L’Être Aimé
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Cinévore24

467 abonnés 975 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2026
"Le cinéma ne peut pas tout réparer."

Pouvant faire écho à un certain «Valeur Sentimentale» de par le lien implicite qu'il tisse entre la réalité et la fiction, le talentueux Rodrigo Sorogoyen (Que Dios nos perdone, El Reino, As Bestas) nous dépeint les retrouvailles d'une actrice et de son père cinéaste, qui l'a engagé pour interpréter l'un des rôles principaux de son nouveau film.

Dans ce décor aride dans lequel a lieu le tournage, le récit d'une tentative de réconciliation bien difficile entre deux "inconnus" (l'un pour l'autre), deux êtres fragilisés par le passé et l'absence, deux regards qui peinent à s'aligner, à se trouver.

Deux personnages joués avec beaucoup de talent par Javier Bardem et Victoria Luengo (découverte pour ma part dans la mini-série «Antidisturbios», créée par Sorogoyen), parvenant à faire passer beaucoup de choses, dans leurs mots comme dans leurs silences.
Des personnages souvent sur le fil, à l'intérieur d'un film où la vie privée prend l’ascendant sur la vie professionnelle, et où la présence du passé ramène à la vie certains démons du passé (à l'image spoiler: de cette séquence de repas que l'on tourne encore et encore, au désespoir de toute l'équipe présente. Et se faisant le reflet de cette question pour le moins absurde : doit-on malmener ses comédiens pour obtenir le "meilleur" d'eux-mêmes à l'écran ?
).

Pour illustrer cette confusion entre le réel et la mise en scène, Sorogoyen joue avec les codes du cinéma (qu'ils soient visuels comme sonores, ou encore musicaux) avec une maîtrise certaine, même si je peux m'interroger sur le sens de certains changements de ratio ou basculements en noir et blanc au cours du récit, pouvant flirter avec un certain maniérisme un peu gratuit.

Une œuvre qualitative et à taille humaine, intéressante de par ce qu'elle nous raconte, et encore plus de par la manière dont elle nous la raconte, mais qui étrangement ne m'a pas autant embarqué, remué que j'aurai pu le penser.
Peut-être parce le film s'est déroulé comme je pensais qu'il allait se dérouler. Peut-être parce qu'il m'a manqué un peu d'inattendu, de déséquilibre plus marqué.
Peut-être parce que j'aurai voulu un peu plus ressentir ce côté "palpable" dans les rapports humains, entre conflits et réparation, entre rejet et bienveillance.

Mais malgré cela, une histoire de cinéma, de sentiments et de masques bien faite et très bien interprétée, et à découvrir en salle bien entendu.
norman06

432 abonnés 1 846 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mai 2026
Beau récit d'une tentative de réconciliation filiale, avec une réflexion subtile sur les rapports entre vie professionnelle et vie familiale dans le milieu du cinéma. Javier Bardem trouve l'un de ses meilleurs rôles de maturité.
vidalger

385 abonnés 1 320 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2026
Après les très bons El Reino, Madre et As Bestas, Rodrigo Sorogoyen nous gratifie d’un quasi-chef d’œuvre avec une double histoire, celle du tournage d’un film ambitieux par un réalisateur célèbre et tout puissant interprété par un Javier Bardem très convaincant et celle de la rencontre entre un père qui revient en Espagne (le même Bardem) après 13 ans à Hollywood, et sa fille. Interprétée par une Victoria Luengo admirable, Emilia exprime avec une intensité parfaitement juste les espoirs et les désillusions de cette rencontre avec son père disparu.
La qualité technique du film - impressionnante scène d’ouverture - laisse cependant toute sa place à l’émotion activée tant par les magnifiques dialogues, un scénario intelligent et une direction d’acteurs au sommet.
Le palmarès de Cannes ne devrait pas oublier de primer ce film.
cinono1

379 abonnés 2 318 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mai 2026
Deux histoires pour le prix d'une. Celle d'un film en train de se faire, et celle d'une relation en train de se refaire . Pour les deux, c'est difficile, joyeux, imprévisible. Avec ce film Rodrigo Sorogoyen se tourne vers la douceur, sans perdre beaucoup de l'intensité qui fait sa réputation, complètement mérité pour ma part. Il y a beaucoup d''acuité, une qualité dans les images, les non-dits et les regards. Le film passe vite malgré qu'il y ait peu de rebondissements. Javier Barden impose sa puissance mais reste sensible, et Victoria Luengo imprime la rétine, dans un mélange de légèreté et de gravité. Cela pourrait faire une belle palme
AZZZO

