Derniers Avis : L'Inconnu De La Grande Arche - Page 13
L'Inconnu De La Grande Arche
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Brigitte L
12 critiques
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4,0
Publiée le 12 novembre 2025
Un film très interressant sur la construction de ce batiment inscrit désormais dans l'histoire de Paris. Une trajectoire pour cet architecte passionné qui questionne
Magnifique! Du cinéma! Décidément le cinéma va bien aux architectes... si on pense au Brutalist qui a été un des meilleurs films de l'année écoulée. Celui ci est sûrement le meilleur film du trimestre! Lorsque François Mitterrand décide de la construction de la Grande Arche de la Défense -il s'agit de clore de façon grandiose la perspective qui vient du Louvre et de l'Arc de Triomphe de l'Etoile, conçue à l'origine par Le Nôtre-, le nom qui émerge à l'issue du concours est celui d'un complet inconnu, un Danois (portant d'ailleurs un patronyme plutôt allemand), Johan Otto von Spreckelsen (Claes Bang est formidable!) Qu'a t-il donc fait? Il enseigne l'architecture -il dirige l'Académie Royale des Beaux Arts de Copenhague, et a construit quatre églises -petites, les églises. Stupeur dans le petit monde... Mais quand l'architecte et le Président se rencontrent, ça matche! Qu'ont ils en commun? Peut être une certaine idée de la grandeur.... Ouvrons une parenthèse: j'ai été plutôt surprise de découvrir que Mitterrand était interprété par... Michel Fau. Mitterrand, le grand séducteur? Il faut reconnaitre que Fau est finalement assez réaliste, avec une certaine raideur, une certaine prestance.. Aux côtés de Spreckelsen, on retrouve Jean Louis Subileau, rebaptisé Subilon dans le film (Xavier Dolan) pour sans doute quelque obscure image de droits, urbaniste ayant déjà exercé toutes sortes de fonctions pour la ville, pour l'état, pour des entreprises publiques et privées, et qui obtiendra le Grand Prix de l'Urbanisme en 2001. Et Paul Andreu (Swann Arlaud), architecte vedette qui a construit des aéroports prestigieux et qui en construira encore, ainsi que des stades, des districts business, des palaces... En quelque sorte, c'est l'international à côté de la province! Et deux personnes qui ont le sens des réalités financières face à celui qui ne reconnait que la valeur de l'Art... Les négociateurs et l'intransigeant.... Mais Sprekelsen a un ego surdimensionné... Cette Arche, c'est sa grand oeuvre, c'est la grand oeuvre de toute une vie. Il exige d'être le responsable du projet, Andreu n'ayant en somme qu'une responsabilité technique. Quel magnifique personnage! On se dit que malgré leurs efforts, les scénaristes créent des personnages bien moins intéressants que des personnes ayant vraiment existé. Toujours très élégant, impassible mais capable de subite colère dès que l'on touche à son pouvoir, il ne se reconnait qu'un seul Maitre: le Président. Qui le conforte dans sa mégalomanie... Mitterand s'implique bien trop dans l'affaire, baptisée programme "Tête Défense" -plutôt martial! Tous deux veulent pour recouvrir l'intérieur de l'Arche d'un marbre du blanc le plus pur, mais s'illuminant de rose au soleil couchant. Otto le trouve à Carrare chez l'italianissime Alessandro Bressanello. Il en commande quelques tonnes. Et au final c'est un autre matériau qu'il retrouve sur le chantier: ben oui, en France on fait des appels d'offre et on commande au mieux disant. Otto s'étrangle. D'autres détails sont refusés par une commission de sécurité. Otto s'étouffe, et nous, français habitués à être sous le joug de décrets plus débiles les uns que les autres, on s'étrangle... de rire. Sans doute Spreckelsen devenu paranoïaque exagère t-il, car j'imagine qu'au Danemark il y avait aussi des commissions chargées de veiller au non dépassement des comptes publics... et aux règles de sécurité... Et puis, finalement, c'est la victoire de la droite aux législatives, et l'abandon du projet sous cette forme. Assez gaspillé pour la gloriole, dans l'ère Mitterand!. Il va falloir le modifier et trouver un moyen de le rentabiliser en y insérant des bureaux et en trouvant des sponsors commerciaux et des solutions de remplacement aux quatre petites arches ludiques, les "collines" qui devaient l'accompagner. Spreckelsen préfère démissionner. Il mourra deux ans plus tard, et ne verra jamais son oeuvre terminée Franchement, quel scénario! La vérité est plus forte que l'imagination humaine. Courez voir ce film, il est majestueux! Le réalisateur a choisi de montrer son épouse, Karen, comme son bras droit (Sidse Babeth Knudsen), qui tente sans succès de le ramener à la raison; la vraie Karen a toujours refusé de s'exprimer et tient les français pour responsables de la mort de son mari.....
