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Un visiteur
5,0
Publiée le 6 février 2013
Un grand film, original cinématographiquement pour l'époque par son "récit dans le récit". Surtout une BB enfin reconnue unanimement par la critique, mais totalement détruite après le tournage, qui l'a véritablement poussé à la même tentative de suicide (Clouzot n'y allait pas de main morte il faut le reconnaître) ! On y retrouve toutes les composantes de la société de l'époque, très intéressant, et une ambiance parisienne qui fera rêver les nostalgiques... A noter l'excellent jeu de tous les acteurs, un Paul Meurisse avocat (ce qui lui correspond à merveille), une BB tragédienne, Louis Seigner en président de la cour d'assises...ainsi que l'étrange lien des suicides de Bardot avant (au gaz) ET après (des bouts de verre) ce film, ce que l'on retrouve également dans l'intrigue !!!
Film de procès à la française, bien fait mais un peu appliquée, sans l’originalité, l’inspiration personnelle des meilleurs Clouzot, dont on reconnaît pourtant la misanthropie et une forme de démystification, dans le regard sur la comédie de la justice (la scène finale entre Vanel et Meurisse dit tout à cet égard). Le grand intérêt du film est surtout son témoignage sur une époque, la bascule entre les années 50 et 60. Clouzot nous montre une société puritaine, hypocrite et corsetée, sous surveillance constante, des logeuses, des concierges, des magistrats… Le personnage de Bardot et son milieu est l’emblème d’une forme de féminité et d’érotisme, d’une jeunesse sous l’éteignoir mais remuante. On pense évidemment en voyant « La vérité » à l’explosion de 68 qui n’était plus très loin.
Dominique Marceau est jugée en assises pour le meurtre de son amant Gilbert Tellier. Au cours des audiences se dessine petit à petit le véritable visage de l'accusée. Dominique et Annie sont originaire de province et Annie doit aller à Paris pour y travailler et Dominique aimerait aussi y aller mais ses parents refusent. Dominique fait une tentative de suicide par barbituriques, sauvée à temps qui finalement par ce geste, ses parents accèptent qu'elle aille à Paris avec Annie. Elles habitent toutes les deux un studio dans un viel immeuble. Dominique découvre avec bonheur Paris tout en promenant par d'abord, elle est fascinée par les Champs-Elysées puis plus tard, choisi le Quartien Latin ou elle se fait des amis. Dominique, collectionne les aventures. Un dimanche alors que sa soeur Annie est sortie faire des courses après une dispute ou elle reproche à sa soeur ne rien faire. Dominique allongée nue dans son lit, allume l'élétrophone avec un disque 45 tours de musique cubaine, elle se lève et danse devant la fenêtre puis retourne au lit ou ses mouvements du bassin sont sugestifs. Gilbert, un jeune chef d'orchestre, promis à sa sœur Annie, violoniste, frappe à la porte du studio et croyant trouver Annie, fait la connaissance de Dominique et c'est le coup de foudre pour lui : elle est tellement jolie, d'une telle sensualité, très sexy puis sa nudité même si elle est dans les draps mais avec ses mouvements de bassin torides ou Gilbert est attiré sexuellement et il en tombe amoureux de Dominique. Mais Annie arrive et Gilbert lui donne des places de concert et se dispute avec Dominique, qui la fiche dehors ! C'est la première fois qu'elle se sent amoureuse. Néanmoins cela devient aussi pour elle un engagement trop important pour sa jeunesse instable. On lui reprochera ses mœurs légères durant le procès. C'est pour Gilbert la révélation d'une passion dévorante, mais trop possessive pour Dominique. Pour Annie c'est un drame. Dominique, cependant, trompe Gilbert pour se venger après qu'il l'a quittée en croyant qu'elle l'avait préalablement trompé. Ce dernier retourne auprès d'Annie et se fiance avec elle. Dominique sombre dans la dépression en apprenant la nouvelle. Elle tente alors de revoir Gilbert. Gilbert aura encore une dernière aventure, secrète et fugace avec Dominique, mais lui dira au matin qu'il n'est plus amoureux. Dominique, dépressive, se trouve un pistolet pour éventuellement se suicider. Des semaines plus tard, Dominique, encore amoureuse, vient au domicile de Gilbert. Alors qu'elle vient menacer de se suicider devant lui, il la repousse avec une grande violence verbale, elle le tue spontanément. Elle cherche immédiatement à se suicider, mais sans effet, ayant vidé son chargeur dans la fureur de son acte. Elle tente alors de se suicider au gaz. Sauvée in extremis, elle passe devant les assises pour meurtre.