366 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 juillet 2026
Rodrigo Sorogoyen est un génie du cinéma.
Il nous a fait flipper dans "As bestas", balladé pendant 2 heures avant de nous mettre une gifle magistrale dans "El reino", voici qu'il peint les relations distandues entre un père et sa fille dans toute la violence des paroles et des non-dits.
Javier Bardem interprète le rôle d'un réalisateur reconnu qui offre le rôle principal de son nouveau film à sa fille qu'il n'a presque pas vue depuis 20 ans. Le spectateur s'attend à démêler les aléas d'une réconciliation familiale difficile mais Sorogoyen va beaucoup plus loin ; il filme les corps, les regards, les gestes, les silences qui racontent le double rapport de force qui anime la rencontre du père avec sa fille. La scène du tournage du repas extérieur est magistrale, d'une tension incroyable, ramenant Victoria Luengo (qui interprète Emilia) à sa position d'enfant.
C'est subtil et brillant. C'est Sorogoyen, quoi.
Arthur Brondy

311 abonnés 1 541 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 mai 2026
Un réalisateur de renommé international propose le rôle principal à sa fille, qu’il a perdu de vue depuis de nombreuses années. Des retrouvailles professionnelles et personnelles qui vont donner lieu à un tournage quelque peu chaotique. Avec ce film centré sur le cinéma, Rodrigo Sorogoyen propose une histoire complexe, tortueuse, mais au rythme un peu décousu. Malgré quelques scènes de tension, très réussies et malaisantes, je trouve le film un peu sans intérêt.
Joce2012
Joce2012

267 abonnés 782 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2026
Film un peu compliqué avec un scénario un peu long et pas facile à comprendre surtout au début, le thème est intéressant
Pascal
Pascal

270 abonnés 2 546 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2026
Présenté en CO à Cannes 2026 ( au moment où j' écris ces quelques lignes, j' ignore s'il obtiendra un prix ), " El ser querido " s'inscrit plutôt dans la veine intimiste que Rodrigo Sorogoyen avait déjà abordé avec son " Madre " ( seul opus du réalisateur que je n' avais pas aimé).

Malheureusement si le point de départ est passionnant ( un cinéaste qui a abandonné sa fille il y a treize ans, lui propose le rôle principal dans son prochain film ) à l'écran le rendu final l'est nettement moins.

On reconnaîtra un vague cousinage avec " valeur sentimentale" grand prix ( cannes 2025 ), mais le film du Norvégien Joachim Trier était très largement plus réussi.

Blessure émotionnelle d'abandon, de perte et vraisemblablement carence affective laissé comme un trou béant dans l'âme de sa fille.

Mais aussi problème de paternité, exposé trop en surface, ou la part de narcissisme n' est sans doute pas bien loin, dans cet artiste de renom dont la surface sociale cache un vide de substance humaine, d'empathie et de valeur tout simplement.

Les dialogues sont la plupart du temps beaucoup trop superficiels ( la seconde partie est toutefois meilleure que la première ), de nombreuses scènes sont presque totalement dépourvues d'intérêt, dans cet opus qui devient trop long par la difficulté qu'éprouve le cinéaste à transmettre des émotions.

Il reste la prestation de Javier Bardem, acteur de premier ordre, formidable comme toujours qui domine l'ensemble de la distribution.

Finalement Sorogoyen éprouve autant de difficulté à traiter son sujet, que son personnage principal, accompli au plan professionnel, mais impuissant au plan émotionnel, montre son incapacité à demander pardon, à s'expliquer clairement, à prendre sa fille dans ses bras et lui dire qu'il l'aime ! Ça se laisse voir, mais pas beaucoup plus !

Vu au 7 Parnassiens.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

237 abonnés 1 547 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2026
Un cinéaste réputé retourne dans son Espagne natale pour tourner un film avec sa fille dont il s’est éloigné..
Évidemment les retrouvailles sont houleuses.
Ce film arrive à créer une tension sur cette histoire de filiation inexistante. On a tous besoin d’un père mais comment le devient on si on a jamais vraiment voulu endosser le rôle?
La mise en scène de Sorogoyen est très réussie, il cadre au plus près de ses personnages, comme lors de la formidable scène d’ouverture. Et c’est sans doute l’une des meilleures compositions de Javier Bardem.
Après son très bon « As Bestas » et sa série « Los Anos Nuevos » le réalisateur espagnol s’impose comme l’une des valeurs sûres du cinéma européen.
Charlotte28
Charlotte28

211 abonnés 2 977 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2026
Extrêmement riche, ce drame est autant le récit du tournage d’un réalisateur et de ses équipes que d’un père et de sa fille. Paradoxalement, si l’équilibre est aussi juste, c’est grâce aux moments de rupture dans la réalisation qui floutent les frontières entre ces deux identités. D’ailleurs, la mise en scène sait exprimer les sentiments, les douleurs, les doutes des personnages par un geste, un regard, ou un mouvement de caméra. Or, cette maîtrise technique fait écho à la recherche de perfection du héros dont les entraves émotionnelles l’empêchent de communiquer (décemment). Envahissant l’espace par sa présence magnétique, Javier Bardem inspire à la fois fascination, inquiétude, curiosité. Très juste psychologiquement, l’intrigue montre autant le désarroi tardif d’un géniteur que les failles narcissiques profondes d’une enfant ou les relations conflictuelles, parfois amicales, parfois toxiques, entre collègues. Mise en abîme assumée, la narration s’attarde sur les différents aspects de la confection d’un film dont la création, parenthèse déterminante ou anecdotique, relève pourtant de cheminements personnels, donnant lieu à des scènes d’une vérité crue, telles que le repas ou la découverte de la musique. Intense.
evariste75
evariste75

216 abonnés 252 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 28 mai 2026
J'aime bien les films espagnols. la langue, les expressions du visage...

