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jpdeg
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5,0
Publiée le 16 février 2025
Revivre une page histoire vécue il n'y a pas si longtemps peut se révéler décevant ou enthousiasmant. Personnellement, j'ai été enthousiasmé par ce film. Bogdan Muresanu, réalisateur de "Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé" a réussi à m'emporter dans cette fin d'année 1989, après la chute du Mur de Berlin, dans une Roumanie corsetée par la dictature de Nicolae Ceausescu où tout le monde soupçonne tout le monde et dénonce à qui mieux mieux. Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé faisait partie des dix films sélectionné pour le Festival des Nouveaux Talents d'Annonay, Ardèche (Festival du Premier Film) et ce fut une projection prenante, surprenante, réussissant même à faire rire et sourire. Le parcours de chacun des principaux personnages est remarquablement mené dans une ambiance d'époque parfaitement réussie. Bogdabn Muresanu, présent lors de la projection, a été acclamé et son film le méritait bien.
En novembre 2023, l'Arras Film Festival présentait Libertate, un film roumain qui évoquait les débuts de la révolution de 1989, à travers un récit choral. Un an plus tard, toujours à Arras, un nouveau film roumain, sur le même mode, aborde la dernière journée avant le basculement, à Bucarest et dans ses environs. Plusieurs personnages, d'âge et de conditions dissemblables, nous sont donc présentés à l'écran et il faut un certain temps pour identifier ceux que l'on va retrouver au fil des minutes, sachant que les interactions entre les différents protagonistes sont plus ou moins importantes. Le réalisateur, Bogdan Mureşanu, est assez habile pour varier les tonalités, les moments les plus absurdes succédant aux plus dramatiques mais c'est bien la veine tragi-comique qui est la plus efficace, permettant de s'immiscer dans les foyers ou la télévision roumaine, alors que, par prudence, gloire est toujours rendue à Nicolae Ceaușescu, en public, et beaucoup moins, euphémisme, dans les cercles privés. Ce nouveau film consacré à cette période cruciale de l'histoire contemporaine de la Roumanie n'est sans doute ni le meilleur ni le dernier à traiter du sujet mais il faut accorder à Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé la capacité de parvenir à faire que notre intérêt aille crescendo, jusqu'aux très émouvantes séquences finales.
À travers Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé, Bogdan Mureșanu signe un premier long métrage d’une richesse rare. Mêlant habilement humour noir et tension historique, il capte avec finesse l’atmosphère crépusculaire des derniers jours du régime Ceaușescu. Le choix du format 4:3 étouffant, la caméra portée et l’esthétique proche du documentaire immergent le spectateur au cœur d’une société paranoïaque, où la peur et l’absurde cohabitent jusque dans les gestes les plus banals.
Le film impressionne par son écriture chorale, parfaitement maîtrisée : six destins ordinaires se croisent dans une fresque tragi-comique portée par la montée inexorable du Boléro de Ravel. Une montée en tension magistrale qui culmine avec la fameuse scène du discours de Ceaușescu, moment-clé de la révolution roumaine.
Bogdan Mureșanu parvient à éviter tout didactisme. Il préfère ausculter l’humain dans ses contradictions : entre terreur, espoir et résignation. L'ironie douce-amère du film – où les personnages vivent la tragédie sans savoir que l’histoire leur réserve une issue heureuse – touche profondément.
La reconstitution historique est impressionnante de précision sans jamais écraser le récit. Quant au casting, il sonne juste du début à la fin, incarnant à merveille cette humanité vacillante au bord du chaos.
Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé est une œuvre forte et sensible, qui nous rappelle que la conquête de la liberté n’est jamais anodine, et que l’histoire s’écrit souvent dans le fracas mêlé d’absurde et d'espoir. Un film qui mérite largement d’être vu et revu.
A vu « Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé » premier film du réalisateur roumain, Bogdan Muresanu. Film puzzle, film coup de poing, film de Maitre. C’est à peine croyable que ce long métrage soit un premier film tant il est d’une grande maturité et totalement maitrisé. Le scénario combine 6 personnages, 6 histoires, 6 destins qui vont tous se côtoyer dans les 20 minutes d’une conclusion magistrale. Le montage nous fait très vite passer d’une histoire à l’autre avec fluidité ingéniosité et logique. 20 décembre 1989 à Bucarest. Le couple Ceausescu est au pouvoir pour sa dernière journée. Dès la première minute du film qui s’ouvre sur un matin comme les autres, nous entrons de plein fouet dans une atmosphère de tension, de fébrilité où le peuple à peur de son dictateur, de sa hiérarchie, de son voisin, de son conjoint… Un réalisateur de télévision prépare une émission de Noël propagandiste, une vieille dame est expulsée de chez elle, un enfant écrit sa lettre au Père Noël, un étudiant cherche à fuir le pays, une comédienne est en plein doute, un ouvrier en bâtiment en crise de panique… Avec humour et profondeur ces personnages universels vont être acteurs malgré eux et/où spectateurs de cette journée historique. Le format carré 4:3 enferme les protagonistes et la caméra à l’épaule suit au plus près les visages inquiets et renfermés. La coda verra le format de l’écran passer en 16:9 (rectangulaire) et la caméra se poser totalement, comme si les personnages avaient tout à coup un peu plus de place pour respirer au son d’un Boléro de Ravel entêtant. Boléro qui comme chacun le sait tourne en boucle sur lui même avec un effet d’accumulation au fur et à mesure que les instruments entrent en scène, un peu comme une voix, plus un voix peuvent créer une révolution. C’est judicieux et très imparable. Les situations sont truculentes et dramatiques, absurdes et angoissantes. Le spectateur est balancé entre rires amers et frissons. Film choral où la distribution est absolument homogène et épatante. Je retiendrai Nicoleta Hancu dans le rôle de Florine l’actrice prise dans un dilemme ingérable, Emilia Dobrin dans celui de la vieille dame fatiguée mais résolue et le petit Luca Toma. Un très grand film et peut être même un chef d’oeuvre.
