Une journée particulière
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Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 novembre 2020
Rome sous l’Italie fasciste, Hitler rend une visite officielle à Mussolini tout le monde veut aller voir le défilé. Antonietta mère d’une famille nombreuse y serait bien allé aussi mais elle a ses taches ménagères à faire. Elle va faire par hasard la rencontre de son voisin d’en face viré de la radio car homosexuel, les deux vont passer ensemble une journée particulière. Une journée particulière est un film très pudique, sans esbroufe qui prend le temps de raconter ses personnages sans les juger. Avec ses deux acteurs au sommet , le cadre restreint fait un peu penser au théâtre mais Ettore Scola fait du cinéma à chaque instant. Dans son aspect théâtre il y a aussi ses dialogues qui ont une part très importante et qui colle parfaitement à ce que j’ai pu décrire. Un film peut être un peu trop austère à mon goût mais aux qualités indéniables.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2021
Ettore Scola signe ici un film tout en sensibilité, construisant, en parallèle de la grande histoire, une rencontre de hasard entre deux personnages marginalisés, tandis que l'Italie tout entière regarde ailleurs. Le duo Mastroianni-Loren fonctionne joliment, composant leurs rôles en jouant énormément sur la pudeur et les regards perdus, le réalisateur accentuant encore le contraste entre eux par l'apposition de la musique militaire fasciste sur la relation en train de se nouer. Des idées brillantes au service d'un drame où les non-dits et les silences sont plus importants que le reste.
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 mars 2026
Le titre est à double sens, désignant d’une part, la journée du 7 mai 1938 (soit 2 mois après l’Anschluss, annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie), où Adolf Hitler vint rencontrer Benito Mussolini ainsi que le roi (1900-1946) Victor-Emmanuel III, et d’autre part, la rencontre improbable (grâce à un mainate), le jour où tout le monde assiste à la rencontre germano-italienne à Rome, entre Antonietta (Sophia Loren, 43 ans), originaire de Naples, mère au foyer, n’ayant pas fait d’études, avec 6 enfants et un mari volage, et Gabriele (Marcello Mastroianni, 53 ans), intellectuel, speaker à la radio et homosexuel. C’est la rencontre de deux solitudes, différentes mais imposées par la société fasciste patriarcale et viriliste. Bien sûr, le sujet est toujours d’actualité car la mise à l’écart de la société de certains individus, minoritaires, est le début du totalitarisme. Outre la mise en scène, la brillante interprétation, à contre-emploi, de Sophia Loren, sex-symbol au cinéma, et de Marcello Mastroianni, latin lover, la bande-son constituée par la radiodiffusion du voyage d’Hitler, omniprésente et faisant office de lavage de cerveaux, le travail sur la photographie (dû à Pascalino de Santis, 50 ans) est remarquable : bien qu’en couleurs, le film parait être en noir et blanc, tant les couleurs sont atténuées, rendant bien la grisaille de l’Italie fasciste. A noter la présence de 2 acteurs canadiens, John Vernon (45 ans), mari d’Antonietta, et Françoise Berd (54 ans), la concierge venimeuse.
keating
keating

60 abonnés 582 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2016
Une journée, deux personnages, un immeuble. Et voilà. Il n'en faut pas plus à Ettore Scola pour pondre un film grandiose! Avec ces moyens simplissimes, il nous raconte le fascisme et ceux qu'il laisse sur le côté avec plus de force que des centaines de pages et documentaires déjà écrits sur le sujet. En plus de ça, il nous raconte aussi un amour impossible particulièrement déchirant, qui nait en quelques scènes seulement, mais auquel on croit profondément. Avec seulement un immeuble, il nous offre une mise en scène créative au service de son sujet, quoique parfois un peu trop théâtre filmé, maniant tout de même à l'envi le symbole (oiseau à l'intérieur et en dehors de la cage), le hors-champ, le non-dit, les jeux d'ombre, ou la profondeur de champ. Un grand film à voir pour l'Histoire, la grande, celle du fascisme, et l'histoire, la petite, mais tout aussi puissante, celle d'Antonietta et Gabriele.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mai 2025
Après une introduction faite d’images d’archives de 1938, montrant le contexte historique (la visite de Hitler à Rome) et l’annonce de la grande parade fasciste en son honneur programmée le lendemain, le film s’ouvre sur un lent mouvement de caméra qui balaye une façade d’immeuble et pénètre dans l’appartement de la protagoniste principale, puis la suit de près dans ses tâches matinales auprès de sa nombreuse famille. Le film se clôturera sur un plan semblable, qui la raccompagnera lors de sa fin de journée, au moment de son coucher. Entre les deux plans se sera déroulée une journée en effet bien particulière. Particulière historiquement pour un pays et une bonne partie de son peuple, qui se rend massivement (du moins pour les habitants de l’immeuble) à la parade en question, dont les commentaires, issus du poste de radio de la concierge, constitueront le fond sonore de l’essentiel du film. Mais particulière aussi, et surtout, pour Antonietta (Sophia Loren est merveilleuse dans ce rôle) , découverte dans le premier plan, et Gabriele, un voisin d’en face, que le hasard fait se rencontrer. Ces deux personnages sont deux types de victime du fascisme : la première est victime d’une oppression, machiste et moralisatrice. Le second d’une répression, celle qui est exercée sur les personnes « différentes ». Ettore Scola, avec une délicatesse exemplaire, nous fait vivre leur rencontre et cette journée avec eux, pour qui, à son terme, l’avenir ne sera plus comme avant. Un très grand film qui réunit les dimensions politiques et humaines. Une œuvre admirable et bouleversante.
Nicolas L.
Nicolas L.

