Le Secret de Khéops ne sait sur quel pied danser, hésite en permanence entre la truculence fictive d’un Indiana Jones et la véracité des enquêtes interactives du type La Carte au trésor ou autres émissions dans lesquelles des personnes courent, résolvent des énigmes et apprennent des choses sur l’Histoire des lieux fréquentés. Une réplique reconnaît, tel un aveu de faiblesse, cet écartèlement intenable entre deux positions, l’archéologue grand-père dénonçant avec arrogance la nature « sortie scolaire » de l’expédition dans les égouts de Paris. Sur le plan de la truculence, Barbara Schultz ne dispose d’aucun sens du comique, ce qui conduit la plupart de ses intentions burlesques, chacune relevant d’un type de comique bien identifié (répétition, situation, mots, caractère…), à ne jamais s’incarner à l’écran ; l’exemple le plus frappant en est certainement la transition entre un site antique et le kebab du coin au moyen d’un mur que l’on casse, trouvaille qui aurait pu s’avérer hilarante si elle avait disposé d’un cadrage rigoureux et d’un temps suffisant entre action et suspension. L’humour ressemble, production M6 oblige, à celui des films de Philippe de Chauveron : une même blague revient d’ailleurs, confondant les initiales d’un homme politique avec un support d’enregistrement (DVD) comme on superposait « c’est des Roms » et « Cd-rom » (À bras ouverts, 2017).
Sur le plan de l’éveil à la culture historique, le brouillage des repères entre le vrai et le faux désamorce tout enrichissement – car le cinéma sert aussi à cela, à apprendre des choses – d’autant que la surenchère de retournements de situation, sans aucune fausse piste pourtant, discrédite l’intrigue et ses enjeux. Tout est aussitôt formulé aussitôt réglé, suivant le contre-modèle Uncharted (Ruben Fleischer, 2022), pris en charge par un Fabrice Luchini en roue libre. L’ensemble se suit non sans déplaisir, certes, mais sans mystère aucun non plus, et c’est bien dommage.