Une complète déception ! Je m'attendais à une course au trésor alerte regroupant deux à trois personnages rapaces, flanqués d'une stagiaire mythomane, impulsive, instable et capricieuse. Le début même du film laissait penser à pareille direction, surmonté d'une certaine liberté de ton puisque sont proférés des termes douteux que la morale d'aujourd'hui interdit, même à titre humoristique. Au lieu de tout ça, on a quoi ? Juste une suite de négociations et de tractations autour d'un tableau volé sous le Régime d'Hitler. Il n'y a vraiment rien à voir. Seul Alex Lutz parvient à surnager dans cet ensemble d'un ennui quasi léthal.
Pascal Bonitzer livre un film d'une subtilité et d'une puissance rare, avec une légèreté apparente. Il décrit avec précision le monde du marché de l'art, n'hésitant pas à dénoncer ses travers et son inhumanité, mais sans jamais forcer le trait.
Il s'attarde avant tout sur ses personnages, et leurs failles, leurs parcours cabossés... Sur leur milieu social, professionnel ou d'origine, que vient percuter cette découverte d'un tableau volé, au potentiel de vente exceptionnel. Il faut noter la virtuosité des dialogues, magnifiquement écrits, sans jamais sonner faux.
Et cette histoire de spoliation vient donner un supplément d'aura et de profondeur à ce film, avec ce tableau volé à des Juifs par les nazis...
Mais ce superbe scénario ne serait pas aussi éblouissant s'il n'était pas porté et incarné par des acteurs tous excellents, pour beaucoup attachants. Notamment Alex Lutz, Léa Drucker, Arcadi Radeff, Louise Chevillotte, Nora Hamzawi et Alain Chamfort. Je me dois de les citer tous les six, car chacune et chacun d'entre eux joue sa partition à merveille.
J'avais lu de bonnes critiques sur ce film avant de le voir, et j'ai quand même été surpris par sa finesse, son intelligence et son humanité. Un des meilleurs films français de ces dernières années.
Les dialogues et le casting sont les atouts de cette fiction, inspirée de faits réels, qui dépeint le monde du marché de l’art avec une pointe d’acidité et de cynisme.
Pascal Bonitzer, en raconteur doué, décortique avec malice et brio le monde du commerce de l’art. Un tableau d’Egon Schiele spolié par les nazis réapparaît dans un pavillon ouvrier et lors, tel une goutte de sang appâtant les requins, la toile ainsi ressurgie attire un vol de marchands d’art rapaces. De cette histoire réelle, le tableau s’est vendu des millions d’euros en 2006, Pascal Bonitzer tire un récit fluide et élégant. Il tisse une savante toile entre des personnages caractérisés avec soin et portés par une brochette d’acteurs cinq étoiles. Nous connaissions le talent immense d’Alex Lutz, ici en commissaire-priseur à la fois cynique et attachant, et de Léa Drucker, au jeu tout en ambiguïté, mais deux jeunes acteurs se révèlent, Louise Chevillotte, merveilleuse assistante mythomane, et Arcadi Radeff, très émouvant en ouvrier tombé des nues. Le film est éclairé par son écriture, son humour piquant, les échanges vifs et caustiques virevoltent entre les différents protagonistes et dissèquent avec une délectation communicative les coups bas et faux-semblants du marché de l’art.
Un film sympathique porté par un Alexandre Lutz charismatique dans un environnement assez peu représenté au cinéma et avec une histoire en soi assez intéressante. Si les grosses lignes de l'histoire mérite un récit, il reste dommage que les relations soient gentillettes et/ou caricaturales et finalement peu crédibles. Difficile d'attacher la moindre importance à la relation entre André et Aurore, de croire à la bienveillance caricaturale d'une partie du monde de l'art vis-à-vis de Martin, de réellement se satisfaire de cette relation entre Martin et ses amis expéditivement brossée ou de comprendre certains personnages à commencer par Aurore qui ne cesse d'être au cœur de situations étranges. spoiler: spoiler: A quel moment l'ex femme peut-elle par exemple trouvé acceptable d'amener Aurore dans la chambre de son Ex mari alors que ce dernier dort, et encore plus de la laisser seul dans l'appartement en laissant supposer une relation proche entre les deux personnages, alors qu'il semble évident que ce n'est pas le cas.
Manque flagrant de finesse d'écriture qui donne cependant étrangement une énergie plaisante à ce film maladroitement décalé.
Le film était ennuyeux, je ne comprenais pas où ils voulaient en venir, c'était un film lent mais ce que j'ai aimé, c'est que les personnages étaient bons. L'histoire commence avec deux personnes qui les appellent et trouvent un tableau qu'elles pensaient être perdu, et c'est ainsi que l'histoire progresse.