Il paraît que c'est l'une des meilleures prestations de Brigitte Bardot et je veux bien le croire même si j'ai vu peu de films avec elle pour faire la comparaison mais la peste qu'elle incarne et assez attachante et je comprends qu'elle fasse tourner la tête des hommes. La Vérité sait judicieusement se servir des flash-back pour nous faire découvrir le pourquoi d'un meurtre et on savoure les réparties entre les 2 avocats joués par Meurisse et Vanel. Un Clouzot passionnant de bout en bout et si les jeunes d'aujourd'hui regardaient ce film ils pourraient découvrir que les générations les ayant précédées n'étaient pas plus sages qu'eux.
Pour Brigitte Bardot bien sûr, à voir par tous ceux qui ont pensé à un moment qu'elle n'était pas une comédienne. Pour le scénario et la structure du film de Clouzot. Pour le Paris de 1960 et ses cafés. Pour Samy Frey, Paul Meurisse, Charles Vanel et Marie-José Nat. Un film qui fut parfois décrié à l'époque comme étant daté, en pleine Nouvelle Vague, mais qui traverse et traversera bien mieux le temps que ses critiques.Et quelques plans de Bardot tout-à-fait osés. Et de petits rôles pour Claude Berri, Jacky Sardou, Jacques Perrin ou Fernand Ledoux, dont le repérage est un plaisir potentiel supplémentaire dans la vision de ce chef d’œuvre.
Évidemment, c'est un grand film, sans doute parce qu'il est simple, probablement aussi parce que BB y est d'une beauté insolente, mais également pour les deux dernières répliques du film, qui, en quelques mots résument autant l'époque d'alors que celle d'aujourd'hui. La vie est un théâtre où les faibles sont les cocus. Du grand art.
J'ai beaucoup apprécié ce film, j'ai notamment adoré la fin, elle est directe et pour moi conclue parfaitement cette œuvre. Paul Meurisse et Charles Vanel sont vraiment géniaux dans leurs rôles d'avocats, toutes leurs scènes sont excellentes, grâce à leurs interprétations parfaites et aussi aux dialogues millimétrés. Sami Frey est bien dirigé et Brigitte Bardot signe tout simplement sa plus grande performance à l'écran, grâce au cinéaste français, qui a vraiment su tirer le meilleur de cette actrice. La mise en scène est très bonne, elle m'a fait penser à celle d'Hitchcock, ça ne m'a d'ailleurs pas étonné de lire sur Wikipédia qu'on surnommé Clouzot le Hitchcock français. Ça n'a pas du tout vieilli, c'est brillantissime sur beaucoup de points, scénario, musique, direction d'acteurs... Un grand film.
"La vérité" est un de mes coups de cœur du cinéma français. Le scénario simple fait place à une mise en scène intelligente, troublante, façonnée par les mains d'un maître, Henri-Georges Clouzot. Bardot y a le rôle de sa vie, peut être même au delà du "Mépris". Frey endosse les épaules d'un jeune premier cynique. Visionnaire, surement par le scénario, par son aspect portant sur l'émancipation d'une jeunesse désabusée. Dominique Marceau est un peu le personnage symbole de la jeune femme provocante, en quête d'amour mais aux mœurs légères. Elle trompe celui qu'elle prétend aimer, elle finit dépressive, tente de se suicider mais le tue après une violente altercation... S'en suit le procès, et la mort de la jeune Dominique... Et il fallait bien sûr la plus grande "sex symbol" de cette période pour l'incarner, Bardot. C'est classique mais c'est magistral. Esthétiquement sans reproche, doté d'un scénario solide et mettant en scène de très grands acteurs, un mot sur Paul Meurisse, magistral, procurant de réels moments d'émotion, "La vérité", au titre percutant, s'impose avec aisance, avec une simplicité parfaite, comme un très grand film français. Pour moi, un des plus grands.