Le livre est clairement super documenté et est à l'évidence un matériau de basse solide et crédible même si le film lui se permet d'ajouter un personnage, un personnage inventé pour le film et qui sert surtout de caution morale et féministe. Mais ça reste un paramètre excusable et à la fois un peu anecdotique sur la trame générale. En effet, ce qui nous intéresse reste le processus de la construction de la fameuse, ou plutôt du fameux cube, et de savoir comment l'architecte a fini par jeter l'éponge. Au départ c'est un peu maladroit avec des invraisemblances administratives plus gênantes qu'autre chose, puis vers la fin des points litigieux ridicules... SPOILERS voir site... Finalement, au lieu d'explorer le prisme artistique autour de l'architecture on reste focaliser sur un homme dont l'ego rêve du "projet de sa vie" et qui semble avoir droit à un chèque en blanc. C'est à un point où il devient même antipathique, au point que l'architecte Paul Andreu/Arnaud vole la vedette du personnage principal, faisant ainsi un écho involontaire à ce que semble insinuer le film. Et pourtant, c'est un film qui vaut le détour, assez authentique et sincère pour apprendre et comprendre un projet dans son époque. Note de justesse Site : Selenie
A part Dolan qui imite Clavier, le casting est excellent. l´ histoire est romanesque, elle relate bien le décalage entre ces hommes de pouvoir déconnectés de la vie quotidienne du commun des mortels
N'étant pas architecte toute la technologie et la technique déployées dans le film me sont totalement inconnues. Mais par contre tout ce qui touche aux principes et protocoles français, cela est bien réel et persistant. En fait cet architecte danois est totalement inconnu et le restera jusqu'à son décès. Un scénario que j'ai trouvé très intéressant et bien interprété. De plus j'ai appris dans quelle circonstance avait été construite l'Arche de la Défense. Comme quoi on apprend à tout âge....
Là où l’idée de raconter l’histoire méconnue d’un architecte incompris face aux enjeux politiques de son œuvre séduit, Demoustier s’affirme comme un réalisateur sobre et élégant, dont la mise en scène séduit par sa géométrie maîtrisée.
Cet architecte danois (Johan von Spreckelse), concepteur de la Grande Arche en 1982, et chantre de "l'intégrité artistique", est le personnage attendrissant du film. On ne sait pas si l'homme réel l'était autant. De fait, ce personnage est tout l'intérêt du long-métrage ; et non pas la Grande Arche, finalement. D'une part, il est un passionné, voire un possédé par ce qu'il crée, personnalité qui questionne. D'autre part, par contraste, ou en direct simplement, la bureaucratie bonhomme française est moquée, autre question intéressante, qui n'est pas moins critique aujourd'hui, cinquante ans après.
Il y a un choix de réalisation à la fin : tout-à-fait clair sur la fin de l'architecte (mais peut-être romancé) ; totalement obscur sur l'allure finale de la Grande Arche (tout le monde ne la connaît pas). Ce dernier choix est frustrant pour le spectateur, car on suit la construction de ce monument avec tant de détails, qu'on aurait aimé une slmple vue d'ensemble sur ce qui a été inauguré en 1989, en fait.
