Qu'est-ce donc que le pot bosniaque, qui donne son titre, de manière très symbolique, au film de Pavo Marinković ? Il s'agit d'un plat traditionnel de mineurs où chacun apporte un ingrédient (carottes, poireaux, pommes de terre, viande) destiné à cuire dans une marmite collective. Il n'est pas question de cuisine dans le film mais d'une certaine solidarité bonhomme entre réfugiés bosniaques désormais bien intégrés dans leur vie autrichienne, sauf que le héros de Bosnian Pot, écrivain velléitaire, est menacé d'expulsion du territoire s'il ne fait pas état d'une activité dans son nouveau pays. Soyons honnête : le long-métrage possède un rythme léthargique qui ne trouve son acmé que vers le dénouement, avec de jolis moments d'émotion à la clé. Il n'y a vraiment pas de raison de condamner outre mesure un film très chaleureux (mais passez drôle) dont le héros, un tantinet paresseux, va devoir reprendre une pièce écrite des années plus tôt et qui a eu sa première, avortée, lors du premier jour du siège de Sarajevo. On aimerait parfois botter le derrière de ce personnage un peu mou mais très sympathique qui ne s'en laisse finalement pas compter et qui montre qu'il n'est pas dépourvu d'une certaine énergie, voire de charisme nonchalant, en dépit des apparences.