117 abonnés 2 060 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 mai 2018
Beau film sur un amour impossible entre une femme au foyer soumise et un homme homosexuel exclu pendant la période fasciste italienne. Un film qui se raconte sur une journée seulement celle de l'arrivée d'Hitler en Italie mais celle aussi de la rencontre de ses deux êtres malheureux. Une petite histoire dans une grande. Filmé avec élégance, Marcello Mastronianni est parfait (comme toujours) reste que le film est parfois assez lent et j'attendais également un peu plus d'audace de la part de Scola. Mais c'est tout de même un beau film.
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 janvier 2016
Une Journée Particulière, mon premier film d'Ettore Scola. Je découvre ce génie par l'hommage qui lui est rendu ce soir sur Arte, quel tristesse de ne pas l'avoir vu avant ... Je me retrouve totalement bouleversé par la mort d'un être dont j'ignorais l’existence il y'a quelques heures à peine. Ce long métrage je l'attendais depuis plusieurs semaines voire plusieurs mois maintenant. Cette sensation m'avait fuit durant bien trop longtemps ! Ému par cette mise en scène des plus brillante, ce huit clos ou presque, là ou tout ce joue, tout les thèmes de l’affrontement ce trouve dans cet immeuble. Les mouvements de caméras sont somptueux, étincelant, pas un manqué on vit là une véritable leçon. Ces deux personnages sont quand à eux renversants, tout les opposent et pourtant ils finissent par s'en accommoder, ils s'apprivoisent pour combattre la solitude qui les rongent et trouve l'un dans l'autre un réconfort. Sophia Loren et Marcello Mastroianni sont grandiose, ils incarnent à merveille leurs rôles, ils contribuent pleinement au fait que ce film m'ai totalement retournée. La mélancolie et la grâce qui se dégage de chaque minute fait à la fois du bien et m'apporte une grande souffrance. Pour conclure cette critique je reprend les mots de la voix qui énonçait la diffusion de ce long métrage pour rendre honneur à son créateur :

" Grazie et Ciao Maestro "
Nyns
Nyns

247 abonnés 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 février 2016
Parmis la massive disparition de grands noms en ce début d'année 2016, on trouve le réalisateur italien Ettore Scola. Ne connaissant que ce film de lui, je ne peux pas le juger par rapport à l'ensemble de son œuvre... Une journée particulière met en lumière la rencontre de deux laissés-pour-compte de la société, même si on situe l'événement pendant l'avènement du fascisme, l'exemple peut très bien se reporter sur des modèles de profils actuels. L'homosexuel et la femme au foyer n'ont pas leur mot à dire dans la société italienne gourvenée par le fascisme donc, et c'est à partir de ce constat singlant que Scola etaye son récit. Je trouve limite la mise en scène paresseuse une fois l'idée bien en place, disons que beaucoup du travail de ce film, pour le considérer comme un grand film, doit être fait par le spectateur. C'est une observation à méditer, puisqu'en 77 le fascisme n'est plus à l'ordre du jour, du moins sur le papier. En une journée, ces deux êtres que tout oppose trouveront reconfort entre eux face à leur tragique solitude. Les deux acteurs offrent deux présentations justes et plein de sensibilité. On reste quand même beaucoup plus en empathie avec la mère durant le récit, étant le personnage le moins conscient de l'étendue de l'insignifiance de son existence résignée, sans once de dimension humaine. L'homme quant à lui a un personnage plus ambiguë et difficile à cerner, il en demeure pas moins que cette expérience lui aura apporté le réconfort qu'il lui fallait à cet instant précis. Beaucoup de films sont inspirés de la trame pathétique d'une Journée particulière. Une référence donc.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 410 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 juillet 2022
Ettore Scola, fût considéré comme un des plus important cinéaste italien des années 70-80, alors que le cinéma transalpin était sorti de son âge d'or ( années 50 et 60).

C'est dans la comédie italienne qu'il s'imposera, insistant surtout sur les thèmes sociaux.

" une journée particulière " est un drame, qui s'attache à mettre en lumière la persécution des homosexuels ( ici pendant la période Mussolinienne, peu avant le déclenchement de la seconde guerre mondiale).

La force du film porte sur son interprétation de grande qualité conduite par Mastroiani et Loren ( magnifique, malgré sa volonté de s'enlaidir pour les besoins du film).

Même si "une journée..." obtint une grande reconnaissance critique et publique, il ne me semble pas sans défaut dans son écriture.