Mitterrand est le monarque interprété par l'excellent Michel Fau (notamment quand il lâchera mollement que les architectes français lui semblent plutôt "inhibés") - il saura ensuite interpréter son virage bonhomme quand le vent politique changera (sous le gouvernement Chirac II). On retrouve l'actrice danoise Babett Knudsen (de la série Borgen) au côté de l'architecte, toujours avec cette verve de "femme de pouvoir", mais curieusement sans assez d'incarnation (un peu comme l'arche qui fait décor et prétexte du film)
Grosse déception. Au risque de divulgacher cette bien pauvre soupe au navet, je vous en révèle les ingrédients : - Mitterand et sa cour, - Un architecte danois, en fait un professeur d'architecture, dont la mégalomanie n'a d'égale que l'inexpérience, - Des fournisseurs au grand appétit, - De l'argent publique en quantité illimitée, - Des délais tendus, - Un maître d'œuvre choisi pour son expérience et sa capacité à tenir les délais.
Vous mélangez tout ça en alternant les caprices du prince, les lubies de l'architecte, la servilité des courtisans et le pragmatisme du maître d'œuvre en charge de la construction. Une succession de scènes attendues, souvent cocasses, parfois grotesques, toujours attristantes. Le tout couronné par une bonne réception critique totalement incompréhensible tant le film est plat et sans surprise.
Vu un peu par défaut (le film prévu était complet) mais aucun regret tant le sujet -insolite- et la realisation brillante m'ont tenu captive ! Des personnages secondaires hauts en couleurs entourent superbement cet architecte danois venu de nulle part qui promène superbement en sandales/chaussettes sa rigueur inebranlable et sa foi en la parole d'un Président (on peut sourire).Le personnage (fictif) de son épouse humanise le récit, le dialogue au moment crucial de sa rupture résonne encore en moi ... Un très beau film sur un sujet assez peu "grand public " et qui s'avère tout à fait passionnant !
Une histoire bien racontée qui retrace les affres d’un architecte sincère et entier qui ne savait pas ce que travailler avec les français veut dire : à peu près, courtisanerie, incompétence. Mais l’homme a aussi sa part d’ombre en refusant à tort le traitement d’un marbre dont il semble oublier qu’il s’agit d’une pierre poreuse (25 après il faudra démonter le tout et le remplacer par du granit bcp plus résistent à la pluie et aux pollutions). La France n’en sort pas grandie mais - ayant connu ces milieux - c’est assez proche de la réalité. Ça donne une fois encore envie de passer des vacances au Danemark pour plein de raisons à commencer par la qualité reconnue et partagée de son architecture.
Excellent film, sans prétentions, mais clair, efficace, instructif, très bien mis en scène, malin, très bien dirigé, passionnant ! Une prouesse technique compte tenu du caractère architectiral et historique du sujet. Sobre et plein d'humanité. Une franche réussite.
Un film très intéressant tourné en format carré pour rappeler l’idée du "cube", même si l’on a parfois envie d’agrandir l’image. On y découvre un homme entièrement dévoué à son œuvre, habité par une vision précise et sans concession, confronté aux contraintes techniques et politiques. On prend également plaisir à retrouver Swann Arlaud, déjà vu dans un film précédent. La fin est émouvante et on ne s’attendait pas à cette conclusion ; elle nous laisse un peu sonnés et avec l’impression qu’il manque quelque chose…
J’ai adoré ce film Sur le projet , la mise en place et la construction de l’arche de La Défense. Le thème déjà rare , le sujet est bien traité avec egalement les personnages politiques de l’époque qui ont validé le projet et le choix de l’architecte . Moi je le conseille si ce thème peut vous plaire . Mais vraiment ça fait voir aussi les rouages pour la mise en place la validation d’un projet d’envergure national. Merci et bravo