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Kouto
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3,5
Publiée le 27 juillet 2025
Dans ce drame judiciaire, un avocat pénaliste prend en charge la défense d’un père de famille accusé du meurtre de sa femme. La mise en scène ténue ausculte les tréfonds de l’être humain avec minutie mais un poil d’austérité. Derrière la caméra, Daniel Auteuil offre un film appliqué à défaut d’audace et repose principalement sur la prestation de la distribution. L’acteur incarne cet avocat de la défense prenant fait et cause pour son client campé par le trouble Grégory Gadebois. Le scénario solide joue sur l’ambiguïté jusqu’à son dénouement.
Inspiré d'une histoire vraie et réalisé par Daniel Auteuil, « Le fil » nous fait suivre le procès d'un crime de sang à la Cour d'Assises. Dès les premières minutes, le sujet se révèle tout à fait passionnant et il est impossible de décrocher une seule seconde... malgré quelques longueurs inhérentes à tous les films de prétoire. L'enquête judiciaire est ultra-réaliste et on en suit toutes les étapes à travers la relation étroite et souvent ambiguë qui se créé entre l'accusé et son avocat. Bien sûr, le scénario est construit de telle manière qu'on hésite en permanence entre la culpabilité ou l'innocence du personnage principal. Cette démarche intellectuelle pleine de doutes et d'hésitations permet au spectateur de toucher du doigt la difficulté de rendre la justice. Le film répond ainsi à de nombreuses questions concernant les affaires criminelles... et en pause également plein d'autres tout aussi intéressantes. Côté interprétation, inutile de préciser que le grand Daniel Auteuil est absolument parfait en avocat, obnubilé par son client... mais il faut particulièrement signaler la prestation géniale de Gregory Gadebois, hallucinant de vérité en père de famille, coupable ou non, mais clairement dépassé par les événements. Je conseille vivement, sans la moindre hésitation !
Bonne surprise que ce film très prenant. Captivant de bout en bout, et aussi bien joué par les deux acteurs principaux. Un peu moins par l'avocate générale qui gagnerait a parler plus posément pour un role comme celui ci.
Bouleversant de voir les aléa du métier d'avocat dans des affaires aussi grave que celle ci, les retournements de situations et l'implication personnel dans ce type d'affaire est crucial et montre à quel point il est difficile de prouver l'innocence ou la culpabilité d'un suspect.
Un film de procès assez classique, de bonne facture, bien interprété. Et qui ménage des rebondissements totalement inattendus à la fin. Auteuil et Gadebois sont impeccables. Petite déception sur la plaidoirie, efficace mais qui manque de souffle. Mais la surprise finale vient effacer cette impression, et emporte tout le film.
Impossible d’aborder cette décennie cinéma des années 2020 sans au moins mentionner la densité de films judiciaires, notamment en terme de qualité. Que ce soit les plus confidentiels ( La jeune fille au bracelet et Première Affaire ) les très plébiscités ( Saint Omer, Les choses humaines ) ou encore Le Procès Goldman, sans même parler de films « détournant » ce genre sur-codifié à la manière des Chambres rouges ou Le Procès du chien ; et le point d’orgue de ce que certains pourraient appeler une mode : la palme d’or Anatomie d’une chute. Alors il est vrai qu’en voyant arriver « encore » un autre film de procès, on pourrait se dire que Daniel Auteuil arrive plus ou moins malgré lui après la bataille, et que nous, cinéphiles plus ou moins assidus, nous avons tout vu. Pas de médisance pour autant, si le point de vue (un avocat) et la prémisse ( la défense du suspect numéro 1 envers et contre tout ) peut sembler au mieux déjà vue, au pire extrêmement redondante et sans réel intérêt, je peux dire qu’en dehors d’une structure classique parfois remplie de limites, Le Fil est un long-métrage extrêmement solide, reposant sur de nombreux éléments moins conventionnels ; il souligne la maîtrise de Daniel Auteuil dans la direction d’acteurs, et j' ajoute : mais aussi désormais dans la création de narration et de mise en scène. En ce dimanche après-midi la salle était remplie , toutes générations confondues , et cela fait chaud au cœur.
