L'affaire Enric Marco avait déjà fait l'objet d'un roman très documenté de Javier Cercas, paru en France en 2015, sous le titre de L'Imposteur. Un sujet sur lequel planchent depuis un certain temps les cinéastes espagnols Aitor Arregi et Jon Garaño, avec pour première idée d'en faire un documentaire, projet qui n'a finalement pas abouti. Et c'est donc sous la forme d'une fiction qu'ils l'ont repris, avec Eduard Fernández dans le rôle principal, absolument remarquable. Le film suit cette grande imposture, celle d'un homme, président de l'association des déportés espagnols, sans avoir jamais été interné dans un camp de concentration, à partir du moment où ses mensonges sont proches d'être découverts. Avec quelques courts flashbacks, qui résument parfaitement le cheminement de ce mystificateur qui ne craignait pas de se regarder dans un miroir, sans éprouver le moindre remords. Le film retranscrit parfaitement le pouvoir de conviction de l'affabulateur et son éthique pathétique mais réussit également à en faire un individu qu'on ne peut totalement vouer aux gémonies, eu égard au bien qu'il a fait, paradoxalement, pour les vrais déportés espagnols, ignorés pendant longtemps dans leur pays, même après la fin de Franco. Avec sa mise en scène sobre et efficace, Marco, l'énigme d'une vie est une bénédiction pour tous ceux que les méandres de l'âme humaine passionnent.
Une histoire incroyable que ce film relate avec beaucoup de finesse. On en sort assez troublé par cet homme dont la psyché est tout à fait fascinante! La tension est réelle, on s'attache à ce personnage magnifiquement interprété par le comédien dont on se demande s'il n'est pas le vrai Enric Marco. Vraiment bien.
L’histoire d’un tel affabulateur compulsif ne peut qu’être passionnante, d’autant plus lorsqu’elle est racontée avec toute la science du montage de Aitor Arregi et Jon Garaño ! Un homme capable d’aller à Flossenbürg avec son épouse afin de chercher à obtenir un papier officiel comme quoi il a été retenu comme prisonnier dans ce camp. Un homme aimant se mettre en avant, aimant être sous les feux des projecteurs. Un homme parvenant à tromper son monde au point d’être nommé Président de l’association des déportés espagnols. Un homme qui reste droit dans ses bottes face aux accusations de Benito Bermejo. On est loin, bien sûr, de ressentir une énorme sympathie pour un tel personnage, mais on ne peut s’empêcher de penser que, durant de nombreuses années, de 2000 à 2005, il a fait un travail fantastique de (faux, bien sûr) témoignage sur la déportation, en particulier lorsqu’il se rendait dans des écoles en racontant à l’envie ce que disait l’allemand qui accueillait les déportés à Flossenbürg : (désignant la porte) vous êtes arrivés par là, (puis désignant la cheminée) vous repartirez par là. Faut-il voir dans ce comportement, une façon, 60 ans plus tard, de chercher à se pardonner à lui-même le choix qu’il avait fait en 1941 ? En tout cas, son interprète, le comédien Eduard Fernández est impressionnant de justesse tout au long du film. C'est là où vous savez (peut-être) pour avoir le texte en entier !
J'ajouterai au profil psychologique du personnage, très bien décrit par les contributeurs, une autre dimension, le sentiment de culpabilité de Marco. Cela est très fréquent chez les victimes (de terrorisme, déportation, accident etc.) qui survivent alors que d'autres meurent. Je pense qu'il en est de même pour Marco, même s'il n'en a pas vraiment conscience. En quelque sorte, il rachète le fait qu'il n'a pas été déporté et mort comme un grand nombre d'espagnols. Son affabulation, lui a permis de contribuer à la reconnaissance des droits de ces compatriotes qui eux vécurent l'enfer des camps, et à permettre l'hommage aux victimes de l'Holocauste.
