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"S'ils veulent la Nouvelle Vague, donnons-leur un raz-de-marée."
Le réalisateur américano-hétéroclite Richard Linklater (la trilogie Before, Rock Academy, A Scanner Darkly, Boyhood) traverse cette fois-ci l'océan atlantique pour poser sa caméra en France et nous plonger dans les coulisses de la conception du premier long-métrage de Jean-Luc Godard, le célèbre «À bout de souffle».
Présenté en compétition à Cannes cette année, le film se présente comme un film dans le film, retranscrivant le style et l'esprit d'une époque qui vit l'émergence de ce mouvement qu'on appelle «La Nouvelle Vague» et de ces jeunes cinéastes (presque tous issus de la revue des «Cahiers du Cinéma») désireux de bousculer les règles établies par le cinéma traditionnel pour proposer des œuvres aux identités fortes et développer un véritable cinéma d'auteur.
Rappelant un peu ce qu'avait déjà pu faire Michel Hazanavicius autour de la figure de Godard avec «Le Redoutable», Linklater pousse ici le "mimétisme" à fond, par l'interprétation très marquée (notamment cette élocution très 50's) de son casting, de par cette musique jazzy, mais aussi et surtout de par le soin tout particulier apporté à l'aspect formel du film, notamment dans ses cadrages, ses transitions et ce grain conférant un aspect très "pellicule d'époque" à l'image.
Un parti-pris jusqu'au-boutiste qui, dans ses premières minutes, me faisait craindre un simple exercice de style trop voyant et appuyé, d'autant que dans les quelques rares films de Godard que j'ai pu voir jusque-là, j'avais plutôt moyennement accroché à son «À bout du souffle».
Mais petit-à-petit, j'ai pu me détacher de ce sentiment, grâce à cette ambiance et ce rythme vintage que dégagent le film.
Et c'est quand la phase de tournage démarre enfin que j'ai véritablement embarqué, suivant avec grand intérêt ce cinéaste franco-suisse anticonformiste, spontané et sans filtre, entouré de son équipe talentueuse, ambitionnant de faire du cinéma autrement, avec peu de moyens, mais avec cette passion commune qui les animent.
L'impression d'assister à un making-of d'autrefois, comme si Linklater avait remonté le temps et était venu filmer au plus près les coulisses de ce tournage pas comme les autres, se faisant l'écho d'un cinéma plus "guérilla" dans son exécution.
Une œuvre plutôt à destination des cinéphiles, mais aussi des créateurs/créatrices de tous bords, de celles et ceux qui veulent connaître l'envers du décor, de celles et ceux qui veulent faire le grand saut pour faire exister leur histoire et leur vision.
Une reconstitution qui donne dans un premier temps l'impression de vouloir rester dans l'ombre de ce qu'elle veut ramener à la vie, mais qui parvient progressivement à s'en affranchir de par cette énergie et cette sincérité qu'elle dégage, et à finalement exister par elle-même.
Ce film aux accents pop rétro et traversé par de très sympathiques moments d'humour, est également l'occasion de mettre en lumière (exception faite de l'américaine Zoey Deutch, fille de l'actrice Léa Thompson et du réalisateur Howard Deutch) une nouvelle génération de talents français qu'on n'avait pas/peu vu au cinéma jusque-là (ça change et que ça fait du bien), s'avérant tous très convaincants dans leurs rôles respectifs (dépassant le stade de la simple imitation, en s'appropriant véritablement le personnage qui leur a été attribué) et formant un collectif crédible et solide à l'écran.
Une œuvre à l'ADN éminemment français, vu à travers le prisme d'un cinéaste étranger célébrant le cinéma d'ici (et par extension aussi celui d'ailleurs), son esprit de troupe et son besoin de liberté créatrice.
Un film dégageant un charme certain, doté d'une mise en scène extrêmement soignée et porté par une distribution habitée.
Un film vraiment très plaisant à suivre et à vivre, et qui me donnerait presque envie de me replonger dans le film de Godard pour le revoir d'un autre œil.
Une sorte de capsule temporelle résonnant avec aujourd'hui, et nous démontrant que tant qu'il y aura des cinéastes, des artisans, des passionnés, le cinéma ne connaîtra jamais de clap de fin. Moteur Raoul ! 7,5/10.
