Magnifique portrait réalisé par Stéphane Demoustier, inspiré et adapté du roman La Grande Arche de Laurence Cossé. D’ autant plus intéressant que je ne connaissais pas ce personnage, Johan Otto von Spreckelsen, cet architecte droit, visionnaire et assez obstiné pour faire face aux résistances qui se sont dressées. Ayant conquis le Président de la République d’ époque Francois Mitterand, repris théâtralement par Michel Fau, ce Danois va œuvrer envers et contre tous, pour assurer la fameuse perspective en ligne des Champs Elysées. La reconstitution de cette genèse, ainsi que les étapes du chantier, comportant des visites dans la boue, sont réalisées avec un luxe de détails et de vérité, notamment autour du choix de marbre. On suit avec plaisir la fermeté et la puissance de conviction de cet architecte, dans ses discussions rudes avec le maitre d’œuvre Paul Andreu superbement interprété par Swann Arlaud. L’ agréable présence de Liv ( Sidse Babett Knudsen ) au casting, apporte une infinie douceur, dans ce contexte compliqué par le changement politique et les moyens financiers rabotés par l’ équipe d’ Alain Juppé. Bravo pour ces images d’ une justesse incroyable, le procédé technique d’ animation qui respecte le côté historique et les couleurs emballantes et ce portrait de cet homme droit et passionné, qui a laissé son empreinte spectaculaire. Belle émotion dans les dernières images depuis l’ esplanade avec le fameux « Cube » en cours d’ achèvement ! Réalisation efficace et instructive…..!!**
"L'Inconnu de la Grande Arche" bien noté par la critique, en compétition cette année au festival de Cannes (sélection un certain regard) est un drame historique sans réelle consistance. À partir du roman "La Grande Arche" (2016) de Laurence Cossé, qui raconte l'histoire vraie de la construction de l'arche de la Défense par l'architecte danois Johan Otto von Spreckelsen, le réalisateur Stéphane Demoustier livre un film qui, bien que linéaire et monotone, se concentre sur la découverte des origines de ce monument et le destin tragique de son créateur. Malgré un casting attrayant (Claes Bang, Sidse Babett Knudsen, Xavier Dolan et Swann Arlaud), le film présente peu d'intérêt, mais pourrait tout de même être en lice aux César l'année prochaine en raison de sa renommée.
Un film intelligent, qui témoigne d’un projet et d’une époque. Belle découverte de cet architecte sans concession. Petit budget certainement, mais belle réussite.
Ce récit suit le parcours d’un architecte danois embarqué malgré lui dans un chantier d’Etat où se mêlent ambitions politiques, frottements bureaucratiques et visions esthétiques. Adapté du roman "La Grande Arche" (2016) de Laurence Cossé, lui-même nourri par la véritable épopée de Johan Otto von Spreckelsen, le film éclaire une aventure technique et humaine lors de l'édification de ce "Cube" de La Défense. La patte talentueuse du réalisateur Stéphane Demoustier, capable de nous passionner pour un sujet au départ pas hyper rock’n roll, donne un vrai souffle à cette plongée dans les coulisses d’une époque, les années 1980. Le bon casting soutient solidement une histoire aussi étonnante qu’instructive sur cette construction dans les années de la présidence de François Mitterrand, sans jamais perdre le spectateur. La tension des réunions, les obstacles administratifs et les doutes de l’architecte composent un tableau précis, presque documentaire, mais toujours incarné. On suit cette trajectoire avec curiosité, parfois avec admiration, tant la mise en scène sait garder le cap. Au final, un film soigné et maîtrisé : séduisant ! Site CINEMADOURG . free . fr
Je ne connaissais pas l’histoire de ce monument et j’ai trouvé ça hyper interessant ! L’acteur qui joue l’architecte est excellent et nous avons un Xavier Dolan au top de sa forme.
Un film a recommander a tous les etudiants d'architecture. Est-ce qu'un architecte soit accepter de dénaturer son projet pour s'adapter aux contraintes des aleas de la sphere politique et aux pressions de la societe civile?
Si le fait qu’il soit un inconnu est le grand ressort dramatique du film, il faut préciser qu’il n’est pas que cela, il est aussi caractériel un peu mégalomane, très ego-centré,  bref pas très sympa. Et les personnages français qui l’entourent ne le sont guère plus.  Ce qui rend difficile pour le spectateur d’avoir la moindre empathie pour le bonhomme! Maintenant, qu’on aime l’arche ou qu’on ne l’aime pas elle est là pour longtemps… et elle est plus marquante que le film
J'ai adoré ! 珞 L'histoire vraie de la création de ce bâtiment très impressionnant, né dans la tête de cet illustre inconnu, est incroyable ! La mise en scène est top, les acteurs sont tous excellents, un super film, bravo !
Stéphane Demoustier s'attaque à un épisode méconnu de l'architecture française, la naissance de la Grande Arche de la Défense, pour proposer un film ambitieux, rigoureux et très bien documenté.
Mais comment passer seulement quelques mois après The Brutalist, fresque monumentale mettant en images, elle aussi, le destin d'un architecte incompris ?
Si le film impressionne par la rigueur de sa mise en scène et sa reconstitution minutieuse, il peine en revanche à passionner de bout en bout et à trouver un vrai souffle dramatique - à part, peut-être, lorsqu'il s'agit d'évoquer le destin tragique de cet architecte.
