Petit bijou qu'on n'aurait pas voulu voir, mais qu'on a vu... En effet, le synopsis (pour une fois !) ne révèle pas le cœur du sujet - sans quoi l'aurait-on vu ? On voit donc un film magnifique, bien construit, joué par deux déesses, apparemment inspirées par son auteur, mais très dur pour ceux qui ont côtoyé la mort. C'est en effet le sujet de la première à la dernière minute.
On a même l'impression d'avoir été piégé par Almodóvar puisqu'il nous invite à un film qui ne lui ressemble pas. Mise à part quelques détails dans la narration, pas d'ambiance interlope, pas de personnage croustillant, pas de langue espagnole. C'est clairement un registre nouveau. On est plutôt dans la sobriété, la délicatesse.
Il y a bien quelques piques d'ordre sociétales ou politiques, voire religieuses. Genre la guerre qui est quand même plus grave que l'euthanasie, ou le libéralisme et l'extrême-droite qui annoncent le chaos de la planète. Mais l'essentiel, ce n'est pas ça : c'est la mort, c'est le refus de souffrir, c'est la vie jusqu'au bout. Des échos partout...
Si le film peut rappeler Cris et Chuchotements de Bergmann (1972), c'est qu'il permet de faire des bilans de vie (utilisation des flashbacks). Mais le film est l'exact contraire absolument. Il n'y a ni cris ni chuchotements. N'empêche que l'un comme l'autre des films n'est pas du tout une divertissement. N'allez pas le voir sans savoir !
Ajoutons que, autant que les actrices, les personnages sont des êtres exceptionnels. Il n'est pas donné à quiconque d'être l'un ou l'autre de ces deux personnages. C'est toujours enrichissant le portrait d'un homme ou d'une femme rare et admirable. Après, il y a ou pas l'émotion.
Quand je ne me suis pas assoupie j'ai pu admirer la belle photographie de ce film, les couleurs, les prises de vue de la maison....et apprécié le jeu des actrices, 2 cadors tout de même, mais desservies par un scénario soporifique , bavard et peu captivant. On dirait du woody Allen Je ne comprends pasle prix remporté....
Le titre de ce film adapté de la nouvelle « Quel est donc ton tourment ? » (2010, Sigrid Nunez) fera certainement penser aux spectateurs ayant assisté à des cérémonies funéraires contemporaines à ces mots de réconfort : « Je suis passé dans la pièce d’à côté », fréquemment cités en étant tirés d'un texte (un sermon en fait) du théologien et écrivain britannique Henry Scott Holland en 1910. Il s’agit par cette image d’apaiser l’assistance en évoquant un au-delà dans lequel le défunt se trouve : la pièce d’à côté. Cela dit, malgré l'emprunt, le propos narratif et le fil conducteur dans ce film ne sont pas du tout les mêmes. La pièce d’à côté est cette fois quelque chose de factuel. La chambre dans laquelle séjournera l’amie venue accompagner une fin de vie dont la malade entend choisir d’ici peu le jour et l’heure face à un mal incurable qui la ronge. Le scénario très épuré aborde l’amitié, les années qui ont passé, les souvenirs qui datent d’autant plus qu’elles s’étaient perdues de vue. Et bien sûr la maladie. Puis le droit de mourir dans la dignité. Le suicide assisté ou, plus brutal, l’euthanasie ce que la loi du pays (Etat de New York) réprouve et réprime et nécessite donc de prendre des précautions pour que l’amie quelque peu complice ne soit pas inquiétée. C’est poignant. Chacun y trouvera matière à réflexion personnelle.
La chambre d'à côté permet à Almodovar, après des projets plus oubliable, de retrouver un peu de sa superbe. Ce drame épuré superbement filmé est interprété par deux actrices au sommet de leur art. Julienne Moore et Tilda Swinton livrent une somptueuse partition tragi-comique jusque dans un final puissant, qui vient convoquer les ombres des vivants comme des morts. Derrière le glamour hollywoodien, se joue une tragédie d'une douceur surprenante. Un beau film qui évite le pathos pour nous amener à une subtile réflexion sur l'euthanasie. A voir.
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3,0
Publiée le 15 janvier 2025
"The Room Next Door" est le premier long-métrage en anglais de Pedro Almodóvar qui rassemble Julianne Moore et Tilda Swinton dans le rôle de deux amies qui se retrouvent après plusieurs années. Des retrouvailles sur fond de relation mère-fille, de traumatismes et de fin de vie avec un service à rendre qui sert de fil rouge à cette histoire ponctuée de nombreux moments intimes. Un spoiler: double rapport à la mort avec une épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus d'Ingrid et non pas de la mourante Martha, ce qui a le mérite d'étendre le thème de la mort aux différentes personnes concernées. Si on ne tombe jamais dans le facile mélodrame, je trouve quand même que ça manque cruellement d'émotion. Heureusement que les deux actrices donnent un certain intérêt à ces différents échanges, car l'histoire est très simple. Je pensais même qu'il y aurait une pirouette scénaristique pour surprendre même s'il s'agit d'un drame, mais non... Au final, c'est quand même pas mal, mais très peu marquant.