Le réalisateur américano-hétéroclite Richard Linklater (la trilogie Before, Rock Academy, A Scanner Darkly, Boyhood) traverse cette fois-ci l'océan atlantique pour poser sa caméra en France et nous plonger dans les coulisses de la conception du premier long-métrage de Jean-Luc Godard, le célèbre «À bout de souffle».
Présenté en compétition à Cannes cette année, le film se présente comme un film dans le film, retranscrivant le style et l'esprit d'une époque qui vit l'émergence de ce mouvement qu'on appelle «La Nouvelle Vague» et de ces jeunes cinéastes (presque tous issus de la revue des «Cahiers du Cinéma») désireux de bousculer les règles établies par le cinéma traditionnel pour proposer des œuvres aux identités fortes et développer un véritable cinéma d'auteur.
Rappelant un peu ce qu'avait déjà pu faire Michel Hazanavicius autour de la figure de Godard avec «Le Redoutable», Linklater pousse ici le "mimétisme" à fond, par l'interprétation très marquée (notamment cette élocution très 50's) de son casting, de par cette musique jazzy, mais aussi et surtout de par le soin tout particulier apporté à l'aspect formel du film, notamment dans ses cadrages, ses transitions et ce grain conférant un aspect très "pellicule d'époque" à l'image.
Un parti-pris jusqu'au-boutiste qui, dans ses premières minutes, me faisait craindre un simple exercice de style trop voyant et appuyé, d'autant que dans les quelques rares films de Godard que j'ai pu voir jusque-là, j'avais plutôt moyennement accroché à son «À bout du souffle».
Mais petit-à-petit, j'ai pu me détacher de ce sentiment, grâce à cette ambiance et ce rythme vintage que dégagent le film.
Et c'est quand la phase de tournage démarre enfin que j'ai véritablement embarqué, suivant avec grand intérêt ce cinéaste franco-suisse anticonformiste, spontané et sans filtre, entouré de son équipe talentueuse, ambitionnant de faire du cinéma autrement, avec peu de moyens, mais avec cette passion commune qui les animent.
L'impression d'assister à un making-of d'autrefois, comme si Linklater avait remonté le temps et était venu filmer au plus près les coulisses de ce tournage pas comme les autres, se faisant l'écho d'un cinéma plus "guérilla" dans son exécution.
Une œuvre plutôt à destination des cinéphiles, mais aussi des créateurs/créatrices de tous bords, de celles et ceux qui veulent connaître l'envers du décor, de celles et ceux qui veulent faire le grand saut pour faire exister leur histoire et leur vision.
Une reconstitution qui donne dans un premier temps l'impression de vouloir rester dans l'ombre de ce qu'elle veut ramener à la vie, mais qui parvient progressivement à s'en affranchir de par cette énergie et cette sincérité qu'elle dégage, et à finalement exister par elle-même.
Ce film aux accents pop rétro et traversé par de très sympathiques moments d'humour, est également l'occasion de mettre en lumière (exception faite de l'américaine Zoey Deutch, fille de l'actrice Léa Thompson et du réalisateur Howard Deutch) une nouvelle génération de talents français qu'on n'avait pas/peu vu au cinéma jusque-là (ça change et que ça fait du bien), s'avérant tous très convaincants dans leurs rôles respectifs (dépassant le stade de la simple imitation, en s'appropriant véritablement le personnage qui leur a été attribué) et formant un collectif crédible et solide à l'écran.
Une œuvre à l'ADN éminemment français, vu à travers le prisme d'un cinéaste étranger célébrant le cinéma d'ici (et par extension aussi celui d'ailleurs), son esprit de troupe et son besoin de liberté créatrice.
Un film dégageant un charme certain, doté d'une mise en scène extrêmement soignée et porté par une distribution habitée.
Un film vraiment très plaisant à suivre et à vivre, et qui me donnerait presque envie de me replonger dans le film de Godard pour le revoir d'un autre œil.
Une sorte de capsule temporelle résonnant avec aujourd'hui, et nous démontrant que tant qu'il y aura des cinéastes, des artisans, des passionnés, le cinéma ne connaîtra jamais de clap de fin. Moteur Raoul ! 7,5/10.
Excellent hommage au cinéma français. Les acteurs sont excellents. On comprend mieux le génie de Godard et l'émergence de toute une génération de réalisateurs à cette époque. Ce film devrait être récompensé.
