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Sylvain Haution
26 critiques
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2,5
Publiée le 29 juillet 2026
Film moyennement monté, l'interprétation est hachée, et le personnage ahuri de la fille (qui mange la confiture avec les doigts) vient grandement gâcher de joli moments chantés
Ange aborde la musicologie, discipline à laquelle s’adonne jour et nuit notre protagoniste, telle une exploration de la mémoire d’une communauté et de ses traditions dont les marques, essentiellement orales et musicales, ont été conservées sur divers supports. Dès lors, la démarche cinématographique de Tony Gatlif est similaire à celle de son personnage, à savoir sonder son âme par les mouvements de son corps, par les pulsations qui le dirigent, par l’environnement qu’il traverse et dans lequel, nomade éternel, il s’inscrit malgré tout : chants, chansons et pistes instrumentales se succèdent en qualité d’éléments essentiels, nécessaires à la construction du récit spoiler: – la quête de l’ami d’autrefois et la découverte d’une fille qu’il s’agit dans les deux cas de ramener au présent, seule temporalité qui compte – comme à l’émotion intense et véritable liée aux retrouvailles. Des plans insolites captent Ange au beau milieu d’étendues végétales ou minérales, occupé à pratiquer un instrument : cette interdépendance du sujet et de la musique restitue avec intelligence la fugue dans le cœur d’un homme et au cœur de la culture tzigane, capable de s’emparer de quiconque sachant s’y soumettre. Une réussite.
H est un vieux gitan déglingué et déguingandé qui ne vit que par la musique gitane. Ce music road-trip ne sera qu’une succession de rencontres musicales improvisées, au demeurant sympathiques, mais sans écriture minimale. Et cela se terminera par un bœuf semi-tzigane semi-irlandais (avec apparition de Fiona MONBET au violon), attisé par un AMALRIC éberlué complètement allumé… Très léger !
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1,5
Publiée le 5 novembre 2025
Après de nombreuses années à vagabonder à droite à gauche à bord de son van, Ange décide de refaire surface. Un retour ponctué de retrouvailles, de rencontres et bien sûr de nombreux souvenirs. Je n'ai pas vu beaucoup de films de Tony Gatlif, mais comme souvent, le scénario est limité avec un simple point de départ puis une aventure qui semble s'écrire au fur et à mesure. C'est le cas ici avec un road-trip musical qui exige de se laisser porter par l'ambiance de ce voyage sans réel but. "Ange" se limite à une succession de vignettes et le récit montre très vite ses limites. On sent cette passion pour la culture et la musique qui sont mises en avant, mais ce n'est pas forcément très communicatif. Il faut dire que c'est mal écrit, donc tout sonne plus ou moins faux à l'image des dialogues qui font parfois grincer des dents. Bref, c'est bien intentionné, mais ce n'était pas du tout pour moi.
Quelle déception ! Scénario pauvre, personnages mal incarnés, clichés sur clichés, sans âme ... Rien dans ce film ne ramène à une dite passion de la musique gitane. Heureusement quelques musiciens sortent du lot ... mais sur le global c'est pauvre. Seule satisfaction, le sens de l'image et du cadrage. Tony Gatlif avait auparavant proposé beaucoup mieux. Film ennuyeux, qui ressemble à un premier court métrage d'études, trop long...
Je m'attendais plus à la connaissance d'un père et de sa fille, à travers un voyage durant laquelle Ange veut retrouver un vieil amis Marco pour faire la paix et régler un vieux contentieux que ce que le film nous propose . Il demeure que Arthur H est excellent dans son rôle.
Il est bien rare de pouvoir rencontrer les gens du voyage au cinéma ou dans la littérature. Excepté dans certains écrits ou documentaires qui racontent les camps dans lesquels ils ont été internés. Ce "peuple" reste en marge de nos sociétés, sur des aires appropriées, sans arbres ni eau parfois. Tony Gatlif répare ce silence dans nombre de ses films. Il nous fait toucher du doigt la culture de ces nomades qui, au fil des siècles et des routes, ont refusé toute assimilation. Ange, voyageur épris de musique gitane, mène la danse pour faire vibrer la joie du moment, la force de l'émotion et la liberté. Des moments de musique sublimes, des paysages qui glorifient la puissance des forces terrestres et des acteurs qui collent parfaitement à leur personnage. Un univers à part, puissant, poétique, terriblement sensible !
quelques moments de poésie où la musique se vit, bat la mesure au rythme de la nature et de la route, des rêves du musicologue, mais noyés de trop nombreux intermèdes musicaux.. un film a réserver aux amateurs de flamenco et de musique tzigane et pour ma part je me suis beaucoup ennuyé.
Ange est un nomade solitaire. Il a tout quitté pour cette vie là. Lorsqu’il refoule la terre de son passé, c’est tous les fantômes qui ressurgissent, avec les souvenirs, les douleurs. La musique tsigane qui l’accompagne est ici en toile de fond de ce film au scénario bien trop creux.
Je me suis rarement autant ennuyée pendant un film : les dialogues sont creux, l'histoire sans intérêt, mal joué, un montage improbable, bref rien à garder de mon point de vue. 1h37 d'ennui abyssal
Ange (Arthur H.) est musicologue. Il accumule des témoignages de la musique tzigane : des enregistrements, des partitions, des ouvrages d’art… Dans son van orange, transformé en salon de musique, il traverse la France du nord au sud pour retrouver Marco (Mathieu Amalric) et solder avec lui une vieille dette. Solea (Suzanne Aubert), une fille en mal de père, l’accompagne.
La septantaine bien entamée, Tony Gatlif tourne des films depuis un demi-siècle. Il s’est trouvé une vocation qu’il n’a jamais reniée : être l’ambassadeur des Gitans, témoigner de leur histoire invisibilisée, exalter la richesse de leur culture. Avec "Gadjo Dilo", en 1998, il livre son oeuvre la plus accomplie. Depuis lors, son cinéma a tendance à bégayer, répétant ad libitum les mêmes motifs.
"Ange" encourt les mêmes critiques. Son scénario en forme de road movie n’est qu’un prétexte à un long clip vidéo consacré à la musique gitane. Il revendique d’ailleurs sa part de surréalisme : le van Mercedes d’Ange croise des trios et des quatuors qui se produisent sur le bord de la route, au milieu de nulle part comme sur l’affiche du film. Il sert aussi de prétexte à distiller quelques aphorismes aussi édifiants qu’ampoulés sur la condition tzigane, son amour irréductible de la liberté, les persécutions que la communauté s’est attirée.
Arthur H., le fils de Jacques Higelin, y tient le haut de l’affiche. Sa silhouette dégingandée, le galurin vissé sur le crane, le gilet noir forment un personnage très crédible. En revanche, je ne supporte plus Mathieu Amalric, qui fait une courte apparition dans le dernier quart du film, ses yeux hallucinés, sa diction grandiloquente.
Ode à la liberté, le film m’a plu malgré une narration un peu trop linéaire. Cependant, on se laisse porter par une musique tzigane envoûtante et des paysages superbes qui invitent au voyage (une spécialité de Gatlif). Fidèle à son univers, le réalisateur de Gadjo Dilo nous livre un film sincère, porteur d’un message profondément humain. Gatlif, avec sa sensibilité unique, prouve qu’il an encore bien des choses à dire et à montrer au cinéma !