J'ai beaucoup aimé ce film. J'ai aimé les personnages, les dialogues, la qualité des relations humaines, le tout sur une intrigue plaisante. Il y a qq imperfections, mais je me suis laissé porté par l'ensemble.
C’est un film d’une extrême finesse et intelligence au scénario bien construit et des dialogues ciselés. Les dernières séquences font monter les larmes aux yeux. Tous les personnages ont une réelle profondeur. C’est un film qui a une réelle portée politique et sociologique qui nous apprend énormément de choses sur l’Histoire de l’art et le marché de l’art. Tiré d’une histoire vraie, il nous raconte les luttes d’influence et les enjeux de pouvoir et financiers qui se jouent au travers de la découverte et de la mise aux enchères d’un tableau d’un peintre juif qui a échappé à la barbarie nazie qui qualifiait les peintres juifs de dégénérés. André Masson, interprété par Axel Lutz avec passion et complexité, va se charger de la vente de cette œuvre retrouvée chez une famille ouvrière. La rencontre avec le riche héritier juif et le jeune ouvrier qui garde sa dignité et son honnêteté dans une situation où il aurait pu perdre sa dignité et ses valeurs est absolument bouleversante. Un des meilleurs films de l’année.
Le Tableau volé interroge la valeur de l’art en distinguant deux estimations concurrentes : celle que lui donne un amateur, dans le sens d’étranger aux Beaux-Arts, qui apprécie l’œuvre en elle-même sans connaître ni le peintre ni le mouvement pictural auxquels elle appartient, une valeur affective en somme, peut-être même esthétique ; celle que lui fixe le marche de l’art, valeur économique qui repose sur des « spécialistes » et des « experts », les uns pour situer son prix, les autres pour attester son authenticité et démasquer les faux. Le paradoxe tient alors à cette connaissance strictement théorique qui échappe aux sens et à la sincérité, à cet aveuglement symbolique qu’incarne en ouverture la femme âgée. La caractérisation des personnages reproduit sur le plan intime cette dualité, sans pour autant sacrifier leurs enjeux sensibles : Aurore est une mythomane égarée entre différentes relations et ne sachant à qui donner sa confiance, André peine à oublier sa vie conjugale avec Bertina et louvoie entre deux autres femmes inatteignables… Le film confond les genres, empruntant à l’enquête, à la comédie sociale et au mélodrame, fait ainsi la genèse d’une toile dont la malédiction – inhérente à son destin durant la Seconde Guerre mondiale car qualifiée de « dégénérée » – est entretenue par ceux qui souhaitent en profiter, procède par antithèse de deux milieux sociaux situés à l’exact opposé qui néanmoins se rencontrent et doivent s’entendre. Il ressemble, par bien des aspects, à la vente aux enchères où adviennent l’inattendu, l’inespéré, les coups de théâtre : la mise en scène, dépouillée mais précise, capte bien les protagonistes dans des environnements qui les définissent, de l’appartement aux fauteuils bigarrés et aux toiles géométriques d’André à la maison ouvrière de la famille Keller, sans oublier les locaux clinquants de la maison de vente Scotie’s. Voilà un long métrage aussi modeste que Martin, travailleur de nuit, dont il partage le point de vue extérieur face à un microcosme hypocrite et pourri par l’argent.
Un tableau de maître, spolié par les Nazis pendant la Guerre, est découvert fortuitement dans la maison d'un ouvrier de Mulhouse. Un petit monde va s'affairer autour de la juteuse vente... Le film s'inspire vaguement d'un vrai fait divers. Mais il se meuble avec beaucoup de sous-intrigues pas franchement intéressantes, son principal défaut. Quelques-unes ont bien du potentiel, mais ne sont pratiquement pas développées. "Le Tableau volé" affiche en prime une galerie de personnages antipathiques. Un commissaire priseur assez infect. Sa stagiaire mythomane. Un ouvrier mutique. Et j'en passe. Néanmoins, étonnamment l'ensemble se laisse suivre sans mal. Grâce à de petites touches d'humour inattendues ça et là. Le mélange de classes sociales extrêmes. Et surtout, une peinture du milieu perché de la vente d'Art, qui apparait comme assez détestable ! Les acteurs sont également assez bons, dont Alex Lutz en commissaire priseur qui semble-t-il aime à être haï...
Un bon film français agréable à regarder et très bien distribué, qui nous fait en plus découvrir une histoire intéressante dans des lieux peu communs au cinéma. Quelques scènes et passages sont toutefois un peu ridicules et mal jouées.