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Stef F.
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2,5
Publiée le 1 décembre 2025
Que le début est LONG, si LONG à se mettre en place, pour des personnages certes, bien "campés", mais "soulignant" plus l'intrigue qu'ils ne la "portent", la faute à une mise en scène poseuse et redondante, volontairement arty dans l'air du temps, "auto-publicitaire", comme la suite de Blade runner a pu l'être. Alors certes, c'est esthétique "zen épuré", "moderne", froid "immaculé" (arty quoi), mais beaucoup trop LONG à démarrer, ce qui suscite ennui et baillements soporifiques; les spectateurs qui y auront survécut au lieu de s'endormir ou de quitter la salle auront eu droit a un peu plus de suspens dynamique vers les 1h10/15 de visionnage, tout en restant inférieur (pour moi) à l'artisanale cuisine (aujourd'hui) kitsch de David Lynch...
Basée sur le drame humain des camps de concentration pendant la deuxième guerre mondiale, cette histoire d'usurpation d'identité et d'imposture est tout de même insensée. D'autant plus qu'elle est bien réelle et qu'elle dura des décennies. Le travail de mémoire, de reconnaissance et de transmission est un message fort mais il est biaisait par le mensonge, la mise en avant publique d'un individu. Cette chute alors révélée est bien retracée et interprétée par E. Fernández.
Après « Une vie secrète », grand film sur la mémoire de l’Histoire, et ses ramifications dans l’ordre politique espagnol, Arregi et Garaño poursuivent de manière tout aussi brillante cette réflexion sur la vérité historique au regard de ses acteurs. Enric Marco professe ainsi la bonne parole dans les écoles et les universités sur le mal endémique que fut la déportation et ses conséquences dramatiques dans les camps de concentration. Mais l’homme est soupçonné de travestir la réalité , usurpant notamment son statut de déporté. Tout en poursuivant son activité militante au sein de l’association des victimes espagnoles de l’Holocauste qu’il préside, Enric Marco doit répondre aux attaques de plus en plus pressantes d’un historien, maintenant relayé par ses paires. Insistante, oppressante, la mise en scène maintient le rythme effréné des investigations autour d’un passé de plus en plus nébuleuxspoiler: . Les preuves s’accumulent, jusqu’à l’aveu qui à ses yeux ne sera jamais celui de la capitulation . L’interprétation magistrale de Eduard Fernández , de la lumière à l’ombre, lui donnerait presque raison.
Marco a besoin d'exister d'avoir de l'importance et il invente une fausse version de sa vie pendant la guerre. Le pire c'est que c'est une histoire vraie.
MARCO, L'ÉNIGME D'UNE VIE - Aitor Arregi & Jon Garaño | ⭐ 5,5/10
Enric Marco est le président de l’association des victimes espagnoles de l’Holocauste. À l’approche d’une commémoration, un historien conteste son passé d’ancien déporté. Marco se bat alors pour maintenir sa version alors que les preuves contre lui s’accumulent…
Mise à part l'histoire de départ, un nouvel exemple fascinant d'imposture, force est de constater que le film ne présente pas beaucoup d'intérêt en lui-même. Une mise en scène très académique, un scénario trop linéaire et répétitif, qui tourne rapidement en rond, et un acteur qui a tendance à surjouer.
Malheureusement, le film préfère s'intéresser quasi exclusivement à tous les stratagèmes mis en place par l'imposteur pour ne pas être démasqué, plutôt que de se pencher de manière un peu plus poussée sur sa psychologie, sur les raisons qui ont pu le pousser à agir de la sorte et sur les effets de ce mensonge sur lui et son entourage, faisant tomber ainsi le récit dans quelque chose d'un peu trop anecdotique. Et comme dès le départ, nous connaissons comment tout cela s'est terminé, difficile de créer une tension narrative suffisante pour maintenir l'intérêt du spectateur en faisant le choix de ne s'en tenir à l'écran qu'au factuel...
Peut-être aurait-il été alors plus judicieux d'emprunter la voie du documentaire ? (des images d'archives sont tout de même insérées à plusieurs reprises au récit).
Reste la fascination de voir un homme s'accrocher ce manière désespérée à un récit qu'il a fabriqué et dont il semble avoir fini par s'être auto-persuadé. spoiler: Une version des faits qu'il maintiendra malgré tout jusqu'au bout.
Dans le genre "films d'imposteur", L'Adversaire, de Nicole Garcia continuera d'être une référence majeure.
On ressort de ce film avec une étrange sensation : celle d’avoir été témoin d’un mensonge si bien construit qu’il en devient presque crédible. La mise en scène, sobre et précise, nous plonge dans les méandres d’une mémoire falsifiée. Eduard Fernández incarne Marco avec intensité, bien que son jeu manque parfois de nuances pour saisir toute la complexité du personnage. Un film qui interroge sur notre rapport à l’histoire et à ceux qui la racontent.
