Toxic
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Toxic" et de son tournage !

L'usage du plan fixe

La réalisatrice a privilégié le plan fixe, sur les conseils de son chef opérateur Vytautas Katkus. "J’étais plutôt méfiante concernant l’expérimentation, je voulais surtout suivre mes personnages. Quand j’ai commencé à travailler avec Vytautas, il m’a suggéré des angles différents où placer la caméra en allant plus loin que de simplement les filmer", raconte Saulė Bliuvaitė.

Genèse

À l'origine de Toxic se trouve l'envie de Saulė Bliuvaitė de mettre en scène des pré-adolescentes et leur rapport au corps : "C’est un âge intéressant car ces filles se situent quelque part entre l’enfance et l’adolescence. D’un autre côté, je suis passionnée par le corps humain et notamment celui des filles et des femmes. À 13 ans, entre ces deux âges, selon comment tu te regardes, il y a des choses qui sont projetées sur ton corps." Elle avait aussi une image en tête, celle de deux filles dans un paysage déserté et industriel, aux tenues et aux aspirations en opposition avec ce lieu gris et terne.

Scènes difficiles pour comédiennes débutantes

La réalisatrice craignait que certaines scènes intenses du scénario soient difficiles à filmer pour les jeunes actrices. Elle avait même peur de présenter ces scènes lors du casting, pour ne pas rebuter les candidates. Ainsi, elle a d'abord rencontré les parents de Vesta Matulyte et Ieva Rupeikaite, leur a fait lire à toutes et tous le scénario, pour ensuite discuter de l'importance de ces séquences dans le récit. Elle raconte : "J’ai eu beaucoup de chance parce que les parents de ces filles ont aussi compris le message et leur nécessité. Les filles étaient nerveuses et effrayées, ce qui est normal, mais elles ont compris rapidement. Ce sont des scènes difficiles pour des comédiens professionnels et c’était la première fois qu’elles allaient être sur un plateau devant une caméra."

Travail de préparation

La préparation du film fut longue, ce qui a permis de mettre en place pour les actrices des ateliers de jeux et des improvisations de scènes qui ne sont pas dans le scénario. Saulė Bliuvaitė se souvient : "Après quelques rencontres, je me suis rendue compte qu’elles voulaient vraiment ressentir et créer elles-mêmes. Je leur donnais des situations et comme indication de parler avec leurs mots et d’être elles-mêmes. Elles ont pris tellement de plaisir dans ces jeux d’improvisations qu’elles sont devenues amies."

Elle a utilisé cette méthode de direction de deux manières différentes : pour les scènes plus amusantes d’improvisation où les comédiennes sont mises à l’aise dans certaines situations et pour les scènes plus intenses ou violentes. "Elles se détachent complètement en différenciant le personnage et leur personne réelle. Ces scènes étaient un peu comme faire des cascades en se disant que ce n’est pas soi que l’on met dans cette situation", explique-t-elle.

Le titre

Le titre original du film n'est pas Toxic, mais le mot lithuanien Akiplėša. Cependant, Saulė Bliuvaitė considère que ce titre anglais sied parfaitement au long-métrage, permettant de renvoyer aussi bien aux standards de beauté toxiques, qu'aux relations toxiques, au paysage toxique et à la masculinité toxique.

Un soin particulier accordé au son

La réalisatrice a fait appel à un grand ingénieur du son lituanien qui a fait toute la conception sonore lui-même, seul, pendant des mois. Avant le tournage, il a demandé à la production d’engager quelqu’un pour venir enregistrer des sons originaux sur le plateau. Ainsi, tous les sons de Toxic sont authentiques, il n'y a pas eu besoin de recourir à une bibliothèque sonore. Ces sons ont été utilisés de façon à bousculer la perception du spectateur : "Par exemple, il y a des scènes où on voit des gens à l’avant du plan et on entend des bruits de conversations en arrière-plan. Ça pourrait être vu comme une erreur mais c’était un autre moyen de se libérer des conventions et de ne pas coller à ce que l’on attend d’un film."

Quant à la musique, le compositeur Gediminas Jakubka a inséré dans presque tous les morceaux du film des enregistrements d’une célèbre chanteuse pop lituanienne des années 2000, permettant de relier la nostalgie de la réalisatrice à l’esthétique des années 2000, dont est obsédée la génération montrée dans le film.

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