J'ai trouvé le temps parfois un peu long. Il n'y a aucune tension dans ce film, probablement car on sait dès le début que c'est une histoire d'imposture. Le couple que le personnage principal forme avec sa femme est assez difficile à croire, faute d'acrage et de profondeur (un vieux schnock bedonnant avec une belle femme cultivée, de 30 ans de moins que lui... Pourquoi pas, mais il faut donner un peu de grain à moudre pour y croire). Le personnage de sa femme est ambigu et aurait mérité d'être creusé mais le réalisateur l'a réduite à un rôle de silhouette parlante. Bref, une narration qui s'essouffle assez vite, faute de profondeur.
Autant je n'avais absolument pas été convaincu par le précédent film d'Aitor Arregi, Jon Garano et José Mari Goenaga, autant celui-ci est parvenu à me séduire progressivement, parce que l'histoire de cet homme est dingue, parce que l'acteur qui l'incarne, Eduard Fernández, a probablement rencontré là le rôle de sa vie. Et puis il y a le rythme, la mise en scène, cette nervosité qui permet au film de ne pas tomber dans les travers habituels du biopic, celui qui se contente de dérouler un parcours sans point de vue. Ici il y en a un, par exemple quand les dialogues évoquent avec malice "La Vie est belle" de Benigni ou dans ce carton qui dit beaucoup des intentions au-delà du clin d'œil : « En 2024, une fiction a été réalisée sur ces évènements. Bien qu'inscrite dans une démarche de véracité, il était inévitable de tomber dans l'affabulation. ».
Marco est président de l'association des déportés d'Espagne. Dans le cadre de ses fonctions, il est amené à intervenir dans des écoles et des institutions pour raconter son vécu dans un camp de concentration. Un historien le contacte afin d'avoir des informations complémentaires car des morceaux de son histoire ne collent pas. En salle le 7 mai.
spoiler: "Marco, l'énigme d'une vie" raconte la manière dont Enric Marco s'est approprié l'histoire de la déportation des espagnols. Le film s'intéresse à la craquelure de son imposture sous les investigations d'un unique individu et de sa tentative pour récupérer les documents qui le disculperaient. J'ai aimé que l'on nous montre qu'à une époque personne ne parlait de ce sujet, on comprend comment Marco a pu penser qu'il ne serait jamais inquiété. Jusqu'au bout, cet homme aura cru à son innocence. Malheureusement, le film est linéaire, répétitif, pas passionnant si on retire son aspect documentaire.
Ce film espagnol raconte une histoire vraie : l’imposture d’Enric Marco (1921-2022), un garagiste catalan, qui prétendit avoir été déporté à Flossenburg, un camp de concentration allemand pendant la Seconde guerre mondiale, et qui présida même l’association des déportés espagnols mais qui fut démasqué par les travaux d’un historien opiniâtre, Benito Bermejo. Marco avait émigré volontairement en Allemagne en 1941 pour y travailler dans l’industrie d’armement et, s’il fut emprisonné à Kiel pour un crime de droit commun, ne connut jamais la déportation. La révélation de sa supercherie en 2005 fit scandale et inspira à l’écrivain catalan Javier Cercas un best-seller, "L’Imposteur".
Les deux réalisateurs ont hésité sur la forme de leur film. Ils avaient même commencé un documentaire en interviewant Enric Marco et ont finalement opté pour la fiction confiant au grand acteur espagnol Eduard Fernandez ("Truman", "L’Homme aux mille visages", "Lettre à Franco") le rôle de Marco.
Ils auraient pu laisser planer le doute : Marco a-t-il oui ou non été déporté à Flossenburg ? Mais, dès le début du film, ce suspens là est levé : on sait dès la première image que Marco ment et essaie à tout prix de dissimuler la vérité. Le film choisit un autre suspens : l’inévitable révélation de la supercherie de Marco qui risque de percuter la commémoration du soixantième anniversaire du camp de Mauthausen en mai 2005 à l’occasion duquel Marco doit prononcer un discours et auquel le premier ministre espagnol doit participer. Deux autres fils sont tendus grâce à une série de flashbacks : comment Marco s’est-il lentement enfoncé dans son mensonge ? et comment réagit-il à la dénonciation de son imposture ?
