Le Petit Soldat
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scorsesejunior54
scorsesejunior54

178 abonnés 694 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 janvier 2009
Censuré durant trois ans en France, ce qui empêcha alors sa sortie, "Le Petit Soldat" de Jean-Luc Godard est avant tout un film provocateur. Il résiste à toute forme de convention possible et tente de convaincre le spectateur par l'intermédiaire d'un style original et personnel. Le fond est passionnant et dérange encore aujourd'hui. Les horreurs de la guerre d'Algérie n'ont pas et ne seront probablement jamais toutes dévoilées tandis que l'ambiguïté véhiculée autour du propos trouve sa pleine puissance. Les métaphores vont bon train et la critique politique s'avère réussie dans la mesure où elle ne prend jamais parti et renvoie au contraire toutes les idéologies dos-à-dos, dans un monde fait de violence et corruption. Constat simpliste dans son défaitisme ? Non, car la réflexion est cohérente et argumentée, proposant de larges pistes d'interprétation à tous les niveaux. Les personnages sont fouillés et ne tombent à aucun instant dans le cliché. Puissant, "Le Petit Soldat" sait retranscrire leurs émotions et possède une véritable intensité. Le problème subsiste dans la forme, ne relevant que du déjà-dit. Caméra à l'épaule, plans mobiles à la limite du documentaire, noir et blanc un peu crade, on a l'impression de revivre "A Bout De Souffle" dans un autre contexte. Rien ne nous est épargné : du portrait féminin de la beauté étrangère parlant avec son accent charmeur, à la passion de celle-ci pour la photo et le mannequinnat, situations passives, regards naïfs... Anna Karina nous ressert un condensé de Jean Seberg. La scène de confrontation du couple dans la chambre est à peu de choses près la même et ne tente même pas une quelconque variation à ce niveau. Pas de référence, juste un auto-pompage peu réjouissant. Et à force de retenter le coup de l'essai destructuré sans y changer grand-chose, Godard finit par auto-détruire son projet, nous désintéressant petit à petit de son résultat, certes efficace mais pas révolutionnaire.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 6 septembre 2010
Un film d'espionnage qui fut un gros scandale lors de sa sortie. Jean Luc Godard le réalisa en 1960. La réalisation fut censurée pendant trois ans avant de sortir. On reproche à "Le petit soldat" d'être antimilitariste car l'oeuvre évoque les tortures durant la guerre d'Algérie et ce n'est apparemment pas approprié au contexte politique de la France à l'époque. Et pourtant j'ose dire que ces tortures sur les arabes exercées par les Français étaient exactement réels et identiques à l'époque de la guerre d'Algérie. Les Français n'ont pas réussis à l'admettre à ce moment là et même maintenant ils ont beaucoup de mal à le dire.
gimliamideselfes

3 433 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 juillet 2009
Chef d'oeuvre, Godard sait faire du cinéma, la mise en scène est magnifique, les dialogues sont savoureux et le tout forme une histoire belle avec des moments de purs génie comme la séance photo, magistrale.
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2014
Dans ce que j'ai vu de Godard, j'adhère plutôt à son cinéma malgré quelques déceptions (Le Mépris et Made In USA notamment) et il est clair que "Le Petit Soldat ne fait pas parti de ses déceptions. Malgré un rythme assez lent, on ne s'ennuie pas et Godard nous captive de bout en bout. L'écriture est d'excellente qualité et notamment les dialogues. On suit Bruno Forestier, réfugié en Suisse après avoir déserter l'Algérie, il travaille pour un groupe d’extrême droite, et il sera testé par ses proches. La deuxième partie du film est supérieur à la première même si cette dernière n'est pas désagréable. La mise en scène de Godard est vraiment originale et impeccable et certaines scènes sont superbe. Les thèmes abordés sont vraiment intéressant et Godard arrive bien à nous y immerger et à nous y intéressé et finalement on n'en sort pas indifférent. Coté interprétions, c'est plutôt bien, il n'y a pas grand-chose à dire, on remarquera Anna Karina dans un de ses premiers grands rôles. Un bon film, assez sombre et qui ne laisse pas indifférent.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 13 mai 2010
Du godard quoi, le sujet change mais c'est toujours la même chose.
Truman.
Truman.

273 abonnés 1 364 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 février 2014
Dans ce film Jean Luc Godard parle de politique via les services d'espionnage et la guerre d'Algérie, l'histoire sera celle d'un agent, Bruno Forestier qui doit tuer un homme mais il hésite, son hésitation va alors lui valoir des problèmes .
Dénonçant les manipulations des services secrets, la guerre mais aussi la torture Godard offre une vision fascinante d'un milieu rempli de mensonges et de violence .