Michel Llanes
Michel Llanes
Oui bon ça se regarde, comme un documentaire si on est gentil, comme une hagiographie, un film de propagande si on est plus réaliste. On suit Jean-Luc Godard en train de tourner son premier film, À bout de souffle, en 1959. Godard apparaît comme un génie surnaturel, sûr à l’avance du succès de son œuvre, écrivant le scénario le matin pour la journée, distillant ses maximes, ne doutant ni ne s’énervant jamais. C’était vraiment ça mesdames et messieurs les historiens ? Ce n’est en tout cas absolument pas crédible. Dans l’histoire des arts, les génies dilettantes ça n’existe pas. Comme le réalisateur est américain, tous les critiques, et une partie du public, sont fiers qu’un grand réalisateur s’intéresse à un morceau de notre culture, s’il avait été Français, tout le monde lui serait tombé dessus. Autant aller voir ou revoir À bout de souffle, qui repasse dans quelques cinémas actuellement.
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Et bien, certes on pouvait s’attendre à mieux en particulier sur le jeu des acteurs mais c’est qd même sympa de voir cette histoire qui lie tous ses grands noms du cinéma français, le noir et blanc ajoute de la véracité à l’histoire
Quel plaisir de retrouver l' ambiance des sixties, de la reconstitution de ce monument "A bout de souffle" ( 1960 ), dans un Paris d' époque en noir et blanc, avec des décors "magiques" et des bouts de reprise des rush "cultes". Mais pour ceux qui ont été baignés par le film original, - vu et et revu -, et aussi suivi les acteurs : Jean-Paul Belmondo, ou les réalisateurs Francois Truffaut, Claude Chabrol, et bien entendu l' immense Jean-Luc Godard, je ne peux passer sous silence une certaine déception, et même une frustration. ( Essayez de revoir ce magnifique film et vous comprendrez.... ) Non pas que les acteurs peu connus choisis par le réalisateur Richard Linklater, ne fassent pas un travail méritoire dans leurs interprétations.... Ceci dit, je me suis régalé sur des scènes dupliquées à merveille entre Zoey Deutch ( Jean Seberg ) et Aubry Dullin ( Jean-Paul Belmlondo ), par exemple descendants les champs, ou la bise devant le kiosque à journaux ou la prise du visage entre ses mains....Et bien entendu le parc automobile de ma naissance que je vénère, et les musiques d' anthologie, support des danses modernes. J' apprécie aussi le souci d' avoir retrouvé les traits de caractère - fort - de MR Jean-Luc Godard et de nous les livrer, avec ses remarques et ses comportement incomparables. Une comédie nostalgique, véritable « Making-of » de ce monument 65 ans plus tard. Admiratif de ce beau cinéma..... Merci..... !!**
Sorte de making off de " A bout de souffle" premier long métrage de Godard, pour lequel Robert Linklater éprouve une grande affection.
Le film me semble un peu abusivement intitulé de la sorte (" nouvelle vague") puisqu'il ne s'agit finalement que d'évoquer cet opus, ses conditions de conception et anecdotes de tournage.
L'hommage est formellement réussi mais manque beaucoup de fond, reste très anecdotique, parfois un peu ennuyeux, tandis que l'émotion est (à mon goût ) trop souvent absente. Ce n'est certes pas raté, mais " nouvelle vague" ne m'a pas particulièrement emballé.
Le film me semble un peu abusivement intitulé de la sorte (" nouvelle vague") puisqu'il ne s'agit finalement que d'évoquer cet opus, ses conditions de conception et anecdotes de tournage.
L'hommage est formellement réussi mais manque beaucoup de fond, reste très anecdotique, parfois un peu ennuyeux, tandis que l'émotion est (à mon goût ) trop souvent absente. Ce n'est certes pas raté, mais " nouvelle vague" ne m'a pas particulièrement emballé.
Interessante vision du cinéma de Godard, comment il faisait les choses
Mais c’est tres mal joue, comme récité en nous abreuvant de bons mots et répliques « historiques « de tels ou tels
Mais c’est tres mal joue, comme récité en nous abreuvant de bons mots et répliques « historiques « de tels ou tels
Bonne atmosphère et reconstitution de l'époque. Les "sosies" apportent une touche amusante. "Jean-Luc Godard" et "Jean Seberg" sont craquants !
