Un film choral qui met du temps à demarrer ! Roumain en Sous-titré français, plusieurs personnages, plusieurs histoires, rien qui nous accompagne vraiment au debut, des scenes un peu inutiles. Mais une fois la premiere demi heure passée, on est lancé dans une aventure amusante et tendue, riche en details qui ont toute leur importance sous la dictature roumaine. Un bon film historique.
Nous sommes fin décembre 1989, Bucarest perçoit tout juste les échos des manifestations et la rumeur d’une répression à Timisoara...dans les studios de la télévision nationale roumaine, on a mis en boite le programme du réveillon à la gloire de Ceausescu, mais l’animatrice vient de passer à l’Ouest...En catastrophe l’équipe dégote une actrice vaguement ressemblante pour tourner les gros plans...L’officier de la Securitate , Ionut Dinca, vient persuader sa mère de déménager de sa villa promise à la démolition pour répondre au délire de remodelage de la ville par Ceausescu et être reloger dans un bloc neuf...le déménageur mobilisé découvre en rentrant chez lui que son garçon de 7 ans a posté une lettre au Père Noel, demandant comme cadeau pour lui-même une locomotive , pour sa mère un nouveau sac à main car l’ancien s’est déchiré, et pour son père Gelu, que le vieux Nico meurt car c’est ce qu’il souhaite...des histoires absurdes comme celles-ci, le premier long métrage de Bogdan Muresanu en recèle quelques autres...entremêlant en ces journées des 20 et 21 décembre 1989, les destins de personnages confrontés à un régime autoritaire qu’ils ne savent pas déliquescent , la force comique et dramatique du film tenant au fait que les personnages se soumettent à un ordre, que nous spectateurs, savons qu’il vit là ses derniers jours....le ton est grinçant, le rythme , caméra à l’épaule , efficace... le film détone par son humour à froid et son approche très directe de l’Histoire dans « la tradition roumaine de l’humour noir » Le film a obtenu le prix Orizzonti à la dernière Mostra de Venise.
A quelques heures de la chute du sanglant dictacteur roumain Ceaucescu, le spectateur suit plusieurs personnages de la société civile qui se débattent dans leur vie quotidienne avec les contradictions et les absurdités du régime totalitaire. Un premier film réussi, notamment dans sa capacité à restituer un univers gris, uniforme et terriblement ennuyeux. Les seules libertés étaient finalement la mort, la fuite ou la folie. Un témoignage indispensable sur le "bonheur" dans les républiques socialistes soviétiques.
Film choral qui évoque, à partir d'une tranche de vie de plusieurs personnages, le contexte humain qui régnait lors de la chute du régime de Ceaucescu en Roumanie.
C'est réussi, certaines scènes sont mêmes particulièrement savoureuses, dans ce titre qui constitue pour ma part une très bonne surprise.
On est en présence ( selon moi) de ce que le cinéma roumain qui est arrivé jusqu'à nous a produit de plus accompli.
Une très bonne mise en scène et des acteurs geniaux mettent en valeur ce film sur les derniers jours de ceacescu . Quelques moments droles, tristes, insolites. Bref on ne s ennuie pas devant ce film.
Film assez décousu sur la Roumanie de 1989. Les rapports entre les gens sont malaisants, les hommes sont violents avec leurs femmes, femmes et hommes boivent beaucoup d'alcool, les fils ne se soucient pas beaucoup de leurs parents une fois adultes... Des longueurs. Ça ne m'a pas trop plu.
Un film choral séduisant et grinçant mais manquant un peu de rythme qui suit plusieurs personnages ordinaires dont les destins s’entrecroisent à la veille d’un bouleversement historique qu’aucun ne peut encore pleinement saisir. 2,75
Il y a quelques bonnes idées, mais elles sont dans l'ensemble mal exploitées. La réalisation est aussi terne que le régime de Ceaucescu. On aurait aimé voir les notables retourner leurs vestes et se livrer à toutes sortes de manoeuvres pour conserver leurs places. De plus, le changement de régime est fortement idéalisé, puisque, dans la réalité, la plus grande partie des cadres, policiers et chefs militaires qui soutenaient le "génie des Carpathes" sont restés en place. On imagine ce qu'aurait pu faire un réalisateur comme Dino Risi avec un sujet pareil...
En ces temps où certains sont tentés par un retour aux régimes autoritaires, il est bon de faire des films pour en montrer la réalité. "Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé" est exactement cela : une plongée dans le quotidien d'un État policier où la parole et les déplacements ne sont pas libres. Un monde où une naïve lettre au père Noël de votre fils peut vous envoyer en prison, où vous êtes tenu de participer à des célébrations d'une régime que vous abhorrez, où vous ne pouvez plus faire confiance à personne (ni votre fils, ni un simple chauffeur de taxi) car à Bucarest "une personne sur dix est un espion et une sur quatre est un mouchard"... Pour décrire cette société d'oppression, le cinéaste en passe par quatre destins croisés, et très très lointainement connectés. Le dispositif fonctionne très bien, ce qui fait qu'on ne s'ennuie jamais dans ce film de 2h20. spoiler: Le final est d'ailleurs très bien orchestré.
