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    One plus one / Sympathy for the devil
    note moyenne
    2,9
    134 notes dont 22 critiques
    répartition des 22 critiques par note
    1 critique
    2 critiques
    7 critiques
    5 critiques
    6 critiques
    1 critique
    Votre avis sur One plus one / Sympathy for the devil ?

    22 critiques spectateurs

    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,5
    Publiée le 22 octobre 2013
    Avant de commencer, est-ce-que vous vous rendez compte que pour voir un truc correct à la télévision publique il faut attendre le lundi soir à minuit trente ? (enfin techniquement le mardi matin). Si la télé est payée par nos impôts c'est peut-être pour que lorsqu'il y a un truc correct que l'on puisse le regarder ! Bon heureusement c'est les vacances !

    Voici un Godard assez connu que je n'avais pas encore vu, d'ailleurs France 2 a l'intelligence de diffuser la version de Godard (One + One) et pas la version des producteurs : Sympathy for de the Devil.
    Alors pour être honnête j'en ai rien à foutre des Stones, je ne les écoute pas, je me fiche d'eux ! Et tant mieux, parce que Godard aussi. Il voulait faire un film sur les Beatles, ils ont refusé, qu'à cela ne tienne, on se rabat sur les Stones.

    Je saluais la semaine passée comment Marker pouvait se faire petit pour rendre hommage à Signoret tout en restant très personnel. Ben là Godard fait l'inverse, il montre ce qu'il a envie de montrer avec les Stones et je vais faire son éloge pour les raisons opposées à ce qui m'avait fait aimer le Marker.

    Non seulement Godard filme les séquences de répétitions du groupe, mais il va rajouter autre chose, quelque chose typiquement dans la veine du Godard de la fin des années 60 (la chinoise, Week End, Vladimir et Rosa, Vent d'est...). Des discussions politiques (d'un côté avec les faux Black Panther et de l'autre avec Anne Wiazemsky) et je trouve qu'il y a un équilibre génial entre les deux. C'est à dire que l'on a cette conception d'un morceau (que je ne connais pas, jamais entendu, je l'écouterai peut-être une fois pour voir ce que ça donne terminé), c'est lent, fascinant et de l'autre on a cette puissance politique.

    J'aime beaucoup la façon avec laquelle Godard va vraiment donner vie à ces révolutionnaires, le discours des Black Panther, on s'y croirait. Et puis cette façon de tout faire en plan séquence, durant parfois plus d'une dizaine de minutes, de dire des choses pertinentes sur la société, sur le monde. C'est fascinant.

    Après j'avoue avoir une préférence pour les scènes de répétition où là on a juste la caméra qui passe de l'un à l'autre (avec leurs têtes d'anglais, c'est affreux) qui répètent, qui recommencent, qui continuent, etc. C'est envoûtant. Et quelque part ça rend le film de Godard moins dense que ses autres films, ça permet de se poser, de respirer un peu, sans pour autant que ça soit moins beau ou moins intéressant.

    Il y a un graffiti que j'ai beaucoup aimé il disait : "cinemarx". Comme si taguer "cinema" était déjà un acte révolutionnaire, j'aime beaucoup cette idée.

    D'ailleurs c'est intéressant de voir Godard qui fait l'éloge du montage opter pour des plans séquences. C'est la seule fois où je l'ai vu composer un film avec uniquement des plans séquences. On a bien ce plan de Week End, quelques essais ici et là, mais globalement Godard excellent au montage, mais là pour filmer une répétition il a compris qu'il fallait l'inscrire dans la durée. On essaye, on recommence, on s'arrête.

    Certains trouvent le film intéressant sur les Stones et révélateur de certaines choses. Perso je ne l'ai pas vu, mais en même temps je ne sais pas qui est qui. Mais tant mieux si ça peut faire regarder un Godard aux fans du groupe, ça leur changera.