La magie du cinéma tient en grande partie de ses secrets cachés de fabrication, dont les cinéphiles peuvent percer le mystère par le biais de bons bouquins érudits, mais aussi avec un vrai regard critique sur l'œuvre ou le cinéaste concernés. En somme, il n'est pas mauvais que ce qu'il se passe sur le tournage reste sur le tournage. Nouvelle Vague fait exactement le contraire, nostalgie assumée, pour reconstituer celui de À bout de souffle, tout en saluant les jeunes turcs des Cahiers, de manière enamourée et, parfois seulement, ironique. À quoi bon ce film, qui administre à peu près l'inverse de ce qu'a représenté le premier long de Godard ? À savoir une minutie obsessionnelle dans un exercice de style très appliqué, à l'opposé de l'insouciance associée à l'arrogance de Jean-Luc et de ses petits camarades de jeu. Certes, il y a une atmosphère plaisamment créée dans Nouvelle Vague et un rythme effréné, mais dont l'artificialité saute aux yeux, dans cette volonté maniaque de fidélité. Au point que l'on préfère le point de vue du Redoutable d'Hazanavicius, quelles qu'en soient les limites. Quant à l'interprétation, c'est vrai qu'elle est assez bluffante, hormis peut-être pour notre Bébel national, visiblement inimitable. Au fond, le film ne s'adresse pas tant aux cinéphiles, qui ont nécessairement énormément lu sur le sujet, mais aux nouvelles générations, pour peu qu'elles s'intéressent au cinéma d'avant les années 80. Au risque que Nouvelle Vague devienne plus connu, comme copie, que l'original.
Un film espiègle plein de charme. Le noir et blanc est très beau, les acteurs excellent et se régalent. Un film sans conséquences ni véritables enjeux autre que l’amour du cinéma. Cela repose et on se régale.
Intéressant de se plonger dans cette époque , belle reconstitution , bon casting. Seulement suivre uniquement le tournage de ce film devient vite ennuyeux , un peu a l'image de sa filmographie.
D'emblée on apprécie le Noir et Blanc qui nous plonge plus naturellement dans l'oeuvre originelle créant un lien naturel à la Nouvelle Vague. On apprécie aussi le soin apporté au casting, des inconnus pour la plupart mais qui physiquement sont très raccord avec les véritables personnalités ce qui aide aussi à l'immersion comme un voyage dans le temps. Et heureusement, Linklater choisit de ne pas se prendre au sérieux avec un côté BD particulièrement savoureux appuyé par les citations et aphorismes d'un Godard plus vrai que nature. Mais surtout la fantaisie ambiante est également idéale pour matérialiser ce qui symbolise la Nouvelle Vague à l'époque, à savoir être libre et audacieux. Le concept album photo pour présenter les protagonistes est tout aussi malin, toujours dans une mode très BD comme un hommage ludique jusqu'aux techniciens de l'ombre. C'est souvent drôle sans tomber dans le gag, c'est assurément nostalgique sans être mélancolique, original et léger mais néanmoins aussi sincère qu'authentique. Un film magnifique à voir et à conseiller.
Site : Selenie
Site : Selenie
Voila le making of dont on a toujours fantasmé.
Ca sonne vrai, c'est Godard.
Ce film est le plus bel hommage à la nouvelle vague.
Ca sonne vrai, c'est Godard.
Ce film est le plus bel hommage à la nouvelle vague.
Un film assez drôle et charmant sur le tournage surprenant d'À bout de souffle avec un casting bien trouvé tant dans la ressemblance que dans le talent. C'était une époque bénie où les producteurs portaient de l'intérêt aux jeunes cinéphiles arrogants et passionnés. Ma réserve est que j'aurais aimé en voir plus sur les rapports entre Godard, Truffaut, Chabrol, Rohmer et Rivette. Le Paris de 1959 est magnifiquement reconstitué, c'est bluffant.
Porté par un casting de jeunes acteurs inspirés – Guillaume Marbeck, Zoey Deutch, Aubry Dullin – le film respire la jeunesse, la curiosité et la ferveur. Sa mise en scène inventive épouse la liberté qu’elle célèbre : accidents heureux, improvisations, plaisir du tournage, tout concourt à faire de Nouvelle Vague une ode à la création. On en sort le cœur léger, avec l’envie furieuse de tourner soi-même, de dire « Moteur, Raoul ! », de rejouer ce miracle d’énergie qui fit naître la modernité du cinéma.
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