Quatre ans après le premier film, Scott Derrickson reprend le combiné pour rappeler nos cauchemars. Même réalisateur, même duo d’acteurs, même ambiance de peur silencieuse... mais le courant passe moins bien. Black Phone 2 cherche à prolonger la tension en changeant de décor, en agrandissant son univers, mais à force d’en faire plus, le film finit par se diluer.
Le décor, d’abord, est une réussite. Le froid, la neige, la lumière bleutée : tout semble conçu pour installer une horreur plus psychologique, plus mélancolique. L’idée d’un Grabber devenu presque spectral est bonne, et l’on sent Derrickson tenté par quelque chose de plus onirique, presque métaphysique. Sauf que cette ambition visuelle s’accompagne d’un scénario beaucoup plus bavard. Là où le premier tenait en haleine avec peu de choses, celui-ci s’éparpille, s’explique trop, et perd en mystère.
Les acteurs, eux, tiennent bon. Mason Thames confirme qu’il a du charisme, Madeleine McGraw apporte une vraie présence, et Ethan Hawke reste hypnotique, même en fantôme. Mais la mise en scène, soignée mais prévisible, n’arrive plus à maintenir le même vertige. La peur s’annonce, se prépare, se rationalise. On ne la subit plus, on l’attend.
Il reste des éclats — un plan, un cri, un silence qui glace — mais rien n’a la force brute du premier Black Phone. Le film veut être plus grand, plus profond, plus symbolique, mais ce “plus” finit par sonner creux. On sent la volonté de bâtir une mythologie, de transformer le concept en franchise, et c’est là que le charme s’éteint.
Au final, Black Phone 2 ressemble à du Stranger Things sous morphine : des ados en lutte, un tueur masqué, du surnaturel et de l’émotion, mais sans la tension ni la folie. C’est propre, bien joué, parfois même beau à regarder, mais tout paraît anesthésié. Le téléphone sonne encore, oui, mais cette fois, personne ne tremble en décrochant.