    En somme c'est vraiment bien, pas l'un des meilleurs, je l'ai connu plus inspiré dans les dialogues politiques (vent d'est pour ne citer que lui) mais c'est à voir !
    robert_ginty
    robert_ginty

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    1,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    Les Stones enregistrent Sympathy for the devil. Cool, on peut assister à l'évolution de la chanson, dont on entendra une bonne demi-douzaine de déclinaisons. Le souci, c'est que ces sessions sont entrecoupées de plans-séquences politico-artistiques des plus pénibles : slogans péteux tagués un peu partout (Cinemarxisme ! Sovietcongs !), délires des Black Panthers qui pour le coup passent pour de sacrés clowns, interview totalement fermée d'une actrice qui se borne à enquiller les Yes et les No lors d'une ballade champêtre, lecture de romans de gares impliquant les grands du monde de l'époque, mises en scènes répétitives au message sybillin (des quidams vont acheter des bouquins, gifflent deux jeunes chevelus ensanglantés et se fendent d'un salut hitlérien au gérant de la boutique qui leur remet le passage dactylographié d'un bouquin lu à haute voix), bref du bon gros happening pompeux et prétentieux. Toutes ces conneries ont très certainement un sens inaccessible pour ma pauvre mentalité de petit-bourgeois, toujours est-il que les amateurs des Pierres qui roulent peu portés sur la branlette intellectuelle devront se farcir une bonne heure de calembrenaires ineptes pour voir leurs idoles accoucher d'un chef d'oeuvre. Ha oui ma bonne dame, mais on n'a rien sans rien !
    anonyme
    Un visiteur
    1,5
    Publiée le 8 septembre 2010
    Masturbation intellectuelle, pas forcément désagréable d'ailleurs, mais d'un commerce plutôt abscons toutefois. Quelques bons moments, et puis les Stones au naturel.
    Arthur Debussy
    Arthur Debussy

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    1,0
    Publiée le 18 mai 2012
    A tous les fans purs et durs des Rolling Stones, si jamais vous aviez pris «One One» pour un documentaire sur votre groupe favori, mieux vaut passer votre chemin. Car en lieu et place, vous vous retrouverez avec une sorte de film manifeste, singulier mélange de pop culture et d'activisme politico-révolutionnaire comme seul Godard osa le faire (avec plus ou moins de réussite), où nos amis anglais, sans toutefois faire de la figuration, ne constituent qu'un aspect de cette mosaïque cinématographique. «One One» marque en effet avec insistance la nouvelle orientation que prend l'art de Godard à la fin des années 60 : son cinéma est de plus en plus « déconstruit » (intellectuel en fait), difficile d'accès, et surtout politique. Si le spectateur risque de frôler l'indigestion, ce serait faire preuve de mauvaise foi que de nier l'intérêt de ce long métrage. Tout d'abord il constitue un témoignage fascinant de la société de 1968 et des divers courants culturels et politiques alors à la mode (au moins chez certains intellectuels) : sur fond de rock music, d'écrits des Black Panthers ou de récit pornographique parodique, Godard mèle des thématiques sociales et révolutionnaires à propos de la société de consommation et du communisme. De plus il s'intéresse conjointement aux thèmes de la création et de la destruction, d'un côté nous avons donc les Stones en plein enregistrement de leur célèbre Sympathy For The Devil, de l'autre nous nous retrouvons avec un simulacre de groupuscule armé dans une casse de voiture... Le tout forme un ensemble très hétérogène, Godard ayant décidé de mettre simultanément les idées et les formes les plus diverses puis de « voir ce que ça donne ». Le résultat est certes déconcertant, mais il donne à voir une vision éclatée et multiple de son époque, par petites touches, comme il avait pu le faire par exemple avec «Masculin Féminin». L'intérêt de "One One" est peut-être plus sociologique qu'artistique, néanmoins le travail de Godard, notamment sur la bande-son, est remarquable. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
    Claudine Ségal
    Claudine Ségal

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    1,0
    Publiée le 17 mai 2008
    Très, très déçue par ce film. Si ce n'était les répétitions des Stones, je le revendrai de suite. C'est limite une arnaque car le soi-disant film de Godard est pesant,trop long, choquant et hyper chiant (je ne trouve pas d'autres mots).
    L'étoile que je mets est pour les Stones et leur décontraction et concentration permettant une véritable création.Ils sont géniaux et je suis si fière d'avoir leur double "sympathy for the devil" offert par un copain quand j'avais 14 ans !!!
    Je n'ai jamais été branchée par ce que fait Godard mais ici l'arnaque réside dans le fait que les Stones sont présentés comme produit d'appel sur la pochette. On s'attend donc à avoir 80% de Stones et 20% de soupe de Godard. Quelle déception !
    weihnachtsmann
    weihnachtsmann

