Après une première adaptation dans les années 50, cette dernière m'ayant d'ailleurs vraiment marquée, "L'Homme qui rétrécit" est de retour. Réalisé par Jan Kounen, cette nouvelle version est donc bel et bien française. Et autant le dire, même si elle ne remplacera jamais sa grande sœur, cette récente interprétation est loin de faire pâle figure face à celle-ci ! Dans les grandes lignes, le film reprend exactement ce que l'on connaît de l'histoire, même s'il va bien plus rapidement rentrer dans le vif du sujet. Effectivement, l'idée de ce projet est de très vite amener notre personnage à une petite hauteur, pour davantage développer la partie dans le sous-sol. Pour cela, les trente premières minutes n'hésitent pas à supprimer beaucoup d'éléments de l'original, que ce soit dans la recherche médicale ou dans les différentes étapes de cette transformation. Dans les faits, Jan Kounen privilégie donc une mise en scène efficace, dans l'optique d'aller droit au but. Cela se ressent dès la séquence d'introduction, qui joue énormément sur les rapports d'échelle par rapport à notre héros. Mais surtout, et évidemment, dans ce sublime plan-séquence rotatif qui fait passer le temps très rapidement. Et donc, une fois dans le vif du sujet, c'est là que le long-métrage devient particulièrement différent de la précédente adaptation, en optant pour une ambiance assez planante. À partir de ce moment-là, aucune scène à l'extérieur ne nous sera montrée, nous serons enfermés dans le quotidien particulier de notre héros. Dans la pratique, l'exercice est déjà très réussi, via une reconstitution numérique assez élaborée des décors. En clair, c'est vraiment très beau et très impressionnant, la réalisation jouant énormément sur le gigantisme pour faire ressortir la petitesse du personnage. Mais par ailleurs, Jan Kounen réussit également à amener une certaine forme de poésie à plusieurs instants, notamment via toute cette relation avec le poisson. Honnêtement, j'ai vraiment été ému dans ce genre de situations, et je suis persuadé que le projet aurait pu être un chef-d'œuvre s'il avait assumé son parti-pris jusqu'au bout. Pour le coup, c'est donc là que le bât blesse, le film n'exploitant pas assez son ambiance. Plutôt que de réellement aller à fond dans le concept du film muet et purement sensoriel, une voix-off a été rajoutée pour aider le spectateur lambda. Et sans aucune exagération de ma part, elle gâche tout ! Parfois, elle est uniquement explicative, et elle paraît donc inutile quand elle décrit des choses que l'on voit à l'image. Mais d'autres fois, elle part dans des explications philosophiques très banales et pas forcément nécessaires. Sincèrement, j'aurais apprécié que le film assume son parti-pris à 100 %, cela aurait été bénéfique. Certes, il reste de bonne qualité et un bon moment à passer, mais l'expérience a quand même l'air de ne pas avoir été au bout des choses. Pour conclure, une tentative intéressante.