La Chambre d’à côté
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499 critiques spectateurs

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Madjujul
Madjujul

4 abonnés 26 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2025
Avec « La chambre d’à côté », Pedro Almodóvar nous présente une œuvre de grand cinéma. Ce film fera date non seulement dans la filmographie du génial réalisateur espagnol mais aussi dans l’art cinématographique en général. Je vois au moins trois bonnes raisons à cela : le sujet traité (l’euthanasie), la direction d'acteurs (et notamment des actrices dans le cas présent) et la maestria générale de la mise en scène.
 
Almodóvar n’a pas choisi le sujet le plus accessible : autorisée en Espagne mais interdite aux Etats-Unis, le recours à l’euthanasie est le moteur de l’histoire. En situant l’action du film à New York et dans ses environs, l’intrigue devient d’emblée plus confidentielle et donc secrète et intime. C’est justement la façon dont Almodóvar traite ce sujet sensible avec toute l’intimité que cela requiert qu’il réussit à en faire un manifeste en faveur de l’euthanasie. Le personnage de Martha n’est jamais dans le larmoyant et c’est sa combativité et son état d’esprit guerrier qui font de l’euthanasie une arme secrète contre la mort. D’une certaine façon, Almodóvar nous montre que l’euthanasie peut vaincre la mort et son lot de souffrances. Est-ce à dire que Almodóvar positionne ce pouvoir de l’homme au-delà du pouvoir divin ? Sa filmographie nous prouve qu’il est un profond humaniste et qu’il a toujours cru en l’humain, même avec ses pires travers. La question mérite donc d’être posée.
 
Bien que le thème de l’histoire ne soit pas de l’ordre de la comédie, Almodóvar a choisi deux actrices lumineuses pour ses interprètes de Martha et d’Ingrid, les principales protagonistes du film : Tilda Swinton pour Martha et Julianne Moore pour Ingrid. Seul le personnage interprété par John Turturro (« l’amant merveilleux ») est plus taciturne, cela se voit même au travers des vêtements qu’il porte ou de son allure en général : pantalon et veste sombres, pull noir, pilosité et chevelure grises – quand Ingrid et Martha sont habillées de manteaux et de pulls aux couleurs vives avec des visages lumineux et des cheveux clairs ou flamboyants. Il faut dire que le personnage de Turturro est finalement le plus pessimiste des trois. Lors de conférences, il présente l’état délabré de la planète, alerte son auditoire quant à la situation apocalyptique dans laquelle notre écosystème se trouve et ne donne pas cher quant à la survie de l’humanité dans les prochaines décennies. Au final, ce sont les personnages de Martha et Ingrid qui paraissent les plus sensés, les plus dignes et les plus touchants au milieu de ce marasme écologique. Le film démarre avec le personnage d’Ingrid, écrivaine célèbre vivant à New York, en pleine séance de dédicace chez Rizzoli. D’emblée, on la sent pleine d’humanité. Généreuse et rayonnante, elle ne rechigne pas à rencontrer son lectorat, voire à le soutenir quand ils en expriment le besoin. Le glamour et le naturel (oui, les deux à la fois) de Julianne Moore sert beaucoup au personnage et à son empathie. Tout au long du film, elle est comme une équilibriste entre son envie d’aider Martha et sa douleur de l’accompagner dans le choix de la mort. Et Julianne Moore arrive parfaitement à trouver cet équilibre sans tomber dans le mélodrame sordide. Enfin, le duo qu’elle forme avec Tilda Swinton fonctionne à merveille. Leur complicité apporte une fraîcheur inattendue dans ce contexte pourtant si lourd. Certains passages sont même légers voire drôles et l’interprétation de ces deux grandes actrices y contribue énormément. L’interprétation de Tilda Swinton est exemplaire. Immense (dans tous les sens du terme), le visage émacié, les traits anguleux, elle impose son physique de grand corps malade à chacune de ses apparitions. La scène où elle apparaît tel un fantôme, vêtue de sa longue chemise de nuit blanche est saisissante et ferait presque basculer le film dans le surnaturel. Mais c’est surtout ce calme apparent mélangé à sa guerre intérieure qu’elle réussit le plus à faire transparaître à l’écran. Elle porte cette volonté d’en finir avec tellement de conviction qu’on ne peut qu’adhérer à sa démarche.
 