Le manque de rythme qui l' affecte pendant une grande partie, le manque de profondeur de ses dialogues, conduit à exprimer quelque réserve sur son aspect formel.

Certes, il y a certaines scènes très émouvantes, une photographie sépia réussie et un sens des cadrages indéniable qui font de cet opus de Scola une œuvre imparfaite mais attachante.

Scola n'eut pas que des thuriféraires. L'historien du cinéma Jean Tulard a manifesté de la sévérité à son égard, voyant en lui un cinéaste engagé mais un peu caricatural.

Tulard le compare notamment au Mr Prudhomme du caricaturiste Henri Monnier, c'est à dire à un enfonceur de porte ouverte.

Le coup de griffe est sans doute trop radical, mais Scola s'il est incontestablement un bon cinéaste, n'atteint pas, selon moi, le niveau de perfection de certaines signatures phare du cinéma italien.

" une journée..." est sans nul doute un film à connaître, mais Scola atteindra véritablement, à mon avis, les sommets de son art avec " affreux, sales et méchants " et " nous nous sommes tant aimés ".
jfharo
jfharo

68 abonnés 1 232 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 juin 2009
Eblouissant de tendresse et de maetria !.

Interprétation magistrale .
Critik D
Critik D

175 abonnés 1 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mars 2016
C'est un très beau film que nous a offert Ettore Scola. Il renferme énormément d'éléments sur l'époque notamment en politique, sur la vie de famille, sur les conditions féminines, mais aussi et surtout l'impact de la dictature de Mussolini sur la vie elle même. On a déjà, beaucoup de mal aujourd'hui a comprendre l'engouement d'un peuple pour Mussolini et pour l'arriver d'Hitler. On connait l'histoire... Sur le coup, je pensais qu'Antonietta ne se rendait pas au défilé par conviction... Finalement rien à voir, juste la femme rappeler à ses obligations, et cette phrase d'une voisine "Il est vrai que tout le monde ne peut pas avoir une femme de ménage" est resté gravé dans ma tête. Aujourd'hui, on ne s'interdit plus de sortir si le ménage n'est pas fait et heureusement. En parallèle, on découvre Gabriel. On se doute que quelque chose se trame. Je le prenais pour un résistant au régime qui, soit se cachait, soit allait commettre un attentat en ce jour particulier. Finalement rien de tout cela, on lui interdit juste de vivre sa vie. La réalisation d'Ettore Scola est très belle. Une certaine finesse, une pudeur et de l'affection à travers la caméra pour ses deux personnages. Le duo entre Sophia Loren et Marcello Mastroianni fonctionne parfaitement, deux personnes en mal être qui se rencontrent. C'est un très beau film que je vous recommande fortement, il tient un message important et plus ou moins engagé. Et le tout est magnifiquement porté par Ettore Scola.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 15 septembre 2011
Une rencontre au départ banale dans un immeuble presque désert et petit à petit une amitié tendre qui va naître jusqu à bouleverser deux existences. Quel beau film devenu si rare hélas
Kincaid
Kincaid

6 abonnés 544 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 janvier 2025
Un superbe film, basé sur une rencontre particulière, entre cette ménagère et un homosexuel, sur fond de festivités fascistes. Le thème pousse à son apogée le conflit des valeurs et des idéaux. La rencontre humaine, la sentimentalité et même la sensualité raffinée, en opposition au machisme, à la virilité guerrière, à la déshumanisation des hommes transformés en viande à parti. Par moments, le fond sonore est un peu pénible, mais il faut pourtant convenir que cette horreur est bien là pour nous donner le plaisir du contraste, comme le vacarme d’un trafic routier qui ne saurait recouvrir totalement les chants des oiseaux. Un film qui, dans un autre registre, évoque celui de Clint Eastwood : « Sur la route de Madison ».
Ghibliste
Ghibliste

94 abonnés 577 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2015
"Une Journée Particulière" est un joli film d'Ettore Scola. Un huis-clos émaillé de quelques rares scènes d'extérieur et introduit par des séquences historiques de la visite d'Hitler en 1938 de l'Italie de Mussolini. Comme on pouvait s'y attendre, les deux acteurs principaux - Marcello Mastroiani et Sophia Loren - portent le film sur leurs épaules, non sans classe et sans talent. Globalement, le film est lent mais relativement captivant grâce à la très bonne réalisation d'Ettore Scola et à quelques ressorts comiques du genre subtils... Mais c'est la scène spoiler: d'amour entre nos deux héros
que tout oppose qui est selon moi le sommet de ce drame émouvant, mais tout de même un peu long et prévisible par moments. Beaucoup de charme.
Mimosa75
Mimosa75

4 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 octobre 2025
Chef d œuvre italien! À voir et revoir. on y trouve tout (émotion, peinture réaliste de la montée du fascisme et le regroupement grégaire derrière l’ordre),
Sophia Loren magnifique dans sa solitude de mère au foyer et Marcello superbe dans son rôle! Leur art dans le jeu n’est plus à démontrer..
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