On peut être dérouté par le décalage entre l'annonce d'un film d'humour noir (bande-annonce, presse) et la réalité plus sombre de ce que l'on voit. L'humour est très très parcimonieux dans ce film surtout noir. Un autre petit décalage, qui paraitra peut-être dérisoire, tient au fait qu'il est bizarre de voir un film qui se passe dans le morne et glacial hiver d'Europe centrale, sous un ciel plombé par les nuages, quand on est en fin de printemps sous le soleil et désormais les 31 degrés de début mai... Une sortie en plein mois de novembre ou janvier aurait aidé. Tout ceci étant dit, il s'agit là d'un bon film qu'on reverra sans doute d'un autre œil quand on sera tous sous le diktat de régimes fascisants où une majorité d'électeurs nous aura entraîné, et qu'on se dira qu'on avait pourtant été prévenus... Mais bon, à ce moment-là, ce genre de films sera interdit, et donc cette prise de conscience ne s'opèrera même pas... Gloups.
Portrait de la Roumanie juste avant la chute de Ceausescu Ce premier film du roumain Bogdan Muresanu a fait le tour des festivals et n’en est pas rentré bredouille. Dans ce récit haletant où tragique se mêle à un humour noir savoureux, dans une forme chorale, il conte la vie de six personnages dans les quatre jours précédant la chute de Ceausescu. Comme « Good bye Lenine » est le film qui incarne la chute du régime est allemand, celui-ci pourrait bien être le chainon manquant de la révolution roumaine. Plongé dans ce moment où une dictature vacille, prête à s’effondrer ; nous, spectateurs, connaissons l’issue imminente a contrario du peuple ; le spectateur, sachant, est placé devant ce moment crucial de l’histoire roumaine avec beaucoup d’intelligence. Traité sous forme de farce, c’est truculent et absurde. Deux scènes vont rester graver longtemps dans ma mémoire comme de grand moment d’écriture : l’actrice prête à tout pour éviter de chanter les éloges du dictateur pour la télé nationale ; et la lettre du père Noël du petit, une lettre sous forme de bombe. Ce film dit au combien une dictature s’immisce dans chaque interstice du quotidien de ces six personnages et infuse le privé, le professionnel et l’intime. Il raconte de manière très précise et chirurgicale tous les aspects d’une vie sous la dictature. Porté par un gros travail sur l’esthétisme ; l’image, le son et la musique ; puis le montage alterné montre bien que toutes ces existences sont imbriquées. Par contre la mise en scène reste assez académique. Muresanu a voulu reproduire l’image de l’époque ; donc on est en 4 :3 jusqu’au final passant en 16 :9, symbole d’enfermement dans un premier temps et de liberté et d’ouverture des horizons dans son final. Cependant, j’ai eu beaucoup de mal avec le grain d’un autre temps, la colorisation en vue de coller à une époque, et pire que tout, cette caméra épaule souvent tremblotantes aux cadres approximatifs. Musicalement, le film se termine par le « Boléro » de Ravel, classique qui a inspiré le metteur en scène. Et c’est vrai que lorsque le célèbre morceau arrive dans les 20 dernières minutes ; c’est une révélation, la structure du film est construite comme un crescendo orchestral et livre un vrai feu d’artifice final. Dans un film choral, quelques histoires prennent toujours le dessus ; dans cette cocotte-minute prérévolutionnaire, sans conteste, le personnage de l’actrice est le plus ample et le plus intéressant. Un vrai bon moment qui met l’accent sur la difficulté de se soustraire de ceux qui sont à la botte des dictateurs en place.
C’est l’événement qui fait le film, et les histoires qui tournent autour. Pour tout dire, ce qui est présenté est assez effrayant mais très plausible. Malheureusement, le rythme assez faible et la manière de filmer (« à l’ancienne ? ») rend l’ensemble assez laborieux. C’est un peu dommage. Au bout du compte, je vais me replonger dans le récit des événements évoqués dans le film.
Belle mise en perspective de la cruauté dérisoire mais bien réelle et des petits accommodements quotidiens a une dictature à bout de souffle. Scénario riche, sévère, souvent drôle et à un point hilarant. Du cinéma de haute facture.
Bogdan Mureşanu nous replace en décembre 1989, après la chute du mur de Berlin, dans cette Roumanie sombre, socialiste, en ébullition, notamment lors des célèbres évènements de Timișoara. Entre drame et humour, de nombreuses scènes sont juste extraordinaires, la caméra se glisse dans au cœur de l’ action, dans ces préparatifs de Noël, mais aussi des déménagements forcés, et les images glaçantes de cette dictature de Nicolae Ceausescu l’ illustrent admirablement, aussi bien dans les décors, les R12 de Dacia ( les 1300 ) bonnes à tout faire ( taxis, berlines, camionnettes, Police ), les appartements « vintage », et ce froid vif et mordant. Il m’ a fallu un certain temps pour m’ adapter à ce rythme d’ un autre temps, aux rapports hommes/femmes si déséquilibrés, aux conditions de vie, avec les coupures électriques ou de gaz, ce que vivent des pays en guerre actuellement…. Cela parait si loin, et pourtant ça existe encore ! Un climat sombre, de complots, de délations et de peur, où les acteurs réussissent à nous faire sourire, dans leurs interprétations de l’ absurde, en bande large, de l’ idiotie plate au drame, de la crainte à la mort. Sans compter la riche idée de mélanger dans les studios de télé, les tentatives de montage de scènes à la gloire de la dictature, et le direct en parallèle, où tout va basculer. Quel moment de cinéma. Incontournable ! Cerise sur le gâteau : une réelle lettre au père Noël, toute simple, et si lumineuse de vérité. Je retiendrai pour ma part « une petite étincelle pourrait tout faire exploser »…… Extra…. !!**