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Theo
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3,5
Publiée le 13 janvier 2025
Pedro Almodóvar, réalisateur emblématique du cinéma espagnol, s’essaie pour la première fois à un long-métrage en anglais avec La Chambre d'à côté. Ce drame introspectif, qui réunit deux icônes du cinéma – Tilda Swinton et Julianne Moore – explore les thèmes de la mort, de l’amitié et de la réconciliation. Si le film regorge de moments de grâce, il ne parvient pas toujours à dépasser ses propres ambitions.
Fidèle à son style, Almodóvar offre une direction artistique impeccable. Les intérieurs de la maison où se déroule la majeure partie de l’action sont minutieusement agencés, empreints de couleurs et de textures qui évoquent à la fois le confort et la mélancolie. Cependant, là où ses précédentes œuvres débordaient de vie et d’exubérance, celle-ci semble parfois trop contenue, presque aseptisée. L’aspect visuel, bien qu’élégant, manque d’audace, comme si le réalisateur avait hésité à laisser sa signature s’exprimer pleinement dans ce nouveau contexte linguistique.
Tilda Swinton, dans le rôle de Martha, incarne brillamment une femme en fin de vie, partagée entre l’acceptation et la peur. Elle parvient à exprimer une profondeur émotionnelle avec une subtilité remarquable. À ses côtés, Julianne Moore, dans le rôle d’Ingrid, livre une performance sincère mais légèrement inégale. Si certaines de ses scènes sont empreintes d’une véritable intensité, d’autres manquent de naturel, ce qui perturbe parfois la dynamique entre les deux actrices. Cette relation, censée être le cœur battant du film, oscille entre moments authentiques et passages plus mécaniques.
L’histoire se concentre sur les retrouvailles de deux amies dans des circonstances tragiques. Si cette simplicité narrative permet d’approfondir leurs interactions, elle engendre aussi un rythme inégal. Les scènes contemplatives, bien que poignantes, s’étirent parfois au-delà de leur nécessité, donnant au film une allure stagnante. Almodóvar privilégie ici les silences et les regards, mais ces choix, bien que chargés de potentiel, finissent par diluer l’impact émotionnel.
Le film aborde des sujets puissants : la mort, le pardon et les regrets. Pourtant, leur traitement manque parfois de nuance. Certaines scènes frôlent le didactisme, tandis que d’autres, plus subtiles, sont d’une profondeur remarquable. Ce déséquilibre empêche le film de s’élever pleinement. La réflexion sur la fin de vie, par exemple, aurait mérité une exploration plus audacieuse pour résonner avec plus de force.
Le passage à l’anglais marque une étape importante pour Almodóvar, mais ce choix semble avoir introduit une certaine distance. Les dialogues, bien écrits mais parfois dépourvus de spontanéité, peinent à capturer la fluidité et l’émotion brute qui caractérisent ses films en espagnol. Ce décalage, bien que subtil, est perceptible et nuit à l’immersion.
La Chambre d'à côté est une œuvre qui mêle avec habileté moments de beauté et maladresses narratives. Si certains passages captivent par leur intensité, d’autres souffrent d’un manque de rythme ou d’authenticité. Le film donne l’impression d’une expérience partiellement aboutie, oscillant entre des choix audacieux et une prudence inattendue.
La Chambre d'à côté est une proposition intrigante, portée par une esthétique maîtrisée et des performances contrastées. Cependant, le film n’exploite pas pleinement son potentiel et reste parfois prisonnier de ses ambitions. Un film à voir pour ses moments de grâce, mais qui pourrait laisser certains spectateurs sur leur faim.
Almodóvar a fait des films sur la vie et le désir, celui-ci est un film sur la vie et la mort, un film de maturité, presque Bergmanien avec une esthétique soignée, colorée et terriblement artistique. Un film de maturité, tourné en anglais et en Amérique, un pays où le néolibéralisme et l’extrême droite servent la soupe au réchauffement climatique. J’ai bien aimé ce film, John Turturo est parfait et les actrices sont excellentes mais je n’ai malgré tout pas ressenti beaucoup d’émotion.
Des dialogues d’une platitude absolue, un jeu académique, un scénario sans intérêt et par dessus tout une manière de filmer datée, conventionnelle, ringarde.
Ici, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et euthanasie... Des sujets graves (la santé, la maladie, la mort dans la dignité) qui concernent tout le monde, des valeurs d'humanité, de bienveillance, de force, tout ceci dans un récit émouvant et dans une tension constante et soutenue : tous les ingrédients d'un très bon film ! Le commun des mortels, et ma pomme avec, se laissera embarquer et séduire par cette très belle histoire, profonde, humaine, mais ne parviendra pas forcément à partager toutes les émotions des deux protagonistes... Peut-être la distance créée par ces deux femmes un peu parfaites ? Un beau film que l'on peut largement voir malgré tout !
