Derniers Avis : L'Inconnu De La Grande Arche - Page 18
L'Inconnu De La Grande Arche
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Christian RZ
90 abonnés
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3,0
Publiée le 6 novembre 2025
Si le fait qu’il soit un inconnu est le grand ressort dramatique du film, il faut préciser qu’il n’est pas que cela, il est aussi caractériel un peu mégalomane, très ego-centré,  bref pas très sympa. Et les personnages français qui l’entourent ne le sont guère plus.  Ce qui rend difficile pour le spectateur d’avoir la moindre empathie pour le bonhomme! Maintenant, qu’on aime l’arche ou qu’on ne l’aime pas elle est là pour longtemps… et elle est plus marquante que le film
J'ai adoré ! 珞 L'histoire vraie de la création de ce bâtiment très impressionnant, né dans la tête de cet illustre inconnu, est incroyable ! La mise en scène est top, les acteurs sont tous excellents, un super film, bravo !
Stéphane Demoustier s'attaque à un épisode méconnu de l'architecture française, la naissance de la Grande Arche de la Défense, pour proposer un film ambitieux, rigoureux et très bien documenté.
Mais comment passer seulement quelques mois après The Brutalist, fresque monumentale mettant en images, elle aussi, le destin d'un architecte incompris ?
Si le film impressionne par la rigueur de sa mise en scène et sa reconstitution minutieuse, il peine en revanche à passionner de bout en bout et à trouver un vrai souffle dramatique - à part, peut-être, lorsqu'il s'agit d'évoquer le destin tragique de cet architecte.
Le film interroge néanmoins avec pertinence la place de l’artiste dans le rouleau compresseur que représente l'État, au coeur d'une tension permanente entre idéal esthétique et compromis politique.
L’ensemble du casting se montre solide, même si Xavier Dolan verse dans un jeu excessivement théâtral, flirtant parfois avec la caricature. À l’inverse, Michel Fau, d’une sobriété surprenante et inhabituelle, campe un Mitterrand juste et nuancé, qu’il incarne sans jamais céder à la simple imitation.
Bien réalisé, bien joué, le film pâtit de sa trop grande rigueur formel et souffre de longueurs. L'ensemble reste trop classique, trop sage et trop froid pour emporter totalement et ne parvient jamais à atteindre la tension morale de Borgo, long-métrage précédent et nettement plus convaincant du réalisateur.
Après son " Borgo ", Stéphane Demoustier au travers du destin de l'architecte Danois de la Grande Arche de La Défense ( Von Spreckersen ) propose une métaphore de la condition de l'artiste emporté par une grande œuvre ou par le rêve d'une vie.
C'est aussi, parallèlement, l'itinéraire d'un homme seul face à l'Histoire et aux forces extérieures ( politique, puissance de l'argent.. ) et à la tragédie qui en découle.
Le symbole de cette histoire d'un échec artistique ( aux yeux de Von Spreckersen ) est peut-être aussi, symboliquement, celui des valeurs représentées par le cube lui-même ( le cube est traditionnellement associé à l'éthique, à la maîtrise de soi-même, comme passage de la pierre brute à une forme de perfection).
Ouvert en son milieu et revendiqué par l'architecte ( le fait qu'il n'avait jusqu'à lors conçu uniquement des lieux de culte - en dehors de sa maison - en dit long sur son espace mental ), la Grande Arche, qui s'inscrit dans la tradition symbolique du cube, se voulait monument à la gloire de la Fraternité et des Droits de l'Homme.
L'échec du concepteur est il aussi celui de ces revendications universelles ? C'est, peut-être, là au fond ce que questionne " l'inconnu de la Grande Arche".
Intéressant et didactique. Miterrand est présenté comme hors sol, l’architect rigide et intransigeant réunis tous deux sous le précept "Budget connaît pas". Assez étonnant et agaçant, peut-être caricatural ?
En 1983, un concours d’architecte est lancé pour la construction du bâtiment destiné à clore la perspective royale qui part du Louvre vers l’ouest via l’Arc de triomphe. Un architecte inconnu l’emporte. Il est Danois, a la cinquantaine bien entamée et n’a quasiment rien construit sinon sa propre maison et quatre églises. Il avance une proposition audacieuse : un cube de cent mètres de côté de verre et de marbre.
Stéphane Demoustier (frère de) se frotte décidément à des sujets intéressants et sait les traiter avec intelligence. Après "La Fille au bracelet", sur l’insondable culpabilité d’une jeune femme, après "Borgo", sur l’acclimation compliquée dans une prison corse d’une jeune surveillante venue du continent, voilà qu’il se lance dans l’adaptation du récit que Laurent Cossé a consacré en 2016 à des événements vieux de plus de trente ans : la réalisation compliquée de la Grande Arche de la Défense.
Un architecte scandinave un peu lunaire s’est retrouvé aux manettes d’un projet pharaonique par la seule volonté du prince, le président Mitterrand (Michel Fau, sphinxial), qui s’est personnellement impliqué dans sa sélection et l’a constamment soutenu. Le problème est que l’intégrité artistique de Johann Otto von Spreckelsen (Claes Bang) s’est vite heurtée au mur des réalités, à la réglementation tatillonne qui l’empêche d’utiliser telle ou telle colle pour joindre ses vitres, aux restrictions budgétaires qui le privent du marbre de Carrare qu’il souhaite utiliser et qu’il va lui-même acheter en Toscane, aux rivalités politiques qui menacent le projet lorsque la gauche perd les élections législatives de 1986.
Les résistances que rencontrent von Spreckelsen sont incarnées par deux personnages que le film a l’intelligence de ne pas caricaturer. D’une part Subilon, un conseiller présidentiel vibrionnant, interprété par Xavier Dolan. D’autre part Pierre Andreu (Swann Arlaud), l’architecte surdoué qui avait signé l’aérogare de Roissy à vingt-neuf ans à peine et qui accepte modestement de se mettre au service de son collègue. Un autre personnage de fiction a été rajouté, celui de l’épouse de von Spreckelsen (Sidse Babett Knudsen) qui essaie, sans guère de succès, de ramener son mari à la raison quand il s’arc-boute sur ses principes.
Un moment, j’ai cru que le film allait être celui que j’aurais aimé voir : une éloge du compromis. J’espérais que l’architecte intraitable accepte de faire quelques concessions pour sauver son projet et que les résistances technocratiques qui le brimaient finissent par céder pour laisser son art s’exprimer. Patatras ! la réalité s’est rappelée à moi et aux protagonistes et le film a pris une autre direction.
Cette absence de happy end m’a frustré. Mais, tout bien considéré, il faut y voir plus une qualité qu’un défaut. Le film, comme le livre qu’il adapte, est fidèle aux faits, lesquels, on le sait hélas, ne sont pas toujours ceux qu’on espère.
Merci à Stéphane Demoustier d'avoir transposé au cinéma le livre (que je n'ai pas lu) de Laurence Cossé, sur le destin de l'architecte Johan Otto von Spreckelsen. Pour les plus curieux, je vous invite à parcourir (découvrir) les quelques pages d'un petit livre édité en 1989 à l'inauguration de la Grande Arche "Le Triomphe des arcs "? En quelques photos, on comprend toute l'intention de l'architecte, et aussi, par comparaison aux propositions antérieures qui se succédaient depuis 30 ans pour édifier le projet "tête Défense", le dessin de l'architecte Danois s'impose comme une évidence. bravo à tous les acteurs pour les interprétations parfaites. Je souhaite le plein succès à ce film, à la hauteur du talent de Johan Otto von Spreckelsen, et aussi à celui de son confrère Paul Andreu.
Stéphane Demoustier réussit là un film très instructif et réussit à rendre sa réalisation passionnante sur un un sujet qui de prime abord n'intéresserait pas le spectateur ! Avec ce film est interrogé le processus de création, et les liens que l'Art et les Artistes entretiennent depuis toujours avec le Pouvoir !
J’ai beaucoup aimé 殺 et appris de ce monument dont l’architecte reste un illustre inconnu …. Interessant et bien interprété! Voir à quel point la politique arrive à modifier ou manipuler la construction de ce …CUBE ! Quel joie de retrouvef
Très bon film qui raconte l'histoire de l'architecte Danois complètement inconnu du grand public, à l'origine de la grande arche de la Défense, dont la France n'a pas hésité à bafouer les valeurs de son œuvre pour des raisons politiques et budgétaires...
Un homme venu du froid, un carré de béton dans le ciel, et la France qui s’observe dans son propre reflet.
Le film s’ouvre sur des lignes, des angles, des voix de technocrates noyées dans la fumée des cigarettes d’époque. Rien ne bouge encore, sinon ce regard, celui d’Otto von Spreckelsen, perdu entre la pureté d’un dessin et la violence du réel. Il veut bâtir un rêve, on lui demande un monument. Il parle d’harmonie, on lui répond normes, délais, marbres.
Demoustier filme tout cela dans un clair-obscur glacé, presque clinique. La caméra caresse les surfaces, scrute les visages sans fièvre. Tout est lent, presque muet, comme si la géométrie avait avalé la chair.
Claes Bang, impeccable, impose un charisme douloureux : celui d’un homme qui se bat pour la beauté et se perd dans les couloirs du pouvoir. Mais le film, trop sage, trop poli, oublie parfois de respirer. On n’y sent ni la sueur des ouvriers ni la poussière du chantier — juste des concepts qui s’entrechoquent dans une architecture mentale.
Mais Demoustier, obsédé par la rigueur, ne lâche jamais vraiment la bride. Son film ressemble à son sujet : une structure parfaite, sans faille, mais sans souffle.
L’inconnu de la Grande Arche fascine par son ambition, par ce qu’il veut raconter du rapport entre l’artiste et l’État, entre la vision et la contrainte. Mais il reste un film d’esprit, pas de nerf.
Le monument se dresse, froid et muet. Et au milieu, un homme s’efface lentement derrière la pierre.
10 sur 20
Trop documentaire, pas assez film. De la rigueur, oui — mais sans vertige.
Captivant portrait d'un architecte refusant les compromissions, ce biopic confirme le style incisif et le talent de metteur en scène de Stéphane Demoustier. Une réussite.