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Guillaume LR
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3,5
Publiée le 24 avril 2026
Quentin Dupieux toujours aussi productif nous propose encore une fable engagée, un regard sur le cinéma, aux frontières de l'absurde. Jouant encore sur les faux semblants et les mises en abîme, il développe 5 personnages qui sont actrices et acteurs; de son film, de leur film, de leur vie. Enchainant les très longs travelling, le réalisateur prend le temps. Il se moque des longueurs, il laisse les rails de la dolly prendre tout l'espace, lieu et espace-temps. On peut parfois trouver pourtant quelques dialogues un peu étirés de manière exagérée, mais le message (pas très optimiste, il faut le dire) de Quentin Dupieux prend tout son sens. Le cinéma (mais aussi nous toutes et tous ?) est sur des rails, il va tout droit vers un avenir peu reluisant, voire inquiétant. Quelle sera la place de chacun dans ce futur plus si éloigné ? Il pose la question et le casting très réussi jusque dans les petits rôles la pose avec lui.
Le Deuxième Acte suit des personnages pris dans un dispositif où le jeu et la réalité se confondent. Un film court et absurde que j’ai trouvé parfois drôle, mais assez limité dans ce qu’il propose.
Avant de le voir, il faut savoir que Quentin Dupieux s’inscrit ici dans la continuité de son cinéma, basé sur l’absurde, le langage et la mise en abyme. Le film s’intéresse directement au jeu d’acteur et à la fabrication d’une scène, dans un dispositif minimaliste. Fidèle à son approche, il privilégie les dialogues et l’artificialité plutôt qu’une narration classique.
Le film explore la frontière entre fiction et réalité, en montrant des personnages conscients de leur rôle et du dispositif. Il interroge la construction du récit, le statut de l’acteur et la manière dont une scène se fabrique. À travers des dialogues absurdes et répétitifs, il questionne aussi le langage, à la fois créateur et capable de tourner à vide.
Le récit joue également avec la déconstruction du cinéma et les attentes du spectateur. Il refuse les codes narratifs classiques et mise sur la répétition et le non-sens, créant une distance qui amuse parfois, mais frustre aussi.
Je reste plutôt mitigé. L’humour absurde fonctionne par moments, avec des dialogues bien rythmés qui m’ont fait sourire, voire rire. Le casting est solide et le format court est plutôt une bonne idée, en évitant de trop étirer le concept.
Mais j’ai moins adhéré au dispositif méta. L’idée est intéressante, mais j’ai souvent eu l’impression d’un film qui se regarde fonctionner sans vraiment aller plus loin. Le manque d’enjeu narratif se fait vite sentir, avec une sensation de vide. Le minimalisme, cohérent sur le papier, renforce cette impression d’un exercice de style assez limité.
Au final, Le Deuxième Acte propose une idée intéressante autour du cinéma et du langage, mais reste trop enfermé dans son propre dispositif. Un film qui amuse par moments, sans réellement dépasser son concept de départ.
Comme souvent chez Dupieux, la trop courte durée du film est frustrante, tant on aimerait que cela dure + longtemps. Une jolie satyre sur le cinéma, magistralement interprétée. Génial.
C’est interminable, laborieux, presque nombriliste. Jamais le spectateur n’est vraiment invité à entrer dans "l’histoire". On reste à distance de cette introspection qui se veut une critique du système, mais qui finit par tourner en rond. C’est d’autant plus frustrant qu’il y a des talents, des idées, une vraie singularité. Mais ici, tout semble refermé sur lui-même. Bref, c’est du Dupieux.
Je pense que même en mettant deux étoiles, je suis gentil. Le casting est bien, le scénario donne envie, mais en fait c’est long, mal joué et mal filmé. Faire des plans de cinq minutes sans changer de plan et bouger la caméra, c’est pénible! Les quelques blagues drôles permettent aussi la justification de cette note. Heureusement, le film n’est pas long !
Quentin Dupieux enchaine les projets à un rythme soutenu, mais embarque désormais systématiquement un casting prestigieux sur chacun d'entre eux. Au fil du temps il a su imposer son style décalé dans le cinéma français, qui a ses amateurs, mais aussi ses détracteurs. J'avoue moi-même ne pas savoir dans lequel de ces deux camps je me situe, car ses films sont toujours quelque part fascinants, mais j'ai eu parfois du mal à vraiment déterminer si j'avais aimé ou pas ses films. "Le deuxième acte" est seulement le quatrième film du réalisateur que je vois, après "Le daim", "Mandibules" et 'Yannick". Mais si jusqu'à présent j'ai toujours su apprécier ceux-ci, cette fois-ci je suis sorti un peu plus perplexe de cette nouvelle création du metteur en scène.
Mise en abîme du monde du cinéma, avec une sorte de film dans le film, sans trop pouvoir en dire plus, "Le deuxième acte" alterne continuellement entre réalité et fiction, sans coupe pour mieux perdre le spectateur, ce qui en soit n'est pas nécessairement une mauvaise idée, mais on se demande vraiment où veut en venir le film. Heureusement, l'excellent Raphaël Quenard est encore une fois très bon, et a ici plusieurs répliques à mourir de rire, sans ça on se serait vraiment ennuyé du début à la fin. Arrive un petit twist en milieu de film qui rebat un peu les cartes, mais si on devine que Dupieux veut par là critiquer ce vers quoi pourrait aller le cinéma à l'avenir, encore une fois on peine sinon à comprendre quelle est la volonté du métrage. Dupieux finit même par combler du vide avec des longs dialogues sans intérêt, pour tenir un petit quart d'heure de plus histoire de justifier qu'il s'agit d'un long métrage, alors qu'il n'a déjà plus rien à raconter. Tout ça pour arriver à une fin qui appuie encore cette mise en abîme, mais qui encore une fois ne raconte finalement pas grand chose.
Quentin Dupieux enchaine les projets à un rythme soutenu, certes, mais on sent ici clairement qu'il a rapidement écrit un script à partir d'une idée qui lui est venue de manière soudaine, sans prendre le temps de le retravailler pour vraiment arriver à quelque chose de bien fini. Son "deuxième acte" parait être un projet d'étude pas bien abouti, ou un premier film d'un jeune réalisateur qui a eu une idée mais n'a pas vraiment su comment l'exploiter correctement. Le talent du casting, et principalement de Raphaël Quenard, ne suffit pas à sauver le film qui ne raconte finalement rien et est d'un ennui assez profond.
On sent que les acteurs se sont amusés et que la direction était bonne, limite qu’ils ont eu des libertés sur le script, ce qui rend le jeu particulièrement bon. La construction des personnages est vraiment bonne avec ce qu’il représente du monde réel en seconde lecture.
La mise en scène, elle aussi, est propre avec le cadre, et le nom du cadre qui est posé qui nous laisse comme devant un puzzle à assembler, et en désordre avec plusieurs possibilités. À l’image de la vision de Quentin Dupieux.
Un film qui reste comique, mais avec de vrais sujets qui sont abordés, aléatoire et loufoque, qui reste tout de même accessible.
Ce ‘Deuxième acte’, Quentin Dupieux, de son propre aveu, s’en est servi comme d’un porte-voix pour évoquer des sujets qui lui tiennent à coeur : l’homophobie, le nombrilisme d’un cinéma français gonflé de sa propre importance ou la cancel-culture. Le problème, c’est la nature même du cinéma de Dupieux, ce jeu permanent entre la fiction et la réalité qui gomme toute tentative d’y voir autre chose qu’un exercice de style plus ou moins réussi. Ici, le tournage d’un film médiocre fonctionne comme une mise en abîme permanente de cette dualité, encore renforcé par quelques références au véritable acteur jouant un acteur qui joue un rôle (par exemple, les tics de Vincent Lindon) : quand les acteurs parlent, on ne sait donc jamais si ce sont eux ou leurs personnages qui expriment cette position : celle de Dupieux se trouve donc quelque part dans cet entre-deux, mais où ? Au final, ce n’est pas si important car j’ai appréhendé ‘Le deuxième acte’ pour le simple plaisir de son concept et, pour une raison ou pour une autre, certaines scènes de celui-c m’ont déclenché des crises de fou rire irrépressibles, ce qui n’arrive quand même pas à chaque fois, même chez Dupieux. D’autre part, était-ce du rire “plaisir” ou du rire “nerveux” ? Fidèle à ses habitudes, Dupieux tire le concept jusqu’au point de rupture, le tord, l’essore et en fait un origami au besoin. Les déplacements circulaires de son humour, qui ne va très loin que pour mieux revenir à son point de départ, me semblent proches de l’action de s’enfoncer doucement un coton-tige dans l’oreille, avant de l’en retirer, puis de l’enfoncer à nouveau. Ca chatouille, c’est agréable et insupportable à la fois et on ne sait même pas vraiment quelle sensation prend le dessus.
