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Jipéhel
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2,0
Publiée le 10 septembre 2025
Pantalonnade hystérique
Pour son 1er film, le franco-espagnol Carlos Abascal Peiró s’intéresse à la politique française. Mal lui en a pris car ces 102 minutes de comédie sont loin d’être passionnante et cette plongée dans le marigot des ambitions et des coups bas se révèle plus pénible à suivre que drôle. Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino, jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique…et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24h pour sauver sa carrière, son couple et si possible l’avenir de la France ! Tout est surjoué, invraisemblable et surtout filmé avec une caméra hystérique qui finit par faire disparaître les numéros d’un casting qui, bien que de haute volée, est livré à lui-même dans l’outrance et le n’importe quoi de préférence. Vous l’avez compris, j’ai quelques réserves quant à la qualité intrinsèque de ce grand bazar agité, hurlant et somme toute sans grand intérêt. Et pourtant, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on est raccord avec l’actualité. Mais ce tourbillon d’agités du bocal qui distillent des punchlines, - qui pour la plupart tombent à plat, soit parce qu’ils sont hurlées, soit parce que les acteurs et actrices oublient d’articuler leurs répliques, soit, tout simplement parce que c’est mal écrit. De plus, il faut avouer qu’on s’y perd complètement dans tous les ressorts qui relient les très nombreux personnages, tous aussi retors et veules les uns que les autres. Le pouvoir, telle une ravageuse pestilence, pollue tout ce qu'il touche. On le sait depuis longtemps, ce film en est une nouvelle démonstration. Hélas, la comédie outrancière balaye toutes les bonnes intentions de départ pour en arriver à ce piètre résultat. L’irrévérence était le minimum syndical, mais ça ne suffit pas à faire un bon film, la technique compte également et là, le cinéaste a tout oublié… ou presque au profit de la frénésie. Alors on se dit qu’on va se rattraper avec le casting haut de gamme. Jean Chevalier – from the French Comedy -, pour son 1er grand rôle au cinéma, paraît complètement perdu dans ce marigot politique… un peu comme nous. Il avait pourtant face à lui de nos meilleurs acteurs avec François Cluzet et Karin Viard, qui n’échappent pas, eux non plus, au naufrage collectif. Tout comme Alex Lutz, Emilie Gavois-Kahn, Olivier Broche, Marc Zinga, Nathalie Richard. Seule belle apparition, celle de Sawsan Abès. J’attendais beaucoup de ce film, sans doute trop, d’où ma grosse déception.
Fils De est une claque dans le paysage de la comédie française.
Le jeu des acteurs est tout simplement bluffant, chacun jouant à sa facon le role d'un pion dans l'echiquier politique francais ( un echiquier complètement foutraque ou il n'ý aurait que des fous). Le rythme est à la fois frénétique et intelligent, bercé par des choix musicaux écléctiques ou le réalisateur laisse entrevoir un peu ses influences: Western, Romcom, Polar.... Une combinaison rare dans le registre de la comédie populaire en France, souvent engluée dans des recettes potaches. Ici, les personnages sont régulièrement les dindons de la farce , et à plusieurs reprises , mais jamais les spectateurs. On rit beaucoup, on est surpris, et surtout, on a le sentiment que l’on ne nous prend pas pour des c0ns. C’est drôle, fin et efficace.
On peut parler de caricatures, de surréalisme facile, mais les personnages ainsi croqués ne paraissent pourtant pas si factices ou pas si clichés que ça. Le bouchon est poussé juste pour la comédie mais on a déjà su ou vu des événements politiques qui ne sont pas moins absurdes ou grotesques ! Le qualification "fils de" n'est pas plus rare, la dimension dynastique n'est pas non plus quelque chose d'extraordinaire. Le scénario est plutôt bien écrit en décryptant un microcosme où l'hypocrisie et l'autosatisfaction est un art. Justement, dans le film le microcosme paraît un peu restreint avec uniquement 7-8 personnages principaux ce qui paraît bien peu dans les coulisses du pouvoir. Les rebondissements sont légions, souvent bien amenés, plausibles quoi qu'on en dise, servi par des dialogues aux joutes verbales parfois savoureuses entre personnalités qui sont tous à un moment donné le pantin ou le bouc émissaire d'un autre. Le film aurait pu être encore plus drôle mais il reste dans un équilibre tragi-comique qui n'est pas maladroit. Un très bon moment. Site : Selenie
"Fils de" suit Nino, jeune attaché parlementaire pressé de réussir, chargé d’une mission aussi improbable que risquée : convaincre son père, Lionel Perrin, figure politique fatiguée et perdant magnifique, d’accepter Matignon. Problème : Lionel a tiré un trait sur la politique… et sur son fils. "Fils de" se laisse regarder avec plaisir, porté par son tempo et ses comédiens, mais reste trop sage pour marquer durablement.
Le premier film de Carlos Abascal Peiró, ancien journaliste, résonne curieusement avec l'actualité : il s'agit en effet dans le film de ... trouver un premier ministre !
Les candidats sont nombreux mais traînent tous plus ou moins une casserole (réelle ou montée de toute pièce par leurs adversaires) qui empêche leur nomination.
Le style du jeune cinéaste est sur-vitaminé, entraîné par une caméra sous acide et une succession de réparties bien senties et de gags dont beaucoup sont assez drôles.
On se n'ennuie pas une seconde, et fort heureusement le rythme effréné du début du film (une scène de fête tellement agitée que les dialogues en sont à peine audibles) se calme un peu pour ménager quelques jolies scènes dont François Cluzet est le centre, personnage plus doux que tous les autres.
