Une nouvelle preuve que j’adore le cinéma de Clouzot, le grand maître du polar suspens français. Même si dans le cas de la vérité (inspiré de l’affaire Pauline Dubuisson) on est plus dans un film de procès ou l’avocat de la défense (Charles Vanel) joute verbalement avec celui de la partie civile (Paul Meurisse) alors que se joue la tête d’une jeune femme (Brigitte Bardot dans peut être son meilleur rôle)qui a tué son amant. La tension dans la salle est remarquable, le film alterne les séances de prétoires et les flashs back pour faire la lumière sur les faits et les circonstances. Ça joue merveilleusement bien, Clouzot tient parfaitement un récit intelligent, ambigu, qui montre que « la vérité » est une affaire de nuances et de point de vue. Bref c’est remarquable comme tous les films de son auteur que j’ai pu découvrir jusqu’à présent.
Avant-dernier film de fiction d'Henri-Georges Clouzot, "La Vérité" s'inspire de l'histoire de Pauline Dubuisson, condamnée en 1953 pour le meurtre de son ex-fiancé. Par rapport à son sujet, le cinéaste a réussi son pari. Il dépeint en effet une France désespérément figée dans ses moeurs ainsi qu'une jeune femme littéralement jetée en pature. En revanche, au niveau de la forme, Clouzot ne signe pas son film le plus transcendant. Le cinéaste propose en effet un simple procès entrecoupé de flashbacks. Mais le riche scénario ainsi que l'interprétation des acteurs rendent le tout passionnant. Brigitte Bardot livre sans aucun doute l'une de ses plus mémorables prestations de comédienne. Mais c'est plutôt du côté des avocats qu'il faut chercher encore plus de virtuosité. On reste épaté devant Charles Vanel et surtout Paul Meurisse, en impitoyable avocat de la défense. Un film efficace.
Quand une cour de vieux croutons juge une jeune femme sur des principes d'un autre âge, impossible de ne pas être du côté de l'accusée. Clouzot réussit dans cette oeuvre à montrer un amour impossible entre deux êtres trop différents pour vivre ensemble. Une jeune fille un peu fofolle qui aime s'amuser et un garçon possessif qui rêve de l'avoir pour lui tout seul et de la contrôler. On apprécie dans ce film la qualité des plaidoiries et les témoignages de l'entourage.
Remarquable performance de la mythique Brigitte Bardot dans un rôle pas facile. Drame intéressant tant dans son scénario que dans son style. Peut-être un peu trop long à mon goût cela dit ! Un classique daté certes, mais c'est aussi ce qui fait son charme aujourd'hui.
Film vu à l'Institut Lumière de Lyon dans le cadre du programme "Rétrospective FaceB". Version restaurée et ressortie en numérique le 8 novembre 2017. C'est un véritable chef-d'œuvre. Brigitte Bardot a été poussée par le réalisateur au-delà de ses limites. Les dialogues sont magnifiques, les acteurs extraordinaires, le scénario est prenant et parfaitement crédible. On est plongé dans une atmosphère pesante, avec toutefois des pointes d'humour. Je trouve que dans la manière de filmer, hormis le noir&blanc, c'est assez moderne, et donc pas sclérosé du tout ! Vraiment bravo ! On en redemande, du cinéma comme çà !
Impressionnée par la modernité de ce film ! Quelques longueurs mais très bons acteurs, jeunes. Le film n'apporte rien mais on se laisse transporter. 3,7/5
Qu’il est difficile de faire naitre la Vérité aux assises ! Celle-ci est tellement multiple et imprégnée des valeurs morales de la société et des références personnelles de ceux qui sont censés soit la faire naitre soit fonder leur intime conviction. Alors lorsqu’une magnifique jeune fille (B.B.) oisive et sensuelle tue un de ses amants ; elle finit par être autant juger sur ce qu’elle est que sur ses actes. Ce qui fera dire lors du procès à la défense que la prévenue devrait être jugé par la jeunesse alors que Clouzot offre un plan sur un jury composé de vieux messieurs décrépis. La société puritaine, hypocrite, paternaliste de la fin des 50’s ne peut comprendre une partie de cette jeunesse qui souhaite s’affranchir des carcans ; et pas non plus ses femmes désirant disposer de leurs corps. Henri Georges Clouzot, lui que la Nouvelle Vague commence à trouver vieillot, dénonce une fois de plus dans un de ses films, le moralisme bourgeois. Oui, ce film semble daté dans sa mise en scène. Oui, ce scénario est implacable et la psychologie des personnages disséqués avec finesse ; même si la véracité de cette histoire d’amour improbable nous échappe avec les codes de l’époque ou d’aujourd’hui. Improbable car son fondement ne semble ni charnel, ni intellectuel… Ce film use de flash-back linéaires peu inventifs mais efficaces pour un film procès, genre en soit, qui ressemble alors fortement à « La fille au bracelet » sorti en 2019. Et la thématique abordée reste la même : une jeunesse incomprise par des adultes aux référentiels indaptés. Bilan d’un film pas déplaisant mais somme toute assez classique… et moins fort que « 12 hommes en colère » de Lumet, son prédécesseur. tout-un-cinema.blogspot.com
Un très grand film avec une Bardot à la fois légère et forte, qui je trouve parvient à trouver le ton juste. Il faut dire que pendant le tournage Clouzot ne la ménageait pas, et voulait tirer le meilleur d’elle. Il y est parvenu puisque le résultat est magistral.
