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CrystalEagle
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4,5
Publiée le 11 juillet 2026
Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Henri-Georges Clouzot transforme un tribunal en piège : de vieux hommes en robe jugent une jeunesse libre et sensuelle. Ce qu'ils ne pardonnent pas à Dominique, ce n'est pas d'avoir tué, c'est d'avoir désiré à voix haute. Je trouve que le génie du film tient dans cette idée : un tribunal est une machine à fabriquer du rationnel, et l'amour, lui, ne se plaide pas. Jamais une robe noire ne saisira ce qui relève de la passion, et cette « vérité » qu'on traque était perdue d'avance. Le film montre d'ailleurs qu'on ne la découvre pas, on la fabrique (le même rapport médical accuse ou sauve selon le paragraphe qu'on choisit de lire). La construction en flashbacks enchâssés dans le procès est un coup de maître. Deux temps qui se répondent et se contredisent sans cesse (eh oui, on pense à Rashomon sorti 10 ans plus tôt). Le noir et blanc ne décore rien : Clouzot filme le procès comme un huis clos qui se resserre, et les flashbacks comme une bouffée d'air qu'on vient aussitôt étouffer. J'ai trouvé les joutes entre Paul Meurisse (avocat cinglant), et Charles Vanel (défenseur d'un humanisme bouleversant) tout simplement époustouflantes. Et leur poignée de main complice à la sortie du prétoire nous dit tout de ce spectacle social.
Et puis il y a Brigitte Bardot, évidemment. Son plus grand rôle et de très loin, la preuve définitive qu'elle fut tout sauf un simple sex-symbol. Elle passe de l'insouciance à la rage, brandit sa sensualité comme une lame avant de s'effondrer. Je pense qu'au fond, Bardot n'a même pas à jouer la femme qu'on juge sur son corps. Elle l'est déjà, dans la vraie vie, et cette fusion de la femme et de l'icône trouble plus que n'importe quel numéro d'actrice. On sait aujourd'hui que Clouzot, tyran notoire, l'a poussée jusqu'au bord du gouffre pendant le tournage, et c'est terrible à écrire, mais cette douleur-là est dans l'image. Quand elle comprend qu'on ne la croira jamais, que sa sincérité même fait rire, il ne lui reste qu'une seule manière de prouver que son amour était vrai. Et sa mort n'est pour moi pas un renoncement, mais son dernier argument. Son ultime hurlement déchire d'autant plus qu'on est le seul jury à l'avoir vue telle qu'elle était. Elle cherche désespérément cette oreille, et c'est la nôtre qu'elle trouve, mais trop tard.
Les américains nous ont pondu “12 hommes en colère” pendant que nous on sortait “La vérité” un autre grand film de procès à travers son aspect documenté sur la manière dont se déroule la justice, justice écrasante dans laquelle tout le monde écrase tout le monde dans le but de servir ses propres intérêts au nom d’une objectivité inexistante. La vérité est partout et nulle part à la fois, on ne sait plus ce qu’on cherche au juste, et le drame final achève de conférer au procès un caractère d’inutilité totale, si ce n’est que les joutes verbales entre le procureur et l’avocat constituent un plaisir coupable. Ce qui maintenant questionne est de savoir comment la justice détient autant de détails sur l’affaire, les agissements des concernés à chaque instant de leurs vies ? Car bien que les flashbacks montrés tout du long semblent nous être dirigés à nous spectateurs, vraisemblablement pour que nous seuls soyons témoins de la vérité, il semble qu’après chaque flashback les jurés débattent sur lui dans les détails comme si ça avait été projeté en grand devant la cour. L’iconique Brigitte Bardot -paix à son âme- incarne un grande adolescente un peu simplette très libertine qui semble avoir grandement influencé son image dans la vie réelle. Le film offre pour moi au moins une scène magnifique, celle des retrouvailles de Dominique et Gilbert sous le -ici sublime- final de “L’oiseau de feu” de Stravinsky.
Une femme est jugée en procès d'assise pour l'assassinat de son amant. Un film révolutionnaire dans le sens ou il critique des codes sociaux de l'époque et est un véritable manifeste pour la liberté de la femme et des moeurs. Les acteurs sont prodigieux Bardot, Frey, Vanel et Meurisse. Ce qui rend le film historique c'est la qualité du scénario et de la réalisation. un chef d'oeuvre !
J'ai revu ce film à l'occasion du décès de BB et, y'a pas à dire, c'est un chef d’œuvre ! la mise en scène est au cordeau (au corbeau ?...), le jeu des acteurs est fantastique, BB en particulier. à voir ou à revoir !
J’avais ce film dans ma Watchlist depuis un petit bout de temps, car j’avais ouï dire qu’il s’agissait du meilleur rôle de Brigitte Bardot, dirigée par un HG Clouzot au faîte de sa gloire dans un grand film de procès. Et le film est effectivement un petit bijou. D’abord, la restauration en 4K est superbe, magnifiant le jeu des ombres et des lumières (sur les visages de BB et de Sami Frey, en particulier). Le casting est parfait, avec une mention spéciale à Paul Meurisse, inégalable dans son rôle de l’avocat Eparvier. Les scènes s’enchaînent parfaitement entre le spectacle de la cour et les affres de cœur de Dominique / BB, et l’on reste dans l’attente de la fin des plaidoyers pour savoir le fin mot de ce drame, qui oscille entre crime passionnel et aveuglement amoureux. Avant un final dramatique…a découvrir au bout des 2h de ce grand film noir du début des années 60.