Ce film d'Almodóvar, totalement en anglais et qui se déroule à New York, aborde une pluralité de sujets dont l'amitié, la mort, le cancer du col de l'utérus et l'euthanasie, en soulevant de questions d'une façon bienveillante, délicate, mais aussi profonde. Cependant j'ai été déçue de constater que Tilda Swinston incarne le personnage de Martha et, après sa mort, de sa propre fille. Invraisemblable et peu crédible.
Le film aborde le thème de la fin de vie, comme d'autres l'ont fait avant, ce n'est pas une nouveauté, le message politique sur une nécessaire évolution de la société sur ce thème qui est sous-jacent est très fort ici, on connaît l'engagement de Pedro Almodovar et de ses films, et de nombreux pays considèrent encore ce sujet comme étant trop tabou pour l'aborder et le traiter dans l'intérêt de tous. L'esthétique "almodovarienne" est également très présente, presque à chaque plan, à chaque séquence, des couleurs qui tranchent, et qui sont complémentaires dans les décors et les costumes, de même que les allusions à la sexualité glissées comme des clins d'oeil de ci de là au fil du déroulé du scénario et au gré des personnages rencontrés. Le rôle est parfait pour Julianne Moore dont on a encore en mémoire le rôle dans "The Hours" (Stephen Daldry, 2003). A voir en espérant que le film contribue à faire un peu bouger les lignes...
Émouvant, l'amitié, et la vie sont sublimées, alors qu'il est question de la mort. Le film est captivant, et on se retrouve souvent dans nos propres interrogations. On peut ressentir une grande complicité entre ces deux grandes artistes. A voir, et si possible en VO !
Il s'agit d'un bon film mais la décoration intérieure, même si elle est plaisante (les couleurs), elle sort trop facilement d'un catalogue art & design, ce qui empêche un peu la concentration.
Certaines scènes, surtout au début, auraient mérité d'une temporalité plus étendue.
Malgré le jeux des comédiennes Tilda Swinton et Julianne Moore, l'intérêt et la pertinence du sujet, et contrairement aux autres films magnifiques d'Almodovar, le film ne parvient pas à émouvoir le/la spectatrice.
Un film d'Almodovar moins exubérant que d'habitude, plus en retenue, plus fouillé dans lequel il traite d'un thème d'actualité : la fin de vie, le droit de choisir le moment de sa propre mort, avec cette particularité qu'aux USA où se déroule l'action, celui qui ne s'y oppose pas est complice de meurtre. Mais là, n'est pas l'essentiel. L'essentiel c'est cette relation d'amitié entre 2 femmes libres, l'une, ancienne reporter de guerre atteinte d'une maladie incurable, l'autre auteure à succès, femmes que la vie a séparées et se reretrouvent un peu par hasard. Excellentes actrices, film lent, émouvant , superbe musique d'Alberto Iglesias, comme d'habitude
Petit bijou qu'on n'aurait pas voulu voir, mais qu'on a vu... En effet, le synopsis (pour une fois !) ne révèle pas le cœur du sujet - sans quoi l'aurait-on vu ? On voit donc un film magnifique, bien construit, joué par deux déesses, apparemment inspirées par son auteur, mais très dur pour ceux qui ont côtoyé la mort. C'est en effet le sujet de la première à la dernière minute.
On a même l'impression d'avoir été piégé par Almodóvar puisqu'il nous invite à un film qui ne lui ressemble pas. Mise à part quelques détails dans la narration, pas d'ambiance interlope, pas de personnage croustillant, pas de langue espagnole. C'est clairement un registre nouveau. On est plutôt dans la sobriété, la délicatesse.
Il y a bien quelques piques d'ordre sociétales ou politiques, voire religieuses. Genre la guerre qui est quand même plus grave que l'euthanasie, ou le libéralisme et l'extrême-droite qui annoncent le chaos de la planète. Mais l'essentiel, ce n'est pas ça : c'est la mort, c'est le refus de souffrir, c'est la vie jusqu'au bout. Des échos partout...
Si le film peut rappeler Cris et Chuchotements de Bergmann (1972), c'est qu'il permet de faire des bilans de vie (utilisation des flashbacks). Mais le film est l'exact contraire absolument. Il n'y a ni cris ni chuchotements. N'empêche que l'un comme l'autre des films n'est pas du tout une divertissement. N'allez pas le voir sans savoir !
Ajoutons que, autant que les actrices, les personnages sont des êtres exceptionnels. Il n'est pas donné à quiconque d'être l'un ou l'autre de ces deