Quentin Dupieux enchaine les projets à un rythme soutenu, mais embarque désormais systématiquement un casting prestigieux sur chacun d'entre eux. Au fil du temps il a su imposer son style décalé dans le cinéma français, qui a ses amateurs, mais aussi ses détracteurs. J'avoue moi-même ne pas savoir dans lequel de ces deux camps je me situe, car ses films sont toujours quelque part fascinants, mais j'ai eu parfois du mal à vraiment déterminer si j'avais aimé ou pas ses films.
"Le deuxième acte" est seulement le quatrième film du réalisateur que je vois, après "Le daim", "Mandibules" et 'Yannick". Mais si jusqu'à présent j'ai toujours su apprécier ceux-ci, cette fois-ci je suis sorti un peu plus perplexe de cette nouvelle création du metteur en scène.
Mise en abîme du monde du cinéma, avec une sorte de film dans le film, sans trop pouvoir en dire plus, "Le deuxième acte" alterne continuellement entre réalité et fiction, sans coupe pour mieux perdre le spectateur, ce qui en soit n'est pas nécessairement une mauvaise idée, mais on se demande vraiment où veut en venir le film. Heureusement, l'excellent Raphaël Quenard est encore une fois très bon, et a ici plusieurs répliques à mourir de rire, sans ça on se serait vraiment ennuyé du début à la fin.
Arrive un petit twist en milieu de film qui rebat un peu les cartes, mais si on devine que Dupieux veut par là critiquer ce vers quoi pourrait aller le cinéma à l'avenir, encore une fois on peine sinon à comprendre quelle est la volonté du métrage. Dupieux finit même par combler du vide avec des longs dialogues sans intérêt, pour tenir un petit quart d'heure de plus histoire de justifier qu'il s'agit d'un long métrage, alors qu'il n'a déjà plus rien à raconter.
Tout ça pour arriver à une fin qui appuie encore cette mise en abîme, mais qui encore une fois ne raconte finalement pas grand chose.
Quentin Dupieux enchaine les projets à un rythme soutenu, certes, mais on sent ici clairement qu'il a rapidement écrit un script à partir d'une idée qui lui est venue de manière soudaine, sans prendre le temps de le retravailler pour vraiment arriver à quelque chose de bien fini.
Son "deuxième acte" parait être un projet d'étude pas bien abouti, ou un premier film d'un jeune réalisateur qui a eu une idée mais n'a pas vraiment su comment l'exploiter correctement. Le talent du casting, et principalement de Raphaël Quenard, ne suffit pas à sauver le film qui ne raconte finalement rien et est d'un ennui assez profond.