Les dernières heures du régime de Ceaucescu vécues par divers personnages représentant différentes catégories de la société roumaine. L'angoisse, la colère réprimée, le désespoir sont encore palpables avant que soudain tout bascule. L'heure est grave, mais une sorte de comique de l'absurde fait office de soupape, et le cinéaste réussit avec maestria un numéro d'équilibriste entre comédie et tragédie. Un film très réussi.
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2,0
Publiée le 9 janvier 2025
S'il n'y a pas de fumée sans feu, on a déjà dépassé ce stade dans la Roumanie de 1989 lorsque le pays vivait un moment charnière et historique après les événements de Timișoara. Bogdan Muresanu suit plusieurs personnes pour montrer comment ils ont vécu la fin de la dictature dans leur pays à travers des histoires qui s'entrecroisent parfois. Au centre du récit, il y a l'enregistrement de l'émission de fin d'année avec des changements forcés en raison des circonstances... Comme pour un film à sketches, il y a ce risque d'avoir des histoires inégales et c'est exactement le cas ici. Déjà, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le film avec une introduction brusque et la présentation trop rapide de nombreux personnages. Malheureusement, à part une ou deux histoires, je n'ai pas trouvé la plupart des vignettes très intéressantes que ce soit à cause de l'écriture de certains protagonistes ou de la faiblesse des enjeux par rapport au changement qui est en train de se produire dans le pays. L'effet miroir ne fonctionne pas et cela donne un film languissant auquel je n'ai finalement pas accroché.
Six personnages, six destins dans les tourments de l'Histoire, celle de leur pays, en quelques jours qui vont amener à la chute du dictateur communiste. Six personnes qui sont six facettes du peuple roumain qui vivent dans la peur ou l'angoisse alors que le pays semble se réveiller de sa torpeur. Un massacre, des rumeurs, et finalement quelques soubresauts font apparaître une lueur d'espoir que tous ne voient pas arriver ou que certains ne veulent pas croire. Le scénario est assez génial car il touche du doigt la grande Histoire à travers des destins authentiques, où la lâcheté côtoie le courage, où la peur se mêle à l'espoir. Mais surtout le réalisateur avec son panel représentatif mixe les genres, de la chronique historique il y a aussi un peu de comédie satirique, du drame social, du pamphlet à l'humour noir mais également une pincée de dérision et un brin de fantaisie. Le film ne pêche finalement que par une longueur qui instaure une certaine lassitude en milieu de film où le récit tourne un peu en rond avant une dernière partie enlevée et savoureuse. Un très bon moment ludique qui réussit la gageure de divertir autant qu'apprendre. Site :
Le 21 décembre 1989, en direct à la télévision roumaine, le dictateur Nicola Ceaușescu est hué par la foule. Il sera exécuté quatre jours plus tard avec sa femme après un procès expéditif. Ce Nouvel An qui n’est jamais arrivé, Grand Prix du dernier festival de Venise, suit pas à pas la vie de six Bucarestois ordinaires la veille de la chute du régime : un ouvrier dont le fils vient d’envoyer au Père Noël une bien embarrassante missive, un réalisateur à la télévision nationale obligé de retourner dans l’urgence la soirée du Nouvel An et de trouver une nouvelle actrice après la défection de la précédente, son fils qui a décidé de fuir le pays, un employé de la Securitate, la police secrète, sa mère qui refuse d’abandonner la maison où elle a toujours vécu….
On connaît la richesse du cinéma roumain depuis la Palme d’or ô combien méritée attribuée en 2007 à Christian Mungiu pour "Quatre mois, trois semaines, deux jours". On sait que la fin du régime de Ceaușescu est un de ses sujets de prédilection. Ainsi "12h08 à l’est de Bucarest" (2006) de Corneliu Porumboiu montrait avec une cruelle ironie comment les Roumains avaient souvent héroïsé leur participation à la chute de la dictature.