De Aitor Arregi, Jon Garaño (2025). C'est avant tout un film sur l'imposture .Une énorme imposture presqu'invraisemblable ! L'holocauste et ses victimes espagnoles sont même , malgré l'horreur de la situation, relégués au second plan . Plus précisément, cela constitue même le décor en arrière plan . Le sujet majeur est Marco ce personnage énigmatique qui va arriver à une énorme imposture limite incroyable . Le thème déjà , il y a de nombreuses impostures même traitées au cinéma . Mais l'imposture qui y est décrite est incroyable car elle se situe à un niveau notamment au regard des victimes . Marco un imposteur , oui mais certainement pas seulement ! Une énigme même ! Que le film ne résout pas tout à fait ! Les motivations profondes sont certes abordées mais non résolues . Le besoin de reconnaissance dont soufrent beaucoup de personnes en ce monde sur médiatique ne saurait être la seule explication . D'autant que jusqu'à la fin, Marco aura essayé de défendre sa soit disant vérité . Eduard Fernández dans le rôle de Marco est exceptionnel. Avec aussi Nathalie Poza, Chani Martín .
Imposture jouée magistralement. Enrico Marco, président de l'association des déportés espagnols, prétend avoir été déporté au camp de Flossenburg, s'invente toute une histoire dangereusement mensongère. Dès la première vue, le personnage affiche le visage du mensonge et de l'hypocrisie. Même lorsque la vérité est révélée, rien ne l'ébranle jusqu'à son dernier souffle.
Une histoire incroyable et qui porte bien son titre, que celle de cet homme prêt aux plus odieux mensonges pour être aimé, admiré et pour être au centre de l'attention. Il s'enferme dans le déni même quand la vérité le rattrape petit à petit. Le personnage conserve une part de mystère, on se demande comment sa psyché fonctionne. Le film comprend quelques scènes fortes en émotion, spoiler: comme celle du déporté qui pleure au restaurant en découvrant la vérité de la bouche de Marco.
Un autre personnage très intéressant, même si on le voit peu, est celui de la femme de Enrique. spoiler: Elle connaissait probablement depuis de longues années les secrets de son mari, mais elle s'est voilée la face en voulant peut-être elle-même croire à ce mensonge, à un mari héroïque.
Film important pour réhabiliter le travail difficile et sincère mené par l'association espagnol des déportés, pour que soient reconnues les souffrances des déportés espagnols et que le pays s'acquitte de son travail de mémoire à leur égard, un mouvement à qui la révélation du mensonge de Enrique a fait beaucoup de mal.
Ce n'est pas un film qui marque par son scénario ou ses audaces de mise-en-scène. Sa force vient du simple récit d'une histoire méconnue en France mais totalement édifiante, celle d'un responsable d'association de déportés espagnols affabulateur. On est abasourdi par cette histoire vraie et la folie de ce Marco et tout l'intérêt tient à cette découverte. Le sujet aurait cependant mérité plus d'approfondissement. Au lieu de se contenter de suivre l'enquête ayant révélé la supercherie, le réalisateur Jon Garano aurait pu s'intéresser davantage au parcours psychologique d'Enric Marco pour aborder plus en profondeur la question du rapport intime des hommes à la vérité et à la culpabilité, à l'instar de Jacques Audiard dans "Un héros très discret". Une histoire passionnante, un film bien réalisé, mais plus axé sur le suspense que sur la réflexion.
Sans être un grand film de cinéma, Marco, l’énigme d’une vie passionne parce que la manipulation révèle toujours quelque chose de fascinant et de profond chez les personnes qui en usent. Le film interroge aussi sur ses mécanismes, et comment l’émotion peut prendre parfois le pas sur la vérité, et combien le travail des historiens est plus que jamais nécessaire au temps des fake-news. /
L’histoire de ce mythomane espagnol de haut vol, qui pendant de très nombreuses années va se faire passer pour un ancien déporté dans les camps nazis, est assez édifiante et mérite d’être connue. L’acteur principal est impeccable, dans le rôle de cet homme a la personnalité assez singulière, et on ne s’ennuie a aucun moment. A voir
Film à suspense d'après une histoire vraie. Très bien réalisé, très bien monté. Très intéressant de voir cet homme qui échafaude ce mensonge et la réaction de l'association et de ses proches lorsque le scandale éclate. La perspective spatiotemporelle renforce la force incroyable de cette histoire.
Individu connu en Espagne sous l'intitulé "l'imposteur" mais qui à mon avis, pourrait être aussi "l'incompris". A la sortie du film, on comprend que derrière ce personnage se cache toute une vie consacrée à la lutte contre l'Espagne franquiste. D'abord anarchiste puis syndicaliste puis....puis ancien faux déporté espagnol. Totalement méconnus des espagnols et de lui-même, Enric Marco voit dans les camps de concentration nazis une formidable opportunité pour poursuivre sa lutte anti-franquiste. Il a compris le pouvoir des mots et des symboles. Mieux que personne, il parlera pour les 9000 déportés espagnols dont beaucoup ne sont pas revenus. Bien sûr, on lui a reproché d'avoir alimenté le moulin des négationnistes mais cette histoire méritait certainement d'être portée au cinéma magnifiquement interprétée par l'acteur espagnol. .
Le parcours de cet homme est intéressant, il est ici décrit la méthode par laquelle s'insinue le mensonge dans son fonctionnement mental surtout concernant sa prétendue expérience dans un camp de concentration. L'interprétation, la réalisation sont très efficaces. Mais le mystère quant aux raisons pour lesquelles cet homme s'est ainsi comporté reste entier.