"Le deuxième acte" est un réjouissant hommage au cinéma et surtout aux acteurs (et même aux figurants), sorte, en mode mineur, de "La nuit américaine" (1973), la plus belle réussite de François Truffaut.
Ce presque moyen métrage (un peu plus de 70 minutes sans le générique, un plat sans gras) m'a aussi rappelé les expérimentations parfaitement construites et chronométrées, avec quelques acteurs et longs plans-séquences, de Paul Vecchiali comme "C'est la vie !" (1980) ou "Trous de mémoire" (1984).
Avec ici, en plus, une bonne dose d'autodérision et de modernité à la Bertrand Blier ("Buffet froid" en 1979, "Les acteurs" en 1999, ...)
On y retrouve notamment "Yannick" qui s'appelle maintenant (en fait, depuis qu'il était petit) "Willy" en hommage à Arnold qu'il confond, comme, étrangement, tout le monde, avec Willy. Il a changé de prénom, mais pas de personnage. Cependant, Willy est-il réellement Willy ? Ou n'est-il qu'un personnage de fiction ?
Alors que l'on s'ennuie souvent dans les salles de cinéma, cette comédie est pleine d'intelligentes surprises.
C'est régulièrement hilarant, mais Dupieux ironise avec pertinence et lucidité sur les inquiétudes de l'époque et sa bien-pensance : dictature de l'intelligence artificielle, angoisse du changement climatique, cancel culture, politiquement correct et inclusion obligatoire des minorités sexuelles (il a oublié les « racisés », si l'on ne prend pas en compte les hors-champ Arnold ou Willy), abus du mouvement #MeToo.
Je me pose la question de comment vieilliront ces sujets d'actualité. Probablement, la société passera à autre chose, aura d'autres priorités (comme la bourgeoisie a totalement délaissé, depuis les années '80, l'émancipation sociale du prolétariat blanc). Et il restera quelques nostalgiques de notre époque.