 94 minutes vaut vraiment le détour. Au lendemain de la guerre de Trente Ans, un mystérieux soldat balafré s’installe dans un village isolé d’Allemagne. À force de labeur et de services rendus, il gagne la confiance des habitants et croit enterrer son secret. Alors que les villageois commencent à le considérer comme l’un des leurs, tout bascule lorsqu’ils se mettent à douter de sa véritable identité. D’une beauté formelle étourdissante avec un noir et blanc comme on n’en avait plus vu depuis longtemps, Un scénario original, fascinant qui propose une réflexion le genre, la liberté et les stéréotypes… On n’en sort pas indemne. On le sait d’emblée, dès la 1ère intervention de la voix off, - je ne spolie donc d’aucune manière l’intrigue de ce film -, le mystérieux étranger qui arrive dans un village protestant reculé d’Allemagne, le fait sous une fausse identité, un faux nom et un faux genre. Malgré tout, et donc ce faux suspense, Schleinzer signe un drame historique d'une sobriété et d'une grande précision, exposant avec force l'oppression des femmes dans cette société dominée par la religion et transmet avec émotion leur désir ardent de liberté et d'autonomie. Mais au-delà de ces thèmes très forts, c’est la mise en scène absolument sublime qui nous frappe le plus. On n’est pas loin de retrouver la perfection du Jeanne d’Arc de Dreyer ou du Ruban blanc de Haneke. Un régal pour cinéphiles. Une histoire forte et dérangeante pour le grand public. La seule faiblesse de ce film magnifique, et c’est paradoxal, c’est la formidable Sandra Hüller, qui, à l’occasion, a reçu le Prix d’interprétation à Berlin. Je pense vraiment que c’est une erreur de casting, car c’est une star, on connaît maintenant son visage, trop dirais-je pour ce rôle sur une identité cachée. Car on voit Sandra Hüller jouer le rôle titre et on ne parvient pas à oublier que c’est elle qui est à l’écran de bout en bout. Ce qui, reconnaissons-le, retire une grande part du mystère qui entoure ce personnage énigmatique. Les autres, Caro Braun, Marisa Growalt, Godehart Giese, sont excellents mais évidemment éclipsés par la performance hors norme de Frau Hüller, comme lors du monologue poignant qu’elle livre pour défier les villageois lorsqu'ils tentent de remettre en question son genre. Inoubliable !
Usurpation d'identité dans le seul but de survivre dans un monde hostile aux femmes pendant la guerre de trente ans. En noir et blanc, plongeon dans la vie de village du XVIIe siècle très influencé par l'église. La vie d'un couple extra-ordinaire, dans le vrai sens du terme. Je recommande vivement
Depuis le terrifiant Michael (2011), le cinéaste autrichien Markus Schleinzer n'avait guère fait parler de lui. Le voici de retour au premier plan avec Rose, récit situé au XVIIe siècle, avec pour protagoniste principal un soldat au visage marqué, venu réclamer les terres qu'il a hérité. Deux caractéristiques s'imposent vite : l'image dans un noir et blanc magnifique et une voix off (très explicative) qui révèle d'emblée le secret porté par cet étranger dans une communauté villageoise. Ce mystère n'est pas dévoilé par le synopsis du film et c'est finalement assez maladroit, car c'est là que se situe tout son intérêt, dans un récit par ailleurs assez austère, ragaillardi tout de même par une poignée de scènes à l'impact certain. Attention spoiler, spoiler: pour ceux qui n'auraient pas deviné le pot aux roses, d'après le titre du long métrage et la présence de la fabuleuse (comme toujours) Sandra Hüller : le soldat en question dissimule son genre sous des habits amples et doit convoler avec une jouvencelle pour témoigner de sa virilité. La seule question qui vaille est donc : combien de temps cet homme pourra-t-il dissimuler le corps du délit ? À notre époque où les films historiques se voient plus ou moins contraints de résonner dans le monde d'aujourd'hui, Rose semble s'acquitter de bonne grâce à cette injonction. On peut aussi y voir un conte social autour d'une imposture, quelque chose de l'ordre du Retour de Martin Guerre, même si le sujet diffère.
Quel film! quelle émotion! Caro Braun (une vrai découverte) et Sandra Hüller portent cette histoire. Elles sont aidées par une réalisation sobre et intransigeante, une belle image en noir et blanc comme une enveloppe, et par des costumes et décors qui par leurs simplicités nous emportent dans ce XVIIième siècle pas vraiment joyeux. Vu à la Berlinale un des meilleurs films de la selection!