La figure de l’imposteur est une figure éminemment romanesque. On pense à Jean-Claude Romand, faux médecin à l’OMS, qui inspira à Emmanuel Carrère son chef d’oeuvre, "L’Adversaire", et pas moins de deux adaptations cinématographiques, "L’Emploi du temps" de Laurent Cantet et "L’Adversaire" de Nicole Garcia (avec Daniel Auteuil). On pense aussi à cette mythomane qui prétendit avoir été victime de l’attentat du Bataclan qui inspira deux livres, l’un de Constance Rivière, l’autre d’Alexandre Kauffmann dont fut tirée la série avec Laure Calamy, "Une amie dévouée". On pense enfin à l’incroyable Dom Juan polygame brésilien traqué jusqu’en Pologne par Sonia Kronlund, "L’Homme aux 1000 visages" (à ne pas confondre avec le film espagnol homonyme de 2017 précité avec Eduard Fernandez). Les deux dimensions symétriques de ces histoires vraies nous fascinent et nous glacent : comment l’imposteur a-t-il réussi à mentir tout ce temps ? comment ses proches se sont-ils aveuglés aussi longtemps ?
À l’heure de la post-vérité et des fake news, la figure de l’imposteur nous fascine d’autant plus qu’elle nous séduit. Car, Enric Marco comme Milli Vanilli (ce boys band du début des années 90 devenu célèbre pour des chansons qu’il n’interprétait pas) est séduisant. Ses témoignages sur son expérience des camps de la mort ont ému des milliers de collégiens. Et le miroir qu’il nous tend sur notre crédibilité nous fragilise : qu’importe au fond, nous dit-il, que j’aie vraiment été incarcéré dans un camp dès lors que le récit que j’en fais est convaincant ?
Gestation de plus de 20 ans de cette dramatique basée sur l' imposture révélée en 2005, sur une sérieuse recherche documentaire, sur des témoignages et révélations, par Aitor Arregi et Jon Garaño. Portrait assez bluffant et pathétique d' Enric Marco interprété a priori très fidèlement par Eduard Fernández. La caméra s'installe très généreusement autour de ce personnage complexe, scrutant et livrant subtilement chaque mouvement du visage, particulièrement, trahissant la moindre prise de conscience de ce malade, qui poussé le "cochon" un peu loin, avec ses amis et surtout sa famille dans son sillage. Sa stature et sa force de conviction ne sont pas sans rappeler le grand Staline ou d' autres pâles figures de la guerre froide. J'ai adoré cette mise en scène minutieuse, froide, et la beauté de la photographie, excusant quelques longueurs, c' est vrai. Quelle magnifique interprétation autour d' une affaire peu connue dans ce contexte communautaire de mémoire...... !!**
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“Les souvenirs, c’est du béton armé recouvert de velours.” — extrait (inventé) du Courrier du 6e Balcon. Il y a ce moment — ridicule et sublime — où Marco, sous le poids de ses propres mensonges, ne s’effondre pas. Il s’ajuste. Comme un meuble bancal sur un sol penché. Ce film-là, Marco, l’énigme d’une vie, ne redresse rien. Il penche avec lui. Et dans ce déséquilibre, quelque chose se révèle.
Le pitch ? Oublie-le. Il est secondaire, voire suspect. Disons : un homme s’invente une vie. Une imposture historique. Un héros de carton. Un mythe pour salons feutrés. Mais ce n’est pas ça l’essentiel. Le cœur du film bat ailleurs, dans les interstices entre vérité et récit, entre documentaire maquillé et fiction nue. Aitor Arregi et Jon Garaño, les réalisateurs, ne nous racontent pas une histoire : ils nous piègent dans ses couches.