"Ce Nouvel An…" a une texture quasi documentaire. Il vaut d’abord par son échantillonnage sociologique : quatre hommes, deux femmes, de tous les âges et de tous les milieux. Parmi eux, un, l’employé de la Securitate, sert le régime, deux autres, l’actrice et le fils, le détestent, les trois autres le subissent avec résignation. Il vaut surtout par la finesse des caractères dépeints : ni héros, ni salaud, chacun a ses raisons et interroge celles que nous aurions eues si nous avions été dans la même situation. Défendre des valeurs, certes ; mais surtout sauver sa peau et celle des siens face à un avenir encore inconnu.
"Ce Nouvel An…" souffre d’une faiblesse structurelle. On en sait par avance la fin. On sait comment l’histoire se finira et on sait qu’elle se finira « bien », par la chute du dictateur et la fin de la dictature. Cette connaissance rétrospective éclaire d’un jour moins dramatique les événements traversés par les six protagonistes. Le drame devient moins dramatique (on ne tremble pas quand Laurențiu est arrêté), la comédie plus drôle. Il est caractéristique que l’épisode le plus réussi du film soit le plus ironique : la lettre au père Noël du fils de Gelu l’ouvrier.
Excellent 1er film du réalisateur Roumain Bogdan Mureşanu qui réalise là un film Choral truculent et dominé par un sens de l’absurde imparable à travers une Chronique tragicomique des derniers jours du régime de Ceauşescu !
Un film passionnant sur le papier, mais bien ennuyeux une fois en salle, bavard et long pour ne rien dire, quelques très rares scènes intéressantes dont l’épilogue mais qui joue sur la facilité du boléro de Ravel pour émotionner.
Difficile d'apprécier si pas roumain et vue en vo. Personnages mal définis , rythme lent , différentes histoires qui mène a la scene finale mais qui n'ont pas de lien. Long et pas passionnant.
Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, le roumain Bogdan Mureşanu a choisi de concentrer son récit sur les journées des 20 et 21 décembre 1989. Le rideau de fer a été définitivement ouvert 3 mois 1/2 auparavant et le mur de Berlin est tombé un mois 1/2 auparavant. Par contre, la Roumanie de Ceauşescu est toujours vivante. En suivant le destin de 6 personnages sur ces 2 jours de décembre, Mureşanu va nous expliquer comment la chute brutale du régime s'est amorcée. Un étudiant a décidé de partir à l'ouest ; son père, réalisateur à la télé d'état, a un gros problème, la comédienne choisie pour un film de propagande ayant fui le pays ; un inspecteur de la police politique doit déménager sa mère, malade et très réticente à ce déménagement, depuis sa maison sur le point d'être démolie dans le cadre d'un programme imposé par Ceauşescu ; le déménageur apprend avec stupeur que son fils de 7 ans a posté une lettre pour le père Noël faisant état d'un souhait de cadeau pour son père qui pourrait lui valoir de graves ennuis ; la comédienne choisie pour remplacer la dissidente est très réticente à l'idée de chanter les louanges du dictateur et elle fait tout pour tenter d'échapper à ce fardeau. Tourné en format dit carré (4/3), ce film, présenté et primé dans la section Orizzonti du Festival de Venise 2024, respecte la tradition roumaine des films corrosifs, à la fois drôles et émouvants. On peut toutefois lui trouver le défaut d'être parfois un peu trop long.
un film choral, social et engagé, plutôt caustique, plus desespere que drôle. un film qui a du mal à partir, trop bavard et peu attachant mais au fil des scènes s éclaircit et devient intéressant jusqu aux scènes finales, indéniablement réussies.
Un film fait par un roumain, sur la chute de Ceausescu, et apprécié par les cinéphiles roumains d'aujourd'hui. Voilà qui méritE que l'on s'y arrête, et il y a de bons arguments pour. Un chouia trop long certes, une caméra mobile, des scènes sombres (comme la société de l'époque), le scénario est une mosaïque des destins individuels qui ne savent pas de quoi demain sera fait, qui ne sont pas des grands héros, serviteurs ou résistants, bref des gens ordinaires comme vous et moi. L'humour n'est pas absent (la lettre au Père noël, la déclaration télévisée de remerciements lors du réveillon au gentil leader et bienfaiteur), mais la tonalité générale reste dramatique: perdre sa maison, son emploi, son enfant, le passage en revue des écueils ratisse large, et tisse un faisceau de destins entrecroisés. On s'y perd au début, mais la sincérité et la justesse des personnages nous embarque dans l'aventure, et si on connait le dénouement de cette semaine de fin 89, on a envie de connaitre le sort de ces personnages individuels, proches de nous, dans leurs doutes, leurs craintes et leurs petites fourberies au quotidien. Après le récent Radio Prague, nous voici de nouveau plongés, dans les grands basculements de l'histoire post Union Soviétique du siècle dernier. Un premier film tourné avec conviction et beaucoup d'engagement. cinéma - mai 2025