On a vu que Almodóvar choisit un thème difficile qui illustre la maturité qu’il a atteinte après plus de 40 années de cinéma, on a vu que Almodóvar dirige en maestro aussi bien ses actrices compatriotes que des actrices dont la langue maternelle est l’anglais, mais on voit que Almodóvar est surtout un grand metteur en scène qui sait merveilleusement raconter les histoires et nous emporter au milieu de personnages attachants. Plusieurs de ses plans sont comme des tableaux. Dans ce film, Almodóvar nous gratifie de très beaux plans de New York qui nous donnent envie d’y retourner. Et les parties du film se déroulant dans la maison, bien que tournées dans les environs de Madrid, nous font aussi penser au Hitchcock de la « Mort aux trousses » comme pour ce plan sur la forêt de pins à travers les baies vitrée de la (luxueuse) maison. L’ombre de Hitchcock revient au travers de la sublime musique d’Alberto Iglesias, parfois inquiétante, ou de cet autre plan de Ingrid s’allongeant derrière Martha avec leurs visages qui se confondent. Mais, plutôt que de plonger dans un thriller hystérique, Almodóvar narre son histoire avec un rythme et une fluidité qui font passer très facilement les 1h45 du film au spectateur. On est par ailleurs gratifié d’une atmosphère agréable, d’une douceur enveloppante qui démontrent toute la maîtrise qu’a Almodóvar de son film. C’est d’autant plus étonnant qu’il tourne pour la première fois un long métrage en anglais. Par le biais de la langue, on le sent proche des grands maîtres hollywoodiens (Spielberg, Eastwood) qui racontent leurs histoires avec une facilité et une simplicité évidentes. Ce qu’apporte toutefois Almodóvar c’est sa sensibilité espagnole et donc européenne à cette grande culture américaine – il n’est pas anodin que les premières scènes se déroulent à New York. Quand Martha et Ingrid arrivent dans la maison pour la première fois, elles remarquent le tableau de Edward Hopper « People in the sun ». On est frappé par l’utilisation des couleurs qu’Almodóvar n’aurait pas reniées. Il réussit même le génial tour de force artistique en reproduisant cinématographiquement cette œuvre de Hopper au moment le plus doux et le plus ensoleillé du film. Mais au-delà de cet exemple génial de mise en scène, Almodóvar semble vouloir placer l’art comme vecteur de vie. On vit avec l’art et on meurt quand il nous quitte : Martha meurt au fur et à mesure que la littérature ne l’intéresse plus ou que « la musique la décentre ». Seule exception, le cinéma : Martha et Ingrid passent des nuits blanches à revoir de bon cœur les films de Buster Keaton et « The Dead » de John Huston, cette dernière comme œuvre artistique testamentaire.
 
Personne ne souhaite que « La chambre d’à côté » soit l’œuvre testamentaire de Almodóvar, vivement le prochain ! En attendant, il est clair que ce film fait partie de nos marqueurs de vie. Je me souviendrai avoir vu ce film en 2025 et je me souviendrai à quel moment de ma vie je l’aurai vu. Il est à placer à côté de ces films qui nous définissent.
jolaclass
jolaclass

2 abonnés 22 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 17 janvier 2025
Grave, pompeux, bourgeois, bavard, sans humour ni poésie, pathos, caricatural, chiant à mourir et ennuyeux. Je pense que c'est tout bonnement le dernier Almodovar de ma vie que je me farcis, tant tout est fait pour m'agacer au plus haut point. Déjà y'a pas une scène où Juliane Moore n'a pas les yeux mouillés, ce qui est tout bonnement insupportable et en dit long sur le rythme du film et sur ses variations. J'ai noté également environ 25 références culturelles indigestes pour bien signifier au cas où on aurait pas compris que nos deux héroïnes principales n'existent qu'à travers leur thune et leur condition sociale et qu'elle n'ont aucune autre épaisseur, et pour bien exclure le spectateur lambda de la discussion. La vie d'écrivain de Julianne Moore disparaît complètement lorsqu'elle décide de s'occuper de sa vieille amie qu'elle avait perdue de vue, plus rien n'existe et on comprend au bout de dix minutes de film qu'on va assister à une longue agonie cinématographique. Ce Pedro n'a ni la poésie ni la finesse et ni l'humour d'un Gus Van Sant (voir son sublime Restless) ni la dévotion et la puissance d'un Departure (film japonais fortement primé) pour citer deux autres films au sujet similaire que ce film fardeau. Comme quoi, on peut aborder la mort et aussi la vie donc sous bien d'autre aspects infiniment plus pertinent qu'ici. Pour finir, John Turturro que j'apprécie me déçoit beaucoup d'avoir accepter un tel rôle niais, sa diatribe sur l'écologie et l'extrême droite est d'une bêtise sans nom, et d'un vide profond. Seuls points positifs, l'apparition de Buster Keaton et le flic de fin qui joue bien.
Eustachejosephine
Eustachejosephine

