VU EN AVANT-PREMIERE
Ne connaissant le roman de Christopher Matheson et sa première adaptation de 1957 que de nom, c'était pour moi une totale découverte que ce "Homme qui rétrécit" de Jan Kounen, et si en terme de mise en scène c'est une véritable réussite, pour ce qui concerne son histoire, mon sentiment est davantage mitigé.
Le concept du film est on ne peut plus simple, et ne s'embête pas à donner d'explication à quoi que ce soit. D'un jour à l'autre, Paul se met à rétrécir, sans comprendre pourquoi. Perdant d'abord quatre centimètres, puis encore dix et ainsi de suite, sa vie et celle de sa famille s'en retrouvent évidemment bouleversée. Mais surtout le jour où il se retrouve perdu dans la cave de sa maison, sans possibilité de retrouver le contact avec les siens, tout va prendre une toute autre dimension, dans tous les sens du terme.
Si Marie-José Croze est comme toujours excellente, et la jeune actrice interprétant la fille de la famille très bien aussi, le film repose évidemment entièrement sur les épaules de Jean Dujardin, qui très rapidement se retrouve être seul à l'écran. Une sacrée performance de l'acteur qui, comme il l'évoquait durant l'échange ayant eu lieu après la séance, a du jouer la peur, la peine, la solitude etc... seul face à la caméra, alors que les dangers que l'on voit à l'écran n'existent pas pour lui. Et il s'en sort vraiment brillamment !
Même chose pour Jan Kounen qui, derrière la caméra, propose une mise en scène extrêmement réussie. La gestion de l'échelle, qui change sans arrêt à mesure que le personnage rétrécit, est vraiment extrêmement bien gérée, et la mise à la hauteur du spectateur avec le héros vraiment très bien retranscrite. On sent vraiment ce sentiment de gigantisme, faisant que ce qui nous paraitra anodin dans notre quotidien prend petit à petit pour le personnage de Paul une toute autre ampleur. Et puis bien sûr, il y a ces dangers qui n'en sont pas pour une personne de taille normale, mais le deviennent pour le héros, qui donnent lieu de quelques véritables scènes d'horreur.
Mais si on peut comprendre la nature métaphorique et métaphysique de cette histoire, de ce qui arrive à ce personnage, j'avoue que tout ça m'a tout de même un peu laissé sur ma faim. Je suis donc sorti de la séance avec ce sentiment mêlé de fascination et de déception. A la fois magnifique conte sur le sens de la vie et l'instinct de survie, et histoire sans véritable but, cela laisse un sentiment étrange, mais heureusement très bien écrit, parfaitement interprété, et magnifiquement mis en scène.