On est ici dans le domaine de la parodie poussée à son extrême, les tares du monde politique étant exposées tour à tour, avec une acuité cruelle parfois délicieuse (je pense à l'allocution mielleuse de la candidate qui parsème ses propos d'un nombre incalculable de citations).
Un divertissement plaisant qui donne un coup de jeune à la comédie française.
Se voulant critique acerbe de la sphère politique et des médias, ce film est surtout lourd et maladroit. Les personnages sont caricaturaux et pas attachants, les dialogues peu naturels et les seconds rôles en roue libre.
Comédie qui ce veut acerbe sur le pouvoir. Dommage que ne soit très peu amusant et aucun franc rires dans la salle. Film qui ne fera pas beaucoup d'entrée et ne restera pas dans les mémoires.
Quel film étrange que le long métrage de Carlos Abascal Peiro ! Difficile de savoir au sortir de la salle ce qu’on en a vraiment pensé. La mise en scène ludique (presque cartoonesque par moment), l’humour absurde mais grinçant du scénario, le rythme d’enfer du montage, tout cela est plutôt séduisant de prime abord. Quelques flaches back (dont l’étrange scène d’ouverture qui se situe en 1979), un ton perpétuellement exalté et décalé, tout cela fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde et que les 1h45 du film passe vite, on est presque surpris de voir débouler le générique de fin. Il y a de l’idée dans cette mise en scène volontairement un cran au dessus de ce qui devrait être pour un film politique, comme pour filmer une sorte de pièce de théâtre de boulevard. Je ne connais pas ce réalisateur espagnol et pour cause, il est tout jeune et c’est son premier film en France, il parait. Mais par quel sortilège un jeune espagnol aurait tant à dire sur la politique politicienne française ? Il met en scène son propre scénario et le film à tout d’une sorte de film « à clef ». spoiler: On y croise des politiciens qui s’auto-nomment Premier Ministre, un ministre de l’Intérieur qui utilise sans vergogne les forces de polices pour ses petites magouilles, des secrétaire général de l’Elysée qui se prennent pour des chasseurs de tête, des directrices du FMI qui se verrait bien à Matignon, des conseillers en communication qui monte des fake news grossières pour nuire aux concurrents, et des médias qui relaie au lieu d’investiguer. . L'intrigue se suit sans déplaisir et même si le ton est volontairement outré, les rebondissements très appuyés, l’humour souvent efficace (avec un petit soupçon de vulgarité, mais sans excès) et le film fonctionne. Sur le fond, le scénario de « Fils de. » ne va pas élever le niveau ni la mauvais opinion que les français ont de leur hommes et femmes politiques. Il est fort peu question d’idées, mais beaucoup d’ambitions personnelles, de calcul, d’alliances de circonstances, spoiler: de comptes en Suisse ou à Singapour et de circonscriptions à décrocher. On pourrait même, sans trop se forcer, considérer que « Fils de. » est un film populiste. Ce n’est pas le premier dans ce genre, mais celui-ci, parce qu’il lorgne du coté de la farce, pourrait légitimement être regardé comme un exercice de démagogie redoutable. C’est pour cela qu’une fois la séance terminée, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer, si on doit recommander le film ou se désoler qu’il puisse plaire au plus grand nombre. Sur le casting en revanche rien à redire, Alex Lutz est délicieusement détestable en ministre de l’intérieur au microbiote fragile, François Cluzet très à son aise dans le rôle du vieil écolo revenu de tout (ça lui va comme un gant, c’est presque énervant tellement ça lui va bien, c’est sans surprise) ou encore Karine Viard, parfaite comme toujours en femme de tête à serre-tête. La vraie révélation c’est le jeune Jean Chevalier, pas très connu encore, mais qui est de toutes les scènes, donne de sa personne sans compter et se révèle fort drôle dans une bonne demi-douzaine de scène, et attendrissant dans les autres. Faut-il recommander « Fils de. » ? Honnêtement je ne sais pas, ce film me fait l’effet d’une sorte de couteau à double tranchant très effilé, à manipuler avec précaution.
"Fils de" a un rythme enjoué qui empêche le spectateur de s'ennuyer. Néamoins, la satire est bien trop marquée pour coller à une forme de réalité. A déguster donc, mais à ne surtout pas prendre pour argent comptant.
Soit disant un pamphlet sur les arcannes de la politique, un peu brouillon dans la mise en scène et surjoué en terme d'interprétation ( pas forcément à la hauteur assez rare pour le signifier), au final il a presque tendance à horripiler qu'à fasciner.
Malgré un casting impeccable, le scénario est poussif et attendu, la réalisation exaspérante et les personnages caricaturaux, le tout baignant dans une franche vulgarité. Bref plutôt insupportable ´
Quelques scènes un peu faciles vers la fin et une narration qui se perd un peu passé le prologue mais toutefois maitrisé, rythmé, original, intelligent et très fun. Le tout en nous offrant une satire politique exquise. Des acteurs excellents et Cluzet dans un de ses meilleurs personnages en ancien activiste presque détaché et néanmoins imprévisible.
Si la réalisation est bonne et le jeu des acteurs excellent, on sort de la séance avec un goût un peu de vin frelaté dans la bouche. La faute à un scénario très peu crédible et des personnages caricaturaux. On est loin de la réussite de réalisme politique de films récents comme "Alice et la maire", "les promesses", "l'exercice de l'Etat", ou même "Quai d'Orsay" (dont le personnage du ministre était plus crédible au regard de la personnalité grandiloquente de Dominique de Villepin), sans parler de séries remarquables (notamment l'excellent "Baron noir"). Pour avoir fréquenté un peu la classe politique pendant vingt-cinq ans, j'estime avoir quelque expertise en la matière..