Très intéressant film de Pedro Almodóvar , son tout premier tourné en langue Anglaise , magistralement écrit et aussi , et surtout , interprété par le duo Tilda Swinton - Julianne Moore sur qui repose le film ! Malgré le sujet qui pourrait sembler lugubre , mais qui est en fait tout le contraire , on retrouve l'esthétique propre à Almodóvar très colorée !
Un magnifique duo d'actrices aussi généreuses que complémentaires pour une ode à l'amitié ainsi qu'à la beauté, même fugace, de la vie. Pedro Almodovar nous livre un film pudique mais puissant, sans pathos mais avec beaucoup de douceur et de poésie. Un Lion d'or complètement mérité.
J'aimais bien Almodovar, ses personnages, ses couleurs, l'ambiance, musique. Mais depuis quelques films je n'en peux plus de ses défilés de mode permanents, du style Telenovela tellement explicatif... Pedro, tes spectateurs sont moins stupides que tu ne crois. Et puis la complainte perpétuelle et puis les violons, en continu, toujours les mêmes, qui nous disent quoi ressentir à chaque phrase. C'est ennuyeux, poussif, indigeste. Coloré, design, archi mais indigeste.
Pedro Almodovar filme Tilda Swinton et Julianne Moore avec toute la délicatesse d'un homme plein d'humanité et de compréhension dans une lumière, des décors et des vêtements colorés que lui seul maitrise pour nous émouvoir autant que pour nous émerveiller. Tout est magnifique dans la façon d'aborder le thème de la mort choisie et la vérité des personnages face à l'urgence de ce choix. A voir absolument !
La Chambre d’à côté est une élégie feutrée, un huis clos où Pedro Almodóvar orchestre un dialogue entre la peur de la mort et l’attente de l’inéluctable. Les principes sont clairement établis : un tandem - une femme mourante et une autre, terrifiée par l’idée de la fin – partage un instant de vie, où le réconfort circule dans les deux sens, loin de toute unilatéralité.
Ce film se déploie en deux mouvements distincts. D'abord, un prélude méditatif, dense en dialogues et ponctuée de flashbacks construits comme le récit d’un souvenir. Cette langueur désarçonnante, elle ne cherche ni le pathos ni l’émotion immédiate, mais installe patiemment les fondations d’un crescendo métaphorique.
Lorsque la seconde partie s’élève, c’est avec la solennité d’une tragédie dépouillée : l’euthanasie, débarrassée de tout ornement dramatique, se révèle en toute nudité. Par cela, le film dépasse l’illustration pour devenir une réflexion sur les pensées qui accompagnent les grandes décisions.
Visuellement, Almodóvar compose un tableau fascinant. Les cadres sophistiqués, les jeux de lumière, et les références picturales confèrent au film une maîtrise esthétique indiscutable. Cependant, cette beauté, calculée au millimètre, dilue l’émotion brute, transformant les souffrances humaines en images trop parfaites. En d'autres mots, à force de vouloir illustrer son concept, il n'en dit plus grand chose.
Almodóvar, cependant, évite de sombrer dans le mélodrame grâce à une écriture subtile et à des personnages nuancés. En choisissant deux actrices autour de la soixantaine, Almodovar revendique la visibilité des femmes plus âgées dans un cinéma souvent focalisé sur la jeunesse. Il leur offre une voix et une complexité rarement accordées, explorant leurs émotions, leurs désirs et leurs peurs sans condescendance ni simplification.
La Chambre d’à côté est une œuvre visuellement inattaquable, mais émotionnellement distante, comme si, face à la mort, Almodóvar choisissait d’en rester à sa représentation.
Un beau mélo académique ! Une recherche ataraxique de la fin de vie avec deux actrices américaines dont les scènes à deux s’apparentent à un téléfilm surchargé de gros plans. La musique de IGLESIAS est un élément majeur du film, avec deux ambiances sonores tellement différentes : tour à tour délicatement dramatique ou mélancolique et solaire. L’émotion n’est pas au rendez-vous si cen’est à l’apparition de la fille SWINTON. MOORE n’est que empathique et surjoue les petites colères. Oeuvre mineure du génial ALMODOVAR...
Le chef d’œuvre d’Almodovar brillamment interprété par deux actrices magnifiques. Ce film défend la liberté de choisir le moment et le mode de sa fin. C’est mon histoire à venir.
Des dialogues d’une platitude absolue, un jeu académique, un scénario sans intérêt et par dessus tout une manière de filmer datée, conventionnelle, ringarde.