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    0,5
    Publiée le 22 février 2016
    De la musique ennuyeuse, des images ennuyeuses, des textes volontairement décousus mais un thème commun: la révolution. Certes tourner un film pareil est aussi un acte de révolution mais on est aux limites du plaisir de cinéphile. C'est pesant et si laid qu'on s'en passe franchement.
    Hotinhere
    Hotinhere

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    3,0
    Publiée le 8 février 2014
    La première moitié est un documentaire sur la genèse du morceau culte des Rolling Stones Sympathy for the devil, avec un regard détaché. L’autre moitié du film est un flot d’image à but idéologique. Les deux parties, aussi intéressantes soient-elles, ne forment pas un tout.
    🎬 RENGER 📼
    🎬 RENGER 📼

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    2,0
    Publiée le 18 septembre 2010
    One One (1968) aka Sympathy for the devil n’est pas le documentaire musical auquel on s’attendait de la part de Jean-Luc Godard. En 1968, le cinéaste filme les Rolling Stones en pleine répétition de leur titre phare Sympathy for the Devil, présent dans l’album Beggar’s Banquet. A travers ce documentaire, on suit les fameuses répétitions, constamment entre coupées par des séquences qui n’ont absolument rien à voir les unes entre elles. Ainsi, on passe d’une scène de révolution avec les Black Panthers, récitant des discours d'Amiri Baraka tout en exécutant des jeunes blanches. Suivent d’autres scènes tout aussi invraisemblables comme celles avec Anne Wiazemsky qui répond "yes" à toutes les questions d’un journaliste (la scène dure plus de 10 minutes, bon courage !). Mais la séquence la plus amusante, reste celle de la librairie où l’on trouve de tout, des magazines de charme en passant par les comics et où chaque clients se doit de faire le salut nazi pendant que le vendeur récite des passages de Mein Kampf.
    Vous l’aurez donc compris, ceux qui s’attendaient à un banal documentaire sur le plus célèbre groupe de rock se sont trompés, on a ici un documentaire expérimental militant et underground.
    ygor parizel
    ygor parizel

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    3,0
    Publiée le 7 février 2013
    Un foutoir comme aime Godard, mélange de documentaire musical et d'un essai politique. La mise en scène est lente mais fait d'agréable mouvements de caméras mais guère enthousiasmante au final. Des scènes de fictions avec des "révolutionnaire" lisant des théories et autres idées, des extraits sonores érotiques mettant en scène des politiciens ou vedettes.
    zhurricane
    zhurricane

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    1,5
    Publiée le 29 juin 2017
    Il faut vraiment être un fan des Stones ou des films de bourgeois pour aimer ce film. Dans le premier cas on voit l'évolution de la création du tube: "Sympathy for the devil", cela a quelque chose de jubilatoire de voir se morceaux se construire devant nous. Sans compter que Godard film le groupe en plan séquence, ce qui a pour effet de nous attacher au groupe et de mettre sur un même pied d'égalité tout les musiciens, du joueur de bongo à Keith Richard. Hormis Mick Jagger, qui est mis en avant, car c'est lui qui prend les décisions concernant la chanson. Alors au final, ça en devient forcément répétitif et à force on ne s'intéresse plus aux versions finales, ce qui est un comble. Dans le deuxième cas on est dans la déconstruction avec ces scènes qui n'ont rien à voir avec le groupe. J'ai ma préférence pour celle des Black Panther assez drôle parce que totalement décalé, et encore ça ne dure pas longtemps. Mais celle sur le vendeur de magazine pornographique, ou celle sur l'actrice qui ne répond que par "oui" ou par "non" sont vraiment inutiles, on sent une préoccupation de cinéma pour bobos Au final un film éreintant et long, dont on peut se passer uniquement les passages de construction du morceaux.
    stebbins
    stebbins

