Suite de L'Homme de marbre L'Homme de fer s'il est moins réussi dans sa mise en scène et peut-être son histoire il n'en reste pas moins passionnant pour découvrir la portée qu'a eu Solidarnosc (Lech Walesa y joue son propre rôle) en Pologne ; les près de 2h30 de L'Homme de fer se suivent avec beaucoup d'intérêt et ce film permet aussi de savoir ce qui est arrivé aux protagonistes de L'Homme de marbre. Quelques scènes choquantes qui montrent l'absurdité et l'intolérance des dictatures comme celle empêchant Maciek Tomczyk de poursuivre ses ambitions artistiques, de l'émotion aussi. Un bon rendu aussi du journaliste qui mène l'enquête et qui est très partagé entre son bien-être et l'enthousiasme pour une nouvelle ère. Du cinéma intelligent.
Suite de l'excellent "L'Homme de marbre", à l'instar d'un Roberto Rossellini avec "Rome, ville ouverte" Andrzej Wajda s'attaque ici à une actualité plus que brûlante désirant en faire le véritable témoignage d'un tournant historique pour son pays et pour le Monde, et d'en retranscrire l'état d'esprit. Il est donc déplorable que dans la première heure et quart, l'ensemble vire dans l'académisme le plus plat, loin de la souplesse du précédent volet, et s'englue dans des tas de scènes inutiles qui donnent l'impression que le cinéaste ne sait pas où il va. Il est difficile de ne pas piquer du nez devant. Un sursaut survient heureusement au début de la deuxième moitié quand Wajda revient sur les terres de "L'Homme de marbre" avec la réapparition de l'énergique Krystyna Janda. Là on retrouve ce qui manquait cruellement au début à savoir la passion. L'ensemble arrive enfin à se faire captivant, fort et émouvant, avec en prime une apparition dans son propre rôle de Lech Wałęsa himself. L'esprit de solidarité des combattants de l'oppression communiste ne peut qu'ici toucher et fait de "L'Homme de fer" un très beau témoignage du début de la fin d'une époque.
Une photographie sensible et réaliste de la Pologne du début des années 80 avec le mouvement Solidarnosc, vu de l'intérieur. Wajda filme des personnages dans leur luttes, leur utopies, leur solidarité (évidemment !) mais aussi leur contradiction et leur divergence... Cela donne un fim choral d'ou émerge trois personnages (l'ouvrier, le journaliste, la photographe...) et la figure furtive mais tutélaire de Lech Walesa en personne. Le leader syndical apparait d'abord dans des images d'archives judicieusement intégrées au montage puis dans la scène du mariage ou, dans son propre rôle, il est un des témoins qui partage les roses blanches... Bon, alors, j'avoue avoir été un peu largué la première heure car ça part un peu dans tous les sens, entres revendications, jeu de piste entre représentants du régime et ouvriers et focus sur les luttes syndicales précédentes... On regarde sa montre. Et puis, le film devient plus fluide avec l'arrivée de Agnieszka et le couple qu'elle forme avec Maciek, on est alors davantage dans un thriller politique, plus haletant. A ce stade, la réussite du film est d'être en prise directe avec les événements, en arrivant à créer un espace fictif qui complète au mieux le réel, en l'amorçant ou en le concluant. Wajda réussi assez bien cela, avec une technique maîtrisée (lumières froides, cadrages en 4/3 façon reportage...) et tout un réseau de plans ou les personnages s'observent ou attendent entre angoisse et fièvre, ce qui crée un semblant de tension constante et maintien l'intérêt. A l'arrivée, un document, certes long, mais passionnant sur un morceau d'histoire.
Il est difficile d’apprécier la valeur de Człowiek z żelaza sans tenir compte de deux éléments tout à la fois extérieurs et déterminants : il y a d’une part le statut de suite, puisqu’au « marbre » succède le « fer », au père le fils, et que les partis pris de mise en scène consistant à brouiller les cartes entre fiction et réalité étaient déjà présents dans Człowiek z marmuru réalisé en 1977. Il y a, d’autre part, la situation politique de la Pologne au moment du tournage, au cœur de laquelle se situe la caméra d’Andrzej Wajda puisqu’elle investit les chantiers navals de Gdańsk, haut lieu de la contestation ouvrière. L’esthétique de l’urgence, si elle occasionne quelques scènes saisissantes, se heurte cependant ici aux redondances et aux longueurs qui, au lieu de servir la cause défendue, tendent à la rendre opaque. La confusion politique a toujours occupé le cinéaste, dont l’exemple le plus frappant serait certainement Les Possédés (1988) : il livre le second volet, épuisant et épuisé, d’une fresque monumentale qui a l’intelligence et la justesse de constamment rester à hauteur d’hommes et de femmes. Le dialogue continue d’occuper une place essentielle, compose de très beaux portraits où l’émotion point derrière les cris ou la dureté affichée. Un film coup-de-poing aussi brouillon que stimulant.
Andrzej Wajda, à qui l’on doit déjà L'Homme de marbre (1976), réalise ici, cinq ans après, sa suite, intitulée L'Homme de fer (1981). Retranscrire la crise sociale Polonaise, l’idée de départ était intéressante, mais il faut avouer que le résultat final est tout bonnement décevant. Le début du film prêche par son manque de compréhension et de clarté. L’intrigue avait toutes les cartes en main pour nous tenir en haleine, mais rien à faire, on peine à rester captiver par cette histoire, alternant faits historiques et histoire purement fictive. Si bien qu’au final, on a bien du mal à comprendre comment le film a pu obtenir la Palme d'Or lors du 35ème Festival de Cannes (sans oublier, sa nomination pour l'Oscar du Meilleur Film Etranger 1982).
Un régime politique et son empire, le stalinisme, décrit dans toute sa splendeur; sans jamais perdre de vue que le souci principal de ce mode de gouvernement est qu'il prévoit beaucoup de bonnes choses et de décrets -mais surtout pour les autres ! En fait la suite de "L'homme de marbre", sauf qu'en ce cas présent la fiction est tellement empreinte de réalisme qu'on peine à distinguer fiction et documentaire.
Quand le cinéma était le témoin direct de l’histoire en train de s’écrire… Deuxième volet d’un diptyque signé Andrzej Wajda, sorti trois ans après L’homme de marbre – on y retrouve une partie des personnages vus dans celui-ci, même si leurs rôles ont évolué – L’homme de fer nous plonge au beau milieu de la grève des chantiers navals de Gdańsk en 1980, qui donnèrent lieu à la création de Solidarnosć, le premier syndicat libre de la Pologne communiste. Entre documentaire et fiction, ce film incroyable nous fait rencontrer notamment les figures de Lech Walęsa et d'Anna Walentynowicz, membres fondateurs du syndicat et incarnant leur propre rôle à l'écran. Ce film à l’énergie bouillonnante et à la densité narrative évidente nous replonge aussi dans l’épisode des émeutes de la Baltique de 1970, prélude aux événements de 1980, à travers le destin des personnages croisés dans le premier opus. Cette ode à la résistance et au pouvoir de création obtint la Palme d’Or au Festival de Cannes de 1981.