Avant même d’imaginer l’intrigue de Noise, Kim Soo-jin s’est passionné pour le pouvoir du montage sonore. Au lycée, il avait réalisé un exercice consistant à créer plusieurs versions d’une même scène uniquement grâce à des variations de son et de rythme. Cette expérience lui a fait comprendre que le bruit pouvait devenir un véritable moteur narratif. Une idée qui irrigue tout son premier long métrage.
Pour renforcer l’immersion, l’équipe du film a utilisé des sons très familiers de la vie en appartement : vibrations de canalisations, chaises déplacées ou craquements de murs. Le réalisateur souhaitait que chaque bruit puisse sembler crédible avant de devenir inquiétant. Le sound designer Park Yong-ki, déjà passé par The Strangers, a contribué à créer cette ambiance oppressante entre réalisme et surnaturel.
Le personnage principal de Noise est malentendant, un choix pensé très tôt par Kim Soo-jin. En préparant le film, le cinéaste s’est intéressé aux applications de reconnaissance vocale utilisées par certaines personnes souffrant de troubles auditifs. Il y a vu un potentiel cinématographique inédit pour un thriller horrifique. Le film joue ainsi constamment sur la perception du son et du silence.
L’idée de Noise s’appuie sur un problème social très présent en Corée du Sud : les conflits liés aux nuisances sonores entre voisins. Dans les grandes villes comme Séoul, où la majorité de la population vit en immeuble, ces tensions peuvent parfois dégénérer violemment. Le film détourne cette angoisse collective pour en faire un cauchemar fantastique. Une manière pour le réalisateur d’ancrer l’horreur dans le quotidien.
Plutôt que de multiplier les effets choc, Kim Soo-jin a privilégié une mise en scène très proche de ses personnages. Le film utilise de nombreux gros plans et plans subjectifs afin de faire ressentir l’angoisse de l’héroïne au plus près. Cette approche permet aussi de créer des moments de douceur qui rendent les scènes d’horreur encore plus brutales. Le réalisateur voulait avant tout que le spectateur ressente physiquement l’inconfort du personnage principal.
Avant Noise, Kim Soo-jin s’était surtout fait remarquer grâce à ses courts métrages. Son film The Line avait notamment été sélectionné à la Cinéfondation du Festival de Cannes. Après plusieurs expériences dans le format court, Noise marque ainsi son passage au long métrage. Un premier essai qui confirme son goût pour les récits sensoriels et anxiogènes.