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    2,5
    Publiée le 12 avril 2010
    Rares sont les cinéastes travaillant la matière filmique de manière aussi composite que Jean-Luc Godard... Quitte à la dénaturer, quitte à la détruire, Godard la réinvente avec plus ou moins de talent au fil de son Oeuvre. Film charnière, délibérément anarchiste et iconoclaste, Sympathy for the Devil appartient clairement à la période militante du cinéma godardien. Pancartes pseudo-définitives, jeux de mots masturbatoires à la fois ridicules et suffisants, plans-séquences virtuoses à travers lesquels les banalités verbales ne manquent pas... C'est à la fois passionnant, assez exténuant, souvent prétentieux et toujours agaçant. Des Stones il est un peu question - histoire de prouver aux esthètes qu'un larsen longue durée vaut toutes les plus belles figures de style... On parle aussi des Black Panthers, de la révolution Mai 68 et du Viêtnam. Godard tire des conclusions hâtives pour mieux semer le doute : véritable tête chercheuse de la Nouvelle Vague, JLG propose mais impose aussi. JLG, c'est à la fois le terroriste et le libertaire du cinéma français : un gigantesque paradoxe.
    Attigus R. Rosh
    Attigus R. Rosh

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    1,5
    Publiée le 24 octobre 2020
    One + One / Sympathy for the Devil est un film à côté duquel je suis passé.
    Je ne suis par nature pas un grand amateur de documentaire et je suis totalement insensible à la filmographie de Jean-Luc Godard (fort heureusement, j'aime tout de même bien la musique des Rolling Stones) ; et malheureusement, ce n'est pas ce long-métrage qui m'a rabiboché avec le réalisateur.
    J'ai trouvé ce documentaire extrêmement décousu. Si ce n'est que quelques critiques fades relativement consensuelles (le nazisme, l'anarchisme), le film devient très ennuyeux et il n'y a pas grand chose à retenir. Même la chanson des Stones se retrouve étalée sur plus d'une heure et demie et devient lassante.
    Rien d'extraordinaire, encore un film creux et sans intérêt portée aux nues parce qu'il est signé Godard.
    JeffPage
    JeffPage

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    4,5
    Publiée le 28 janvier 2013
    Pour commencer, je tiens a préciser qu'il s'agit de la critique de "one one", le film que Godard a voulu et non la version massacrée par les producteurs. Ce film, qui suit l'enregistrement du morceau "Sympathy for the devil" des stones nous offre a voir le groupe au travail comme jamais un film ne l'avez fait. En effet, les plans en studios sont tout simplement superbe, a base de travelling magnifique. En parallèle de ces images, Godard filme la révolution des black panthers, associant la création (musicale) a la destruction de la révolution. Ces séquences sont particulièrement réussi et s'impose comme le haut du panier de Godard Politique. Autre point important de cette version : l'absence du morceau fini, donnent une impression étrange qui conclut a merveille ce film. Au final, "one one" est a film à conseiller aussi bien au fan des stones, qui y découvriront des images magnifiques du groupe, et au fan de Godard, qui verront l'un de ses meilleurs films et la fin des 60's en beauté pour un homme qui aura profiter de la décennie pour révolutionner purement et simplement le cinéma.
    JamesDomb
    JamesDomb