Le scénario ne se contente pas de rebondissements : il enchaîne les effacements. Ce qui est montré n’est jamais sûr. Ce qui est dit l’est trop. Chaque séquence est un masque, chaque plan une mise en doute. L’intrigue devient fractale, un labyrinthe à l’architecture brutaliste. On s’y perd avec un plaisir coupable. La mise en scène frôle le fétichisme du détail : papiers, textures, visages. La photographie de Javier Agirre Erauso travaille l’ombre, les lumières indirectes, les ambiances feutrées comme des non-dits.
Et puis il y a lui. Eduard Fernández, glaçant de justesse. Il joue un homme qui joue un rôle : mise en abyme parfaite. Sa diction est un effet sonore en soi. En face, Chani Martín incarne la rigueur de l’historien, l’exactitude inconfortable. Les scènes entre eux sont des duels immobiles. Le jeu d’acteur, ici, n’est pas démonstratif. Il est insinuant.
La bande originale ? Elle s’efface. Aránzazu Calleja cisèle une musique presque honteuse d’exister, comme si elle craignait de déranger. Et pourtant, à l’écoute attentive, chaque note frappe juste, comme un silence brisé au scalpel.
On pourrait croire à une dénonciation. Mais non. Le film ne juge pas. Il invite. À ressentir. À douter. À penser — ou croire penser. C’est un film qui se dérobe, qui laisse des traces floues. Il fait ce que le bon cinéma ose : il trouble.
Tu t’attendais à un biopic bien rangé ? Moi aussi. Grosse erreur.
Alors... chef-d’œuvre ou supercherie ? Peut-être les deux. Et si c’était ça, la leçon de cinéma ? Rien n’est laissé au hasard. Même pas le mensonge.
Les affabulateurs ont toujours existé, et celui-là a sans doute fait son petit scandale en Espagne mais au niveau mondial ça reste un fait divers comme un autre. D'ailleurs il serait sans doute ironique de savoir comme se porte cette association depuis ?! Le film occulte tranquillement ce détail... Néanmoins, le destin de ce Enric Marco est plutôt passionnant et le scénario est intéressant, avec un montage narratif judicieux puisqu'il permet de créer de l'intérêt, de casser un peu un rythme qui aurait sans doute été trop linéaire et classique. Tout repose sur Enric Marco/Fernandez, ce qui lui donne encore une aura qui'il doit savourer outre-tombe alors qu'on aurait pu imaginer une importance plus importante de l'historien par qui tout arrive. Mais le récit pose des questions passionnantes, comme la reconnaissance ? à quel point devient-on un traître ? De la morale ? et finalement a-t-il plus apporté à l'asso que le contraire ? Cette dernière question pourrait être mise en parallèle avec la célèbre réplique dans "L'Homme qui tua Liberty Valance" (1962). A conseiller ne serait-ce que pour la singularité du sujet. Site :
«Mytho?» Le patron de l’Association des rescapés espagnols des camps de concentration nazis a-t-il jamais été vraiment interné dans un camp? C’est la question qui se pose alors que lui se démène pour communiquer et faire reconnaître cette association, jusqu’à obtenir que le président Zapatero préside un mémorial international des camps. Sujet très intéressant (sa vérité est-elle plus importante que son action?) et un page d’histoire peu connue des 9000 victimes espagnoles des camps nazis
En 1997, Jacques Audiard dans " un héros très discret" relatait l'histoire d'un individu qui s'inventait un passé de résistant pendant la seconde guerre mondiale.
Ici, c'est un espagnol qui se fait passer pour un ancien déporté des camps nazis. L'histoire sera largement médiatisée de l'autre côté des Pyrénées et laissera pantois de nombreux observateurs.
Il faut évidemment chercher l'explication à l'aide des catégories de la psychologie ou de la psychiatrie pour voir un peu plus clair dans la structure de personnalité du personnage.
Le narcissisme est évident, le mensonge qui frise avec la mythomanie et assoie la manipulation.
Il y a même sans doute un trait pervers à ce triste sire qui se fiche comme d'une guigne du mal qu'il fait autour de lui.