Mais au milieu de tout ceci le personnage de Bruno découvre l'amour avec Veronica Dreyer jouée par Anna Karina . Anna sera alors le centre du récit sans être constamment devant la caméra, elle fait évoluer et changer le personnage de Bruno .

L'amour dans le regard et la voix, puis l'amour dans la photo, Godard offre toujours une scène incroyable dans ses films, dans "Une femme est une femme" c'était une scène de dispute qui se finissait dans des livres, dans "Bande à part" c'était la scène de danse, ici Godard offre une scène incroyable de shooting photo sur fond de musique classique, un grand moment de cinéma malheureusement trop court .

La beauté d'Anna Karina mélangée à la beauté de l'amour et d'un fin noir et blanc sur une réalisation très correct bien que l'on ressente les débuts du réalisateur dans des cadrages pas tous maitrisés .
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2017
«A Bout de Souffle» avait révolutionné le cinéma, avec «Le Petit Soldat» Godard eut l'audace de révolutionner son cinéma, dès son deuxième long métrage! Si le premier était léger, euphorique, irrévérencieux, le second est grave, glacial, mécanique, austère... L'esthétique à la sauvette d'«A Bout de Souffle» servait énormément le film, lui donnait une vie incroyable et a grandement contribué à son succès. Au contraire chez «Le Petit Soldat» cette même esthétique spontanée lui confère une inhumanité froide, une impersonnalité inquiétante, car bancale, comme tranchée dans le vif de la réalité. D'où une double incompréhension du public : l'esthétique godardienne se répète certes (d'où l'effet de surprise en moins, se changeant chez certains en accusations de facilité un peu hâtives) mais elle vise une tout autre fin ; de plus cette fois le propos est clairement politique, fini le divertissement, l'ingénuité « Nouvelle Vague » (sauf par intermittences). Avant de saluer le film en lui même, il convient donc de rappeler la remise en question de Godard, qui n'a pas choisi la voie de la facilité malgré le succès sur lequel il aurait aisément pu surfer en continuant dans la droite lignée de ses débuts. Revenons maintenant au «Petit Soldat». Rien que son sujet, et la façon dont il est traité, lui donne une importance considérable dans l'histoire du cinéma hexagonal : c'est l'un des rares films français (suisse en vérité) à relater les évênements de la guerre d'Algérie, et plus particulièrement les manoeuvres qui se firent dans l'ombre dont la plus notoire reste la torture, pratiquée par les deux camps. On connaît l'engagement politique de Godard, et si son orientation ne laisse aucun doute, la relative objectivité dont il a fait preuve pour représenter les parties adverses force l'admiration et participe grandement de l'intérêt de ce long métrage. Et quel travail formel! Ingénieuse bande-son, montage énergique, magnifique photographie de Raoul Coutard... Un Godard essentiel. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 4 novembre 2007
c'est fou ce que ce film est génial!!!

je le regarde sans arret, du tres grand GODARD!
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 mai 2020
Tourné en 1960 dans la foulée du fondateur À bout de souffle, le second long-métrage de Jean-Luc Godard ne sortit qu’en 1963 car frappé par la censure. Film à la morale ambiguë, Le petit soldat nous embarque dans l’histoire d’un déserteur expatrié en Suisse qui, en pleine guerre d’Algérie, travaille sans grande conviction pour un groupuscule d’extrême droite anti-FLN. Quelque année avant sa bien plus tranchée Chinoise, JLG ne prenait réellement position pour aucun des camps (sauf pour celui de la beauté d’Anna Karina, sublimée dans un rôle néanmoins un peu cruche), montrant des pratiques inhumaines chez les uns comme chez les autres, et prêtant au personnage principal des propos ostensiblement contradictoires, proches d’un anarchisme de droite. La mise en scène, d’une liberté folle, est magistrale.
annastarnomberon
annastarnomberon