"LE 2ème ACTE" de Quentin DUPIEUX Seydoux, Quenard, Lindon, Garrel, Guillot. C'est le quinté gagnant de Quentin. Après "DALI" on ne l'arrête plus dans la dérision. Absurde, décalé, hallucinogène, loufoque mais tellement sensé, synchronisé, psychédélique, réfléchi. Du cinéma déjanté où il faut savoir avancer sans tomber du vélo. En général, le cinéma est un jeu de dupes. Là on est dupé 2 fois. 1h20 qui sont passées comme un éclair au chocolat. Sachant que je ne suis pas super fan de sucré, c'est une prouesse. Tellement vite, que quand le générique de fin est arrivé, tout le monde attendait le canular supplémentaire. Je sais qu'il ne plaira pas à certains, mais moi, j'ai adoré.
Quentin Dupieux possède cette capacité à toujours nous surprendre, y compris en faisant un film qui a du sens et auquel on comprend tout... Oui oui, on parle bien du gars qui a réalisé Rubber, l'histoire d'un pneu serial-killer! Mais n'allez pas croire que ce surdoué s'est laissé aller à la facilité. C'est toujours aussi roublard et inventif, avec en prime des dialogues en or massif délivrés par des acteurs en état de grâce... Même Léa Seydoux (ça fait déjà 2 fois que j'écris ça, il faut que je consulte!). Difficile d'en dire plus sans spoiler. Disons simplement que l'art de la mise en abyme est ici poussé à son paroxysme. Je n'ai pas vu tous les Dupieux mais pour l'instant c'est mon préféré.
Mon dieu qu’est-ce que j’aime les films courts et imprévisibles. En une heure, on a une histoire qui tient debout, originale, avec des scènes très drôles et/ou très loufoques. Je ne me suis pas ennuyée du tout, et ça fait du bien d’être surprise à nouveau devant un film !
une petite sucrerie délicieuse que j'ai croquée savoureusement du début à la fin. Vincent Lindon magistral...comme d'habitude Quentin Dupieux nous trimbale dans sa rêverie et nous fait douter....y a-t-il une ou plusieurs réalités ?
L’impression que me laisse ce film est celle d’un plaisir coupable. Enfin, d’un tout petit plaisir, point trop n’en faut, et d’un chouïa de consternation.
Une belle brochette d’acteurs attractifs, que celle formée par Léa Seydoux, Louis Garrel, Raphaël Quenard et Vincent Lindon. C’est difficile d’y résister et c’est là où l’on se sent floué. Ils sont tous très bons acteurs, mais pas dans les meilleures dispositions au niveau de la direction d’acteurs justement, tous ont des petits moments gênants au hasard d’une scène de-ci de-là. C’est peut-être ce personnage de figurant, Stéphane, qui peine à servir le vin, tant il est habité par le trac, qui s’avère le plus intéressant. Tout comme le change bienveillant donné par David, interprêté par Louis Garrel qui lui vient en aide. Pointe d’émotion derrière le malaise dans la solidarité d’un acteur connu pour un inconnu.
Quentin Dupieux semble si content de son si long travelling, qu’il le filme en plan séquence dans la scène finale, soit… Il filme par ailleurs simplement ses acteurs, ce qui pourrait être une qualité pour mettre en exergue le contenu. Si ce n’est qu’il abuse un peu trop des vues des visages des duos d’acteurs qui viennent à marcher ensemble, en contre-plongée, qu’elles finissent par lasser.
L’histoire pourrait être celle d’acteurs qui porteraient un regard critique sur ce qu’ils font et sur ce qu’ils sont. Mais la critique sur notre époque surlignée par Dupieux semble alors bien vaine, quand le cineaste achève de se prendre les pieds dans le tapis d’un anticonformisme factice qui en devient au final très consensuel. C’est terriblement dommage, mais le réalisateur devrait privilégier la qualité d’un seul film au nombre de ses toiles sorties annuellement dans les salles.
En sortant du cinéma j’ai pu ressentir une grande nostalgie pour d’autres films. L’un pas très réussi mais avec des moments de grâce inoubliables, « J’ai toujours rêvé d’être un gangster ». La présence des chanteurs-acteurs avec leurs timbres respectifs, rocailleux pour Arno et merveilleusement nasillard pour Bashung, véhiculaient un imaginaire poétique d’une profondeur totalement absent dans Le Deuxième Acte. J’ai repensé à « Pater » de Cavalier, qui déjà mettait en scène un Vincent Lindon si émouvant en lui-même. Mais aussi à « France » de Dumont avec la sublime Léa Seydoux, qui incarnait si bien la vacuité de l’apparence dans une époque sur médiatisée.
Le deuxième acte (France – 1h20) de Quentin Dupiex avec Léa Sedoux, Louis Garrel, Raphaël Quenard, Manuel Guillot et Vincent Lindon