Le film maintenant. Porté par son sujet et son acteur principal, " Marco" est servi par son sujet, mais la réalisation est trop souvent plan-plan, sans allant et manque d'inspiration.
Ça se laisse voir ( les dernières soixante minutes sont les plus réussies) bien que le manque de suspens alourdisse malheureusement le propos.
Présenté à Venise (2024), " Marco" a obtenu deux Goyas ( les Cesars espagnols).
Dans son film précédent "une vie secrète" le réalisateur espagnole Aitor Arregi contait l'histoire incroyable de ces résistants à Franco qui avait vécu terrés au fond de leur domicile, certains hésitant même à sortir à l'extérieur à la fin de la dictature. Avec "Marco" c'est une histoire tout aussi incroyable mais filmé avec la même exigence et la même photographie ( impeccable!) . Enric Marco est un rescapé des camps nazis qui ne boude pas son énergie pour valoriser l'association des déportés espagnols, avec moults interventions dans les écoles et lobbying auprès des instances internationales. Alors que l'objectif de sa vie associative - faire de l'Espagne le pays invité des célébrations des camps, un historien commence à déterrer son passé spoiler: et à douter de son histoire. Le film joue sur un suspens assez vite éventé mais reste passionnant dans l''observation du comportement d'Enric Marco qui se débat dans ses mensonges et manœuvres auprès de ses collègues et proches pour retarder au maximum l'éclatement de la vérité. Le film ne se termine pas avec la chute de Marco car celui ci va continuer à vouloir occuper la lumière malgré tout, sorte de médiocre Don Quichotte
Pendant la Seconde Guerre mondiale, environ 9 000 Espagnols sont passés par les camps de concentration, en majorité en provenance de France où ils s'étaient exilés après la guerre civile en 1939. Parmi eux, un tiers a survécu aux camps de la mort mais ils n'ont pas pu retourner en Espagne où Franco les considérait comme des ennemis. Ce sont eux qu'Aitor Arregi et Jon Garano ont voulu mettre en lumière dans ce biopic. Ils précisent : Reconnaître son histoire n’est pas seulement une question de mémoire, c’est une question de justice. Nous ne pouvons pas oublier ce qu’ils ont vécu, ni le fait que leurs souffrances n’ont pas pris fin avec le nazisme, mais ont continué à cause d’un régime qui les a laissés de côté. Pour écrire ce film, les deux cinéastes basques ont écrit un biopic sur un personnage aussi bluffant que pathétique, le dénommé Enric Marco, président en 2005 de l’association des victimes espagnoles de l’Holocauste. À l’approche d’une commémoration, un historien conteste son passé d’ancien déporté. Marco se bat alors pour maintenir sa version alors que les preuves contre lui s’accumulent… A l’heure des fake-news et de la pos-vérité, on constate que tout n’a pas commencé avec les années Trump. L’écriture a duré plus de 20 ans, tant la complexité morale du personnage rendait l’adaptation délicate. La matière brute a été fournie au scénario par 15 heures d’interviews approfondies avec Marco lui-même. Le personnage présenté dans ce film se situe donc à mi-chemin entre le Marco réel et celui qu'il a lui-même inventé à travers ses mensonges. Le film s’inscrit donc davantage dans une réflexion collective sur la mémoire, le besoin de reconnaissance, et la manipulation de l’histoire officielle. Voici donc une allégorie passionnante sur ce que j’appellerai la « post-vérité ». Le résultat plus que brillant est plus que troublant sans qu’on parvienne à trancher pour avoir si ona affaire à un mythomane ou un pur salaud. Excellent. Oui excellent grâce à l’incroyable Eduard Fernández, qui porte le film de bout en bout brillantissime dans le rôle d’un menteur pathologique. Il est entouré par une pléiade de comédiens et de comédiennes tous parfaits avec entre autres Nathalie Poza, Chani Martín, Jordi Rico… Ce drame de l’Histoire est baigné d’opacité psychologique sans chercher à l’expliquer, et d’ambigüité morale sans pour autant porter de jugement.