L’Homme qui rétrécit — Dujardin passe à la machine et ressort format Playmobil
Jan Kounen s’est dit : “Tiens, si je faisais réfléchir les Français sur leur place dans l’univers, mais avec Jean Dujardin en short, coincé dans une cave ?� Et voilà comment on se retrouve avec L’Homme qui rétrécit, un film entre la métaphysique de comptoir et Chérie, j’ai rétréci les gosses sous Prozac. Le début te vend du rêve : tempête cosmique, mystère scientifique, ambiance Lovecraft du pauvre. Mais très vite, le film devient une sorte de thérapie filmée, avec voix-off pseudo-profonde qui t’explique que “l’homme est une poussière dans l’infini�… Merci Paulo Coelho, on avait deviné.
Faut le dire, Dujardin, il s’en sort. Même quand il mesure dix centimètres et qu’il se bat contre une araignée géante, le mec reste crédible. Il a ce talent rare : jouer le désespoir existentiel tout en hurlant contre une punaise de lit. On sent qu’il s’est donné à fond, qu’il y croit à son aventure intérieure. Le souci, c’est que Kounen, lui, veut absolument en faire un manifeste philosophique sur la condition humaine. Résultat, on se tape des monologues façon Interstellar narrés par un mec qui rétrécit au fur et à mesure, jusqu’à devenir une voix d’assistant vocal.
Visuellement, c’est propre. Trop propre même. Les effets numériques font le taf, les décors géants sont crédibles, mais rien de transcendant. En 1957, on flippait pour de vrai en voyant un type minuscule se battre contre une araignée. En 2025, on se dit juste “sympa, c’est bien fait�. Sauf qu’un film, c’est pas une démo Unreal Engine. Le danger, c’est que tout est tellement lisse que même les scènes de survie perdent leur tension. Quand tu veux me vendre du drame existentiel, faut que je sente la crasse, la peur, la sueur — pas un plan de pub pour Ikea version Lilliput.
Le problème, c’est la voix-off. Elle est partout. Elle commente tout. Même les silences. T’as l’impression que le film a peur que tu penses tout seul. Alors il t’explique : “L’homme n’est rien face au cosmos.� Oui, merci Jean, on a déjà vu 2001, l’Odyssée de l’espace. C’est pas parce que tu rapetisses que t’es obligé de me balancer trois heures de réflexions pseudo-new age. Le film aurait gagné à fermer sa gueule cinq minutes et à me laisser contempler le vertige. Mais non, Kounen veut philosopher comme un étudiant en master d’astrophysique sous LSD.
Il y avait matière à faire un film d’aventure viscéral, avec du danger, de la survie, du dépassement. Mais Kounen préfère l’introspection au mouvement. On voulait un héros qui se bat contre la nature, pas un mec qui médite sur le sens de la poussière. Le pire, c’est que la fin essaie de te tirer une larme sur la beauté de l’infini, mais t’as juste envie de gueuler “ok, t’es petit, maintenant ferme-la et écrase cette foutue araignée�.
L’Homme qui rétrécit, version 2025, c’est comme un mec qui t’explique la vie pendant qu’il se noie dans son bain. T’as envie de l’aider, mais il parle trop. Techniquement solide, visuellement correct, porté par un Dujardin impeccable, le film se perd dans ses réflexions pompeuses et son absence de fun. La version de 1957 te faisait frissonner, celle-ci te fait bailler. Si tu veux méditer sur ta petitesse face à l’univers, regarde le relevé de ton compte bancaire, ce sera plus percutant.
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