Le film interroge néanmoins avec pertinence la place de l’artiste dans le rouleau compresseur que représente l'État, au coeur d'une tension permanente entre idéal esthétique et compromis politique.
L’ensemble du casting se montre solide, même si Xavier Dolan verse dans un jeu excessivement théâtral, flirtant parfois avec la caricature. À l’inverse, Michel Fau, d’une sobriété surprenante et inhabituelle, campe un Mitterrand juste et nuancé, qu’il incarne sans jamais céder à la simple imitation.
Bien réalisé, bien joué, le film pâtit de sa trop grande rigueur formel et souffre de longueurs. L'ensemble reste trop classique, trop sage et trop froid pour emporter totalement et ne parvient jamais à atteindre la tension morale de Borgo, long-métrage précédent et nettement plus convaincant du réalisateur.
Après son " Borgo ", Stéphane Demoustier au travers du destin de l'architecte Danois de la Grande Arche de La Défense ( Von Spreckersen ) propose une métaphore de la condition de l'artiste emporté par une grande œuvre ou par le rêve d'une vie.
C'est aussi, parallèlement, l'itinéraire d'un homme seul face à l'Histoire et aux forces extérieures ( politique, puissance de l'argent.. ) et à la tragédie qui en découle.
Le symbole de cette histoire d'un échec artistique ( aux yeux de Von Spreckersen ) est peut-être aussi, symboliquement, celui des valeurs représentées par le cube lui-même ( le cube est traditionnellement associé à l'éthique, à la maîtrise de soi-même, comme passage de la pierre brute à une forme de perfection).
Ouvert en son milieu et revendiqué par l'architecte ( le fait qu'il n'avait jusqu'à lors conçu uniquement des lieux de culte - en dehors de sa maison - en dit long sur son espace mental ), la Grande Arche, qui s'inscrit dans la tradition symbolique du cube, se voulait monument à la gloire de la Fraternité et des Droits de l'Homme.
L'échec du concepteur est il aussi celui de ces revendications universelles ? C'est, peut-être, là au fond ce que questionne " l'inconnu de la Grande Arche".
Intéressant et didactique. Miterrand est présenté comme hors sol, l’architect rigide et intransigeant réunis tous deux sous le précept "Budget connaît pas". Assez étonnant et agaçant, peut-être caricatural ?
En 1983, un concours d’architecte est lancé pour la construction du bâtiment destiné à clore la perspective royale qui part du Louvre vers l’ouest via l’Arc de triomphe. Un architecte inconnu l’emporte. Il est Danois, a la cinquantaine bien entamée et n’a quasiment rien construit sinon sa propre maison et quatre églises. Il avance une proposition audacieuse : un cube de cent mètres de côté de verre et de marbre.
Stéphane Demoustier (frère de) se frotte décidément à des sujets intéressants et sait les traiter avec intelligence. Après "La Fille au bracelet", sur l’insondable culpabilité d’une jeune femme, après "Borgo", sur l’acclimation compliquée dans une prison corse d’une jeune surveillante venue du continent, voilà qu’il se lance dans l’adaptation du récit que Laurent Cossé a consacré en 2016 à des événements vieux de plus de trente ans : la réalisation compliquée de la Grande Arche de la Défense.
Un architecte scandinave un peu lunaire s’est retrouvé aux manettes d’un projet pharaonique par la seule volonté du prince, le président Mitterrand (Michel Fau, sphinxial), qui s’est personnellement impliqué dans sa sélection et l’a constamment soutenu. Le problème est que l’intégrité artistique de Johann Otto von Spreckelsen (Claes Bang) s’est vite heurtée au mur des réalités, à la réglementation tatillonne qui l’empêche d’utiliser telle ou telle colle pour joindre ses vitres, aux restrictions budgétaires qui le privent du marbre de Carrare qu’il souhaite utiliser et qu’il va lui-même acheter en Toscane, aux rivalités politiques qui menacent le projet lorsque la gauche perd les élections législatives de 1986.
Les résistances que rencontrent von Spreckelsen sont incarnées par deux personnages que le film a l’intelligence de ne pas caricaturer. D’une part Subilon, un conseiller présidentiel vibrionnant, interprété par Xavier Dolan. D’autre part Pierre Andreu (Swann Arlaud), l’architecte surdoué qui avait signé l’aérogare de Roissy à vingt-neuf ans à peine et qui accepte modestement de se mettre au service de son collègue. Un autre personnage de fiction a été rajouté, celui de l’épouse de von Spreckelsen (Sidse Babett Knudsen) qui essaie, sans guère de succès, de ramener son mari à la raison quand il s’arc-boute sur ses principes.
Un moment, j’ai cru que le film allait être celui que j’aurais aimé voir : une éloge du compromis. J’espérais que l’architecte intraitable accepte de faire quelques concessions pour sauver son projet et que les résistances technocratiques qui le brimaient finissent par céder pour laisser son art s’exprimer. Patatras ! la réalité s’est rappelée à moi et aux protagonistes et le film a pris une autre direction.
Cette absence de happy end m’a frustré. Mais, tout bien considéré, il faut y voir plus une qualité qu’un défaut. Le film, comme le livre qu’il adapte, est fidèle aux faits, lesquels, on le sait hélas, ne sont pas toujours ceux qu’on espère.