La Fabrique du Mensonge tente de répondre à l’une des questions les plus importantes de l’histoire, comme le déclare le réalisateur : "pourquoi la majorité des Allemands ont-ils suivi Hitler dans la guerre et l’Holocauste, et comment les responsables ont-ils pu commettre des crimes aussi inimaginables contre des millions de victimes innocentes ?"
Joachim Lang tenait avec ce film à briser un tabou : "les nazis étaient des êtres humains. Le choc est terrifiant parce que le spectateur n’a jamais été aussi proche des dirigeants nazis, décryptés et mis à nu. Notre film ne s’intéresse pas à l’image officielle véhiculée par Goebbels, souvent utilisée dans les documentaires et les films de fiction. Nous déconstruisons cette image et révélons la vérité derrière le mensonge."
Si La Fabrique du mensonge nous plonge dans les coulisses de la propagande nazie, il refuse de reconstituer fictivement l'Holocauste. Le réalisateur justifie ce choix : "La dignité des victimes interdit toute reconstitution de la Shoah. Pour coller à la vérité, notre film utilise la confrontation entre fiction et réalité dans des séquences décisives". Ainsi, le film donne la parole aux derniers survivants de l’Holocauste (Margot Friedländer, Elly Gotz, Eva Umlauf, Eva Szepesi, Leon Weintraub et Ernst Grube) qui racontent eux-mêmes aux spectateurs ce qu'ils ont vécu.
Joachim Lang a passé des décennies à étudier tous les documents disponibles sur la propagande nazie. Ainsi, les dialogues du film sont basés sur des citations et appuyés par des sources solides : "C’est ainsi qu’ils ont réellement parlé, agi et mis en œuvre leurs plans meurtriers, avec la participation de nombreux Allemands prêts à les suivre et à engager leur responsabilité."