A l’affût
Voilà le type même de film dont je ne sais pas quoi dire, tant tout cela est magnifique à regarder – et ici à écouter -, mais qui pour moi, manque de ce que j’aime avant tout au ciné, un grand scénario et des grands acteurs…. C'est-à-dire le sel même du 7ème Art. Après le Tibet, le cinéaste nous invite au cœur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras. C’est Vincent Munier qui nous offre ces 93 minutes de pépite visuelle. Merci à lui, mais, et ça reste très personnel, je ne suis pas client.
C’est évidemment un film de montage… virtuose certes, mais trompeur. On sait que le tournage a eu lieu dans les Vosges. Mais, Munier l’avoue, il y a inséré des plans filmés dans le Jura ainsi qu’en Norvège… De même pour la bande-son – en l’occurrence, au centre de toutes les attentions –, dont certains proviennent d’une sorte de « banque » enregistrée ici ou là par Munier lui-même. Quand je parle de film de montage, je touche du doigt la « vérité vraie » comme disait ma grand-mère. Quand au sujet de la transmission, émouvant s’il en est, il occupe sans doute 15 à 20 minutes en tout et pour tout. Bon assez critiqué. Il faut saluer la splendeur des images – qui résultent de dix ans de tournage -, et la beauté de la musique. Quant au grand – tétras, évoqué à de nombreuses reprises par les trois personnages, il tient maintenant de l’animal légendaire car, si elle n’a pas disparu de la surface du globe, cette espèce n’existe pourtant plus dans les Vosges en raison du réchauffement climatique, de la gestion forestière plus industrielle et de l’accroissement des dérangements humains. Un documentaire indéniablement élégant et sincère, porteur d’un regard apaisé sur le monde, mais qui, à force de vouloir transmettre une leçon de sagesse, peine à réellement passionner. Une ode captivante à la nature, un chant du vivant affranchi parasité par une bluette familiale complaisante, sous couvert de la transmission de l’amour de la nature.