Très partagée sur ce film que je viens de découvrir après la mort de Brigitte Bardot. Je comprends bien ce que Clouzot a voulu dire: cette jeune femme qui a tué son amant, est jugée sur sa liberté sexuelle, son refus des normes bourgeoises, elle étouffe dans une société à la morale étriquée représentée par des vieux juges, jurés. Il montre l’impossibilité pour une femme libre d’être comprise dans une société qui ne tolère pas sa liberté, le tribunal juge autant sa sexualité que son geste. C'est donc une critique sociale plus qu'un film de procès Mais 60 ans plus tard, la révolution feministe étant passée par là avec ses excès j'y vois une fille facile, paresseuse, superficielle, égoïste qui ne se préoccupe que de ses désirs sans en voir les conséquences, elle aime un homme mais couche avec d'autres, et pique le petit ami de sa sœur par jeu. Le type n'est pas non plus un mec bien. Mais représenter tous les vieux comme des gros réacs sans cœur, sauf l'avocat, est exagéré. On est dans une vision soixante huitarde avant l'heure "jouissez sans entrave" sauf qu'on voit là les conséquences :déchéance et mort. Sinon Bardot est très bien, mais joue t elle réellement ?
En pleine ascension de la Nouvelle Vague, Clouzot nous offre une leçon magistrale de ce que pouvait toujours être le “cinéma à l'ancienne”. C'est brillant, exemplaire, et particulièrement émouvant. Les dialogues sont de très haute tenue, particulièrement dans les affrontements entre les avocats, Paul Meurisse et Charles Vanel. Quant à Brigitte Bardot, elle interprète ici ce qui restera comme étant son meilleur rôle. Touchante, fragile et forte à la fois, elle emporte le spectateur avec elle.
Pas trop mal joués par les acteurs. Malgré quelques longueurs et aussi le procès d'intention au début du film, ou l'on juge la personne pour ce qu'elle est, et non pour ce qu'elle a fait.
Je viens de voir ce film à la télévision suite au décès de Brigitte Bardot . Plus qu’un film, un vrai témoin des années 60…tel un film historique qui nous dépeint la vie et les mentalités de cette époque…surtout le regard porté par la société et principalement les hommes sur les femmes …. Brigitte Bardot dans le rôle de Dominique est totalement en osmose avec sa propre vie …. Des dialogues comme on n’en fait plus beaucoup de nos jours….
J’ai enfin vu ce film avec BB qui est le mieux noté dans sa filmographie. Indiscutablement, c’est du bel ouvrage. Le réalisateur décortique avec une grande précision comment un amour peut finir mal. J’ai trouvé la prestation de BB très correcte, contrairement à certains de ses autres films, le réalisateur étant maître dans la direction d’acteurs. Le film alterne les scènes au tribunal et les flash back expliquant l’évolution des évènements. J’ai bien aimé le contraste entre cette jeunesse oisive qui aime s’amuser et les anciens corsetés dépassés par les évènements. A noter, et c’est ce qu’auront noté les spectateurs, la superbe beauté de BB avec son abondante chevelure blonde qui ne pouvait laisser aucun homme indifférent. Elle avait, à l’époque, 25 ans. Vraiment à voir bien qu’un peu long.
« La Vérité » est un film de procès, un genre rare dans le cinéma français. L’intrigue se construit entre les joutes verbales du tribunal et les flash-backs révélant la réalité des faits. On y suit Dominique, une jeune femme accusée de meurtre, dont le procès interroge : s’agit-il d’un crime passionnel ou d’un assassinat prémédité ? Brigitte Bardot y livre une performance d’une intensité rare, incarnant avec justesse la fragilité et la détermination de son personnage. Face à elle, Paul Meurisse, avocat de la défense, se montre implacable, n’hésitant pas à salir la réputation de Dominique pour servir sa cause. Ses échanges avec Charles Vanel, qui tente de défendre tant bien que mal sa cliente, ajoutent une tension palpable au procès. Les dialogues, ciselés, et les confrontations entre Meurisse et Bardot captivent le spectateur, rendant chaque réplique chargée d’émotion. Au-delà de l’affaire judiciaire, le film explore un conflit de générations : la jeunesse des années 1960, avide d’émancipation, se heurte aux valeurs conservatrices et aux bonnes mœurs imposées par leurs aînés. Ce choc des mentalités donne au récit une profondeur sociale qui dépasse le simple cadre du thriller judiciaire. Porté par des interprétations magistrales et une mise en scène habile, « La Vérité » s’impose comme un grand film, à la fois captivant et profondément humain.
Grand classique du cinéma français, parmi les meilleurs, qui frappe par sa modernité, 65 ans après. Revu pour la troisième fois à l’occasion de la mort de B. B., il est resté pour moi un morceau de bravoure dans les scènes de procès, un exemple magistral de montage et de maîtrise du scénario. Et ce drame illustre l’admirable rencontre d’un génie du cinéma et d’une icône universelle. B. B. assure ici son plus grand rôle – elle en eut peu malgré sa célébrité – peut-être parce que le personnage lui ressemblait par sa force de caractère rebelle et provocant, ses attitudes volages mais sincères, un certain désespoir de l’humanité. Et admirons aussi le talent de presque toute la distribution en plus de la perfection de la mise en scène et de l’art du noir et blanc. Grand film qui fut récompensé par un Oscar.
La vérité. La cour de justice de Paris. Un film sorti en 1960. L'époque, les sixtise déjà en place. Le Paris de la jeunesse et des bars. Henri-Georges Clouzot a déjà tout saisis et tout compris. Avec Brigitte Bardot, Paul Meurisse et Charles Vanel. Un chef d'oeuvre absolu, encore un. C'est vrai, Brigitte Bardot n'a joué que dans des films d'auteurs.