148 abonnés 239 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 mars 2012
Fougueux, orgueilleux, fier, silencieux, fin, sombre, poétique. Le petit soldat est un peu tout ça à la fois. Et puis c'est aussi l'incommunicabilité, le rapport de l'homme à sa propre image et sa propre voix, les réflexions sur la mort, les idéaux, la bipolarité du monde entre les vivants et les autres... Tant de problématiques évoquées par un très pédant Michel Subor (hyper classe en Bruno) et qui semblent tout droit inspirées de Malraux et sa Condition Humaine (dont on voit d'ailleurs la couverture apparaitre à un moment du film). Avec de telles inspirations, il en ressort comme souvent avec Godard un film très original aux allures introspectives, mais aussi très noir. On retrouve vraiment cette impression presque fouillie, que l'on est en train de divaguer avec Bruno, suivant le fil de sa pensée comme il peut nous arriver de suivre le fil de la notre, même si elle n'a ni queue ni tête. Et c'est assez plaisant. Anna Karina, elle, dégage toujours cette présence incroyable (surtout dans la scène de la séance photo) même si son rôle n'est pas vraiment pour me plaire -trop tu-. Et la fin, sous ses airs détachés, est comme d’accoutumée chez l'ami Jean-Luc, une fin difficile mais qui ouvre sur la liberté et laisse songeur. Un bon Godard, mais pas mon préféré.
benoitparis
benoitparis

142 abonnés 1 277 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 décembre 2009
Chez Godard la culture est quelque chose de fétichiste. C’est peut-être prétentieux mais en même temps ce n’est pas vain. L’Histoire, la politique broient fatalement et gratuitement et le film en rend bien compte à travers un personnage coincé dans sa guerre secrète. L’évocation, forcément elliptique cérébrale et très stylisée de la torture est tout de même saisissante (au point que le film a été interdit en France pendant les évènements). C’est peut-être plus anecdotique, mais il est aussi donné à voir un point de vue d’étranger très proche et francophone (suisse, ça aurait pu être belge) sur les guerres civiles françaises qui ne manque pas d’intérêt.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 3 avril 2010
Un film de débutant, joué par deux débutants, à caractère soit disant politique, les dialogues sont insipides, la philosophie douteuse, et le film se termine en queue de poisson. En définitive pas très convaincant. Probablement le plus mauvais de JL Godasse, (dont vous l'avez deviné je ne suis pas particulièrement fan).
Je me souviens très bien du succès très relatif du film à l'époque, probablement dù à son interdiction pendant 3 ans.
Rien à voir cependant avec "A bout de souffle" dont le succès a été mérité.
Il me faut aussi préciser que je n'ai jamais été particulièrement attiré par les films "nouvelle vague" que selon moi on peut comparer à certaines peintures ou sculptures d'art moderne, totalement creuses, et dépouillées, que certains font passer pour des chefs d'oeuvres, une certaine forme d'escroquerie.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 décembre 2024
Jean-Luc Godard livre un film à la croisée de l’intime et du politique, s’attaquant à la guerre d’Algérie et aux mécanismes de la propagande. Tourné en 1960 mais sorti trois ans plus tard en raison de sa censure, le film offre une réflexion froide et désenchantée sur l’engagement et la violence, incarnée par un protagoniste ambigu joué par Michel Subor. Anna Karina, dans son premier rôle sous la direction de Godard, apporte une lumière fragile et mélancolique à cette œuvre austère. Cependant, "Le Petit Soldat" paraît plus expérimental qu’émotionnellement impliquant, manquant d’une réelle profondeur dans son analyse politique.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 mai 2021
Film éminemment politique de Godard qui le verra censuré pendant plusieurs années du fait de la guerre d’Algérie. Si on ne peut que signaler son engagement notamment dans l’évocation de la torture que reste t’il de ce film aujourd’hui? Et bien un film que j’ai trouvé verbeux j’ai eu du mal à croire à ce tueur qui fait une citation philosophique ou culturelle toute les deux phrases (son monologue final m’a achevé), d’une manière générale peu de personnages m’ont convaincus. J’ai bien senti que ce qui intéressait Godard c’étaient les concepts qu’il évoquait comme l’engagement politique justement, la liberté ect mais comme je n’ai pas cru aux personnages qui les évoquent ou qui les représentent je suis resté en dehors du film. Et puis je l’ai trouvé confus comme s’il se perdait dans ses réflexions et qu’au final il ne savait plus de quoi en tirer. Dans ma découverte du cinéma de Godard ce petit soldat ne me laissera pas un grand souvenir.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 9 décembre 2020
« Le petit Soldat » de Jean-Luc Godard tourné en 1960 n’est sorti que 3 ans plus tard du fait de la censure liée à la guerre d’Algérie. J’avoue ne pas avoir fini de visionner ce film – ce qui est très rare – tant il est lent avec un montage quelque peu décousu et surtout des dialogues pseudo-intellectuels enrichis d’allusions à Cocteau, Mme de Staël, Paul Klee, Modigliani… Le sujet n’était en lui-même pas inintéressant mais dès son second long-métrage Jean-Luc Godard se réserve à ses initiés !
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