Ce film est trop monolithique, trop prévisible, les relations père-fille sont dérangeantes...

Un peu longuet...
Tumtumtree
Tumtumtree

206 abonnés 587 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2026
Film d'une grande ambition, porté par ses deux principaux interprètes, L’être aimé pèche par son manque de fond. Le cinéaste parvient régulièrement à créer une profonde tension entre les personnages, mais au final l'ensemble ne constitue que des affaires de famille assez conventionnelles. Le point intéressant du film est de venir questionner la limite entre les conflits relationnels surmontables et le moment où un individu dépasse totalement les bornes, provoquant une rupture définitive. Cette question importante se traduit spoiler: par une très longue scène de tournage où le cinéaste dérape totalement et s'enfonce dans les outrances.

Étrangement, alors que le récit cherche à explorer la complexité des caractères spoiler: , il se complaît en un plan où l'on voit le gentil petit papa qui maltraite tout le monde pleurer devant l'image de sa fille. Cette conclusion simpliste gâche une fin de film sans imagination.
Jmartine
Jmartine

203 abonnés 756 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 juin 2026
Un père réalisateur et une fille actrice, longtemps perdus de vue, se retrouvent pour le nouvel opus du premier. Bien sûr que l'on pense à Valeur sentimentale de Joachim Trier, grand prix du jury l’an dernier, mais la comparaison s’arrête là, le réalisateur du réalisateur espagnol Rodrigo Sorogoyen faisant du déroulement du tournage le nerf d’un récit qui met en parallèle la tentative de réconciliation père-fille et les rapports de pouvoir sur un plateau de cinéma… Esteban Martinez (Javier Bardem), cinéaste espagnol internationalement reconnu, demande à sa fille Emilia (Victoria Luengo), une jeune actrice qu’il n’a pas élevée et n’a pas vue depuis 13 années, de tenir le premier rôle dans son nouveau film, « Désert », alibi, on le comprend, pour retrouver cet enfant qui s’est détaché de lui….C’est le genre de film qui se regarde lui-même avec une admiration presque narcissique. Pendant plus de deux heures, on suit… un tournage de film déjà profondément ennuyeux. Le résultat est un long exercice d’auto contemplation où il ne se passe finalement pas grand-chose. La mise en scène multiplie les effets de style, (pourquoi diable ces passages en noir et blanc ?), couleur, pellicule, numérique, format CinémaScope… Sur le papier, cela pourrait avoir du sens, à l’écran, cela ressemble surtout à une démonstration technique gratuite, qui n’apporte rien à un propos déjà très faible. On sent la volonté de proposer une réflexion sur le cinéma, la mémoire et les relations humaines, mais le tout reste froid, prétentieux et terriblement soporifique…Pas franchement apprécié ce film pourtant largement encensé par la critique…et multi récompensé aux Goyas...mon impression générale…bavard, saoulant …saoulant le rythme effréné, le niveau sonore des bavardages et des altercations…la confusion des personnages… Après plus de deux heures de film, on n’a toujours pas compris le rôle exact de plus des 3/4 des personnages, tout est confus, brouillon, quasiment incompréhensible. Les dialogues sont tellement rapides que le sous-titrage n'arrive pas à suivre et, avec ce texte qu'on lit, on perd une grande partie de ces dialogues…
tupper
tupper

203 abonnés 1 605 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 mai 2026
Quand un film parle de cinéma, je pars souvent avec un excellent a priori, et Rodrigo Sorogoyen confirme une nouvelle fois la règle avec *L'Être aimé*. Ce drame captivant nous plonge dans les coulisses ultra-réalistes d’un tournage espagnol où un réalisateur (interprété par un Javier Bardem impérial et magnifiquement complexe) dirige sa propre fille. La mise en abîme est totale, riche et d’une justesse rare. Visuellement, Sorogoyen se montre particulièrement généreux – peut-être un poil trop démonstratif en alternant les angles, les objectifs, le noir et blanc et la couleur –, mais la proposition est tellement somptueuse qu'on se résout à juste en profiter, jusqu’à sourire bêtement face à beauté et la justesse de certaines séquences. Une œuvre marquante, portée par un Bardem au sommet de son charisme. À voir absolument.
capirex
capirex

201 abonnés 866 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 mai 2026
Même si j'avais préféré son précédent film , "As Bestas" , c'est là un beau film de Rodrigo Sorogoyen , même si de mon avis il y a des effets de style un peu inutile comme ce passage au N&B dans certaines situations , à travers cette relation père-fille conflictuelle avec des regards qui peinent à se croiser . Javier Bardem est là au au sommet de son art face à une intense Victoria Luengo .
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