5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2025
Un réel sujet d'actualité sur la dignité à mourir en fin de vie. Les actrices principales jouent bien leur rôle.c'est un film émouvant
gilles94160
gilles94160

14 abonnés 13 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2025
Ennuyeux, soporifique , testamentaire ,, il n'y a que le jeux des 2 actrices qui est magnifique ainsi que la musique,, simple avis d'un fan d'Almodovar Espagnol, pas woody allen ...
Le cinéphile

799 abonnés 2 797 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 janvier 2025
Avec La Chambre d'à côté, Pedro Almodovar signe un film maîtrisé, mais peut-être un peu trop sage. Il lorgne ici vers le cinéma de Woody Allen et de Roman Polanski, avec toujours, un véritable savoir-faire. Les deux comédiennes crèvent l'écran.
vidalger

387 abonnés 1 330 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2025
C'est un nouveau chef d'œuvre que nous offre le maitre incontesté des films de femmes, un Almodovar de très haut niveau malgré le changement de langue et l'emploi quasi exclusif d'acteurs/actrices anglo-saxons. La perfection des images, les cadrages à l'ancienne, le choix des couleurs quasi-mondrianesques, le scénario avec une pointe de mystère et de suspense, tout participe à la réussite de ce film. Allez voir sans tarder ce film sur grand écran.
HeyMoon
HeyMoon

4 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2025
C'était long, j'étais pas dedans. Très déçue. On attend toujours à ce qu'il se passe quelque chose mais c'est plat. Pareil pour les personnages, c'est plat.
Fryzer
Fryzer

18 abonnés 388 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2025
Voir Alex Høgh Andersen alias Ivar The Boneless, j’ai eu un grand sourire.
Bon, je suis déçu hein, malgré certaines qualités indéniables, l’œuvre m’a rien procuré ou fait ressentir une once d’émotion, le tout fait très plat et n’a aucun charme, j’ai trouvé que le potentiel est vraiment effleuré, surtout le sujet de l’euthanasie. Je suis complètement passé à côté du message, mais à côté j’ai vraiment aimé la réalisation et le duo d’actrice est formidable, plus que convaincante mais la directive de leurs personnages est sous exploitées, ça partait extrêmement bien dans la première heure mais l’arrivée dans la maison j’ai trouvé une régression totale, surtout cette fin expédiée à mon sens, la phase au commissariat n’apporte complètement rien d’ailleurs, enfin bref, potentiel gâché alors que je peux percevoir la lumière sur le film, tout aurait pu être clairement mieux.
Alex
Alex

4 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 janvier 2025
Un duo d’actrices hors du commun, un film empreint de bienveillance mais qui dit tout des dérives du monde actuel sans toutefois dévier du sujet principal. Merci M. Almodovar.
Ça tourne
Ça tourne

46 abonnés 57 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 janvier 2025
Pas mal mais rien d'extraordinaire. On reste dans un grand classicisme : trop de discours, des couleurs flamboyantes, des références à Bergman et Tarkovski... Le message reste néanmoins d'une importance capitale : vivre tant qu'il en est encore temps et mourir dans la dignité.
Franck Bréant-Dardant
Franck Bréant-Dardant

17 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 janvier 2025
Il très beau film, où deux actrices de talent portent leur sensibilité à l’écran. Le passé ressurgit au travers de quelques suggestions et dévoilent peu à peu les personnalités, leurs histoires.
L’euthanasie est abordée sans jamais être pleinement au centre du film.
philbul
philbul

6 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2025
Bouleversant ! Les images et la musique sont magnifiques, très beau jeux des deux actrices. du grand Amodovar !
Mcg
Mcg

7 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 janvier 2025
C’est un film vitaliste, et très beau. Les yeux des comédiennes y brillent. Les personnages s’y battent sans haine.
Math719
Math719

234 abonnés 932 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 janvier 2025
Pas vraiment d’intérêt à part se morfondre dans l’attente de la triste fin de vie de cette femme..
Triste ? En fait pas vraiment!
Juste acceptable par coté ou l’ont voit le perfectionnisme du réalisateur, mais pas vraiment intéressant et je ne comprend pas la critique de ce long métrage certes signé par Almodovar !
LNKRDRN
LNKRDRN

15 abonnés 765 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 janvier 2025
Un film pas trop mal.

Une charmante histoire racontée par de bons personnages. Juste avec un rythme qui prend son temps.

Malheureusement, ce n'est pas mon genre et je pense qu'il ne vise vraiment pas tout le monde.

Les dialogues sont travaillés mais j'ai trouvé les scènes particulièrement longues et des fois ennuyeuses.

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