    Suivre son activité 60 abonnés Lire ses 1 061 critiques

    2,5
    Publiée le 29 septembre 2006
    En 1968, Jean-Luc Godard filme les Rolling Stones dans leur studio tandis qu'ils enregistrent Sympathy for The Devil. A ces scènes il y oppose des séquences d'incantation politique où sont entendus Les Black Panthers, un libraire pornographe lisant des extraits de Mein Kampf, une parodie d'espionnage lue en voix-off et une longue interview (Oui-Non) d'Eve Democracy (Anne Wiazemski) sur l'orgasme, le totalitarisme, la marijuana, les journalistes...One+One est une métaphore sur la réalisation, le développement et la création (cinéma, musique, révolution, engagement politique). Dans tous ces domaines, il y est question de patience, de cohésion, de liberté, de rigueur, d'improvisation. Réalisé durant les émeutes de Mai 68, Godard filme les partisans du Black Power dans leur refuge au milieu de carcasses de voitures où ils lisent leurs textes fondateurs. On a alors vraiment l'impression d'un chaos, des images quasi-apocalyptique non sans rappeler les carcasses de voitures entassées à Paris au même moment...Godard ne savait alors pas comment cela allait se terminer. One+One est également un "essai" sur la Révolution. Il s'attarde sur les différents modes de contestation de l'époque (jusqu'aux graffitis de transition faisant référence aux cartons de dialogues des films muets) à travers une superbe réalisation en plans-séquences circulaires, identiques à chaque scène. Un plan séquence circulaire qui atteint son apogée métaphorique au dernier plan sublime du film où la grue de caméra effectue une...révolution. Le Cinéma permet la Révolution. One+One est un objet à la fois fascinant, énervant et déconcertant. On ressent vraiment la création, la gestation d'une oeuvre musicale à travers les essais progressifs des Rolling Stones, créant lentement la chanson titre, de l'échauffement de la voix de Mick Jagger aux premiers accords de guitare de Keith Richards jusqu'aux Woo-Hoo célèbres de la chanson. Une opposition entre création et déconstruction fascinante mais parfois lourde.
    anonyme
    Un visiteur
    3,5
    Publiée le 4 septembre 2011
    Bon film de Jean-Luc Godard, qui essaye de capter, en sons et en images, l'époque, l'esprit du temps, et tout cela à l'aune d'une révolte collective (1968) contre le fascisme et les normes déclinantes (d'où la célébrissime chanson des Stones, envoûtante, hypnotique, dans laquelle Mick Jagger s'identifie au diable, qui tente au sens strict l'auditeur). La construction du film, sa "forme", n'est pas inintéressante, Godard choisissant de construire son "reportage" sur les Rolling Stones en filmant l'enregistrement, répété, évolutif, de la chanson éponyme (Sympathy for the devil, pour ceux qui n'ont pas suivi). C'est plutôt très bien joué : on saisit un peu du caractère des quatre loustics (principaux), de l'autorité de Jagger et de Richards (surtout de Jagger, en fait) sur les autres, de la passivité (et de l'approximation musicale : il faudra un jour parler de cette grande arnaque musicale) de l'étonnant Charlie Watts à la batterie et, dans une moindre mesure, de la chute de Brian Jones. La chanson est filmée successivement à ses balbutiements (accords folks voix), puis avec plusieurs accompagnements différents, essayés, abandonnés, avant que le choix définitif ne se porte sur un accompagnement surprenant rock-samba. Rien à reprocher en tous les cas à Godard : une bonne idée, c'est-à-dire s'effacer complètement pour laisser tout ce bouillonnement s'émanciper seul à la caméra.

    Parallèlement, Godard interrompt les multiples "phases" d'élaboration de la chanson phare des Stones par le truchement de quatre séries de "digressions" : d'abord avec des séquences de pseudo-reconstitution sur le mouvement des Black Panthers entre gueulements de textes engagés et massacre de jeunes blanches innocentes... Seconde digression ressassante, la lecture d'un roman étrange, mettant en scène les personnalités politiques de l'époque et les tournant en ridicule... Troisième digression : une séquence dans un vidéclub porno avec lecture en direct de passages de Mein Kampf, avec saluts nazis (en cadeau provoc') effectués par les clients. Enfin dernière digression : mise en abyme d'une équipe de tournage qui filme Eve, censée représenter une sorte de muse artiste/politique. Sous forme d'interview (permettant au passage à Godard de se foutre cordialement du milieu journalistique), Eve ne répond que par "oui" ou "non" à des questions de café-philo du type "Pensez-vous que la révolution nécessite un engagement absolu des artistes ? " ou d'autres sucreries du genre... Pas mal d'ironie dans tout ça, bien vue et bien placée, si - espérons-le tout de même - il s'agit bien d'ironie...

    Malgré l'anarchie dans la forme et la volonté évidente de Godard pour perdre et déstabiliser son spectateur au niveau du fond, ce Sympathy for the devil laisse une bonne impression, et quelque chose passe, quand même, à travers les multiples discontinuités du film, quant à l'intention de l'auteur qu'on pourrait synthétiser sous ce leitmotiv emprunté au film lui-même : "Under the stones, the beach"... A la frontière de la provocation, de l'essai caricatural, de l'absurde parfois ou encore du porte-voix pour la conception d'un art révolutionnaire, Sympathy for the devil demeure une oeuvre ouverte, simpliste parfois, mais certainement pas dénuée d'intérêt. Zou, 14/20.
    Toutes les critiques sur le Tching's Ciné bien sûr :
    http://tchingscine.over-blog.com/
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