Sublime film qui touche à la perfection. Bardot enfin dirigée se révèle tragédienne. Clouzot dissèque son époque et ses carcans. Mai 68 n'est pas loin.
Ce chef d'oeuvre nous présente tant de choses nouvelles qu'il ne peut être considéré que une référence aussi bien pour ses contemporains que pour les générations suivantes. C'est en effet la première fois que le cinéma nous présente l'intérieur d'un palais de justice et l'organisation du procès qui s'y passe, mais aussi la première que Brigitte Bardot interprète un rôle dramatique, que beaucoup considéreront comme son meilleur. Mais la réelle révolution de ce film est narrative grâce à cette mise en scène permettant à la trame d'évoluer au fur et à mesure des témoignages et des plaidoiries. Un oscar du meilleur film étranger parfaitement mérité!
Je dois avouer que ce vieux drame m'a marqué par sa qualité. Il alterne durant tout le long entre des scènes de procès et des flash-backs où l'on aperçoit la vie de l'accusée. Le scénario est impeccable, très cohérant, poignant même. Le suspens ne se fait pas attendre, et l'intensité dramatique monte en flèche. Seulement voilà, difficile de saisir le message du film: critique de la dureté des tribunaux? De l'insensibilité de certains hommes? De la paresse des étudiants? La scène finale ne convainc pas vraiment. Un film certes culte, mais pas un chef d'oeuvre.
En pleine libération sexuelle, la jeune Brigitte Bardot, aussi belle que spontannée, croque la vie comme les hommes. Un tempéramment de feu qui l'amenera à tuer son amant, et à subbir le proccès en public d'où part le film. D'intéressantes reflexions sur l'amour, la fidélité, les moeurs sociales, la séduction, le jugement, la vie.. En noir et blanc, mais à voir.
Un Chef d'oeuvre de plus dans la filmographie brillante de Henri-Georges Clouzot !!! Scénario extrêmement bien construit, hyper maîtrisé, dialogues que n'aurait pas renié Michel Audiard (cf aux joutes oratoires des deux avocats joués excellement par Charles Vanel et Paul Meurisse - avec une préférence pour le grand Vanel). Clouzot ne laisse rien au hasard, tout est proche de la perfection... Une perfection qu'à l'époque on a pu rangé dans la catégorie "Qualité française". Cependant la force du sujet emporte tout sur son passage, l'émotion étant à son paroxysme sur la fin du film. Finalement Clouzot, à travers son sujet, a su pointer du doigt, le clivage entre une France enfermée dans ses stéréotypes et préjugés judéo-chrétien - symboliquement représenté par le personnage de Sami Frey (excellent en amant jaloux, ne sacrifiant à aucun moment ses ambitions) et l'appel à une liberté d'être qu'incarne magnifiquement Brigitte Bardot ( qui démontre ici que quand elle était bien dirigée, elle faisait partie des plus grandes tragédiennes )... Le choix de Bardot, pour l'époque,est bien trouvé, notamment à cause de ce qu'elle incarnait auprès des gens bien pensant de la France conservatrice... On peut aussi voir, à travers ce film, une forme de prophétisme, il annonce non seulement Mai 68 mais également la libération de la femme des années 70... Et c'est pour cela que ce film n'a pas vieilli du tout, car au bout du compte, il reste très moderne, puisque le clivage conservatisme-ouverture reste d'actualité par certains côtés... et nous rappel que le combat pour la liberté des femmes n'est pas tout à fait gagné...
Pas le film de Clouzot le plus connu mais tout aussi réussi que les autres. Tout en nous plongeant dasn les années 60 le film n'a pas vraiment vieilli. Les acteurs sont tous excellents, même Bardot une fois n'est coutume. Le film nous tient en haleine même si la fin est un peu décevante. Un bon film tout de même du réalisateur de Quai des orfèvres, du Salaire de la peur, des Diaboliques et du Corbeau.
Bien avant la starlette de Cannes, BB s'offrait ce rôle qui lui va comme un gant. Henri-Georges adapte un fait divers et s'en sort pas trop mal en alternant flash-back et auditoire (justice) pour la vie de BB, alias Dominique Marceau. Un bon réquisitoire où Madame Brigitte y gagnit quelques galons. Pas le meilleur de Clouzot, mais un petit bijou du cinéma français.