Un film dense! Au-delà du procès qui permet à chaque protagoniste via sa propre voix mais aussi par les manipulations interprétatives des magistrats de faire naître sa vérité (sincère ou mensongère?), l'intrigue dresse des portraits complexes du sentiment amoureux, alternant pathétique, tragique ou didactique avec fluidité tout en aiguisant une critique acerbe des conventions hypocrites autant que de l'égocentrisme individuel jusqu'au final à l'inoubliable âpreté abrupte symbolisant la relativité de tout récit personnel en même temps que sa perception éminemment douloureuse. Au milieu de ce tourbillon, une Bardot superbe, évanescente.
Un engrenage passionnel mené de main de maitre par Henri-George Clouzot. Superbe étude de caractère de la passion, de la jalousie, de la possessivité, de la jeunesse. Et il faut avoir entendu au moins une fois Bardot hurler "vous n'avez jamais aimé" à la face de l'auditoire bourgeois qui compose l'assistance
Ce film est incroyable. C'est le cinéma que j'aime et que je voudrai voir plus souvent.
Un scénario et des dialogues captivants du début à la fin. Une histoire d'amour impossible entre deux êtres qui s'aiment tellement et se détestent en même temps. On a en regardant ce film une telle empathie pour une coupable(?). Ce n'est pourtant pas se sentiment que l'on devrait ressentir envers une accusée ? Et c'est pourtant celui-ci qui fait toute la force de ce film, selon moi.
Et enfin, un fin déchirantes mais inévitable qui m'a énormément touché.
Face à la « nouvelle vague », Clouzot a livré avec « La vérité » un film classique d’un intérêt constant. Un film de « procès » extrêmement bien construit : les propos des intervenants dans la salle d’audience (juge, avocats, accusée, témoins) sont illustrés par autant de flash-backs chronologiques qui racontent l’histoire de l’accusée et la façon dont elle est arrivée là. Mais qui, s’ils éclairent le spectateur sur le déroulement apparent des faits, ne livrent pas la « vérité », car les faits peuvent avoir plusieurs lectures ou interprétations. Ce n’est pas la moindre qualité de ce film imprégné de la noirceur de Clouzot, qui dénonce aussi l’hypocrisie et les préjugés de la société bien-pensante. Et qui montre que Brigitte Bardot pouvait être une grande actrice.
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4,0
Publiée le 25 mars 2020
Un film remarquable qui tente de dèmasquer les mècanismes de la justice à travers l'histoire rèelle de Pauline Dubuisson! Cette oeuvre de Henri-Georges Clouzot permit surtout de mettre en valeur Brigitte Bardot, accusèe de meurtre, dans une excellente interprètation dramatique, bien loin de son image de sex-symbol et des films surannès de Roger Vadim. "La vèritè", c'est aussi un tournage difficile et très compliquè quand on connait les mèthodes de Clouzot, le rèalisateur ne mènageant pas vraiment sa comèdienne dans un climat lourd que l'on imagine! Bardot trouve ici son meilleur rôle, avec celui de Yvette Maudet dans "En cas de malheur". Au final, un drame amoureux avec une B.B belle et cruelle, complexe et charnelle, faible et inconsciente! On notera la soliditè et le mètier des seconds rôles : Paul Meurisse en procureur, Charles Vanel en avocat de la dèfense! Oscar du meilleur film ètranger...
Une histoire d'amour qui finir mal, très mal... Le récit mêle avec fluidité le présent et le proche passé avec un récit sur l'amour fou, l'amour possession et l'amour à mort. L'homme est une victime qui n'a pas pu s'échapper du piège que Bardot luit avait tendu par passion dévorante. Il suffit d'écouter son dernier discours : "vous n'avez jamais aimé " Un plaidoyer superbe et une histoire d'amour cruelle mais passionnante. Pour le compliment SF dirige l'orchestre avec un grand talent.
Bon film que je découvre seulement. "Le couple" au centre de cette histoire, bardot au sommet de sa beauté et de son jeu de cinéma. Amour fusionnel passionnel au visionnement passionnant.