Daniel Auteuil s’attaque avec brio au « film de procès » pour explorer la relation complexe qui se noue entre un avocat et son client. Il réalise un passionnant thriller psychologique qui repose sur ce face à face sombre, magistralement interprété par Daniel Auteuil - Maitre Jean Monier - avocat en fin de carrière qui n’avait plus plaidé aux assises depuis 15 ans, et Grégory Gadebois – Nicolas Milik - bon père de famille en apparence et pourtant accusé du meurtre de sa femme. Si l’intrigue retrace bien entendu la reconstitution des faits qui laisse de nombreuses zones d’incertitude, elle explore surtout la notion d’intime conviction. En l’absence de preuve irréfutable, comment être certain que Milik est coupable ou innocent ? Daniel Auteuil filme les entretiens entre les 2 personnages au plus près des visages comme pour mieux capter ce qui pourrait être un indice de la vérité tant recherchée. Le temps de l’instruction est long et captivant, conclu comme il se doit - figure imposée oblige - par une formidable plaidoirie de Daniel Auteuil, avant un rebondissement final aussi rapide que glaçant. Une vraie réussite !
J’ai bien aimé le rythme donné, la réflexion sur « l’intime conviction », la complexité de retracer les faits, de retrouver « la vérité des événements ». La Justice n’est pas un équilibre parfait… loin de là ! Les textes dans le tribunal sont très intéressants. La fin nous dit tout sur la difficulté qui est devant les magistrats, les juges, les jurés. Bémols pour : Gros plans inutiles, Scènes très sombres, Relation de l’avocat et de sa compagne, … La jurée venant révéler l’intervention de la Présidente du Tribunal sème le trouble auprès de notre Justice ! Bravo aux acteurs principaux pour leurs remarquables interprétations. Un film à voir.
Un jeu d'acteurs exceptionnel pour un crime où le scénario nous amène sur le fil d'une arête entre culpabilité et innocence. Le film, inspiré d'une histoire vraie, a été quelque peu lissé dans une géographie et un milieu socio-culturel différents pour éviter une caricature trop facile. L'intime conviction, fruit de la réflexion des jurés change de camp avec l'avocat qui se l'approprie. Le procès devient donc avant tout un révélateur de la personnalité des protagonistes basé sur leur passé.
Daniel Auteuil, impérial, maîtrise d'une main de Maître ce huis-clos captivant. Acteurs inspirés, poésie dans la narration, on suit ce déroulement judiciaire, cueillis dans nos erreurs d'appréciation où ce malin d'Auteuil nous emmène par la main ! Chapeau, ça, c'est du cinéma comme on en redemande !
Le Fil enrichit un corpus français déjà fourni en matière de représentations de la justice au cinéma : après Anatomie d’une chute (Justine Triet, 2023), qui investissait la construction d’un point de vue et le doute inhérent à notre appréhension de la vérité, après Le Procès Goldman (Cédric Kahn, 2023) qui interrogeait l’innocence autoproclamée d’un accusé se sachant innocent – « je suis innocent parce que je suis innocent » – et la valeur des preuves, matérielles ou sous forme de témoignage, Daniel Auteuil s’intéresse aux jeux d’influences qui gouvernent le cœur et l’esprit tout à la fois des jurés et de l’avocat de la défense. Le film épouse le point de vue de ce dernier, avocat raccordé à sa vocation après une quinzaine d’années sans plaider aux assises et sujet à son « intime conviction », c’est-à-dire à la rencontre entre ses sentiments à l’égard de Nicolas Milik et sa raison qui, en l’absence de preuves irréfutables, le conforte dans sa version des faits ; aussi le voir reprocher au procureur des poursuites criminelles et pénales son attachement à la fiction révèle-t-il son propre aveuglement, séduit par la bonhomie mal dégrossie d’un Grégory Gadebois interprétant un personnage complexe, confusion du comédien et du père de famille aimant. Le Fil sonde alors cette opacité caractéristique de chacun des protagonistes, tisse des relations entre passé et présent, entre plusieurs affaires – dont celle du toréro revendeur de drogues – pour exhiber la subjectivité à l’œuvre dans un procès. Daniel Auteuil signe une mise en scène inspirée, tout à la fois rigoureuse et expérimentale, pour rendre compte de la confusion de l’avocat que lui-même campe à la perfection. Une réussite.
Drame et procès, un jeu d acteurs qui soutient ce scénario. Ça se laisse regarder assez lentement, heureusement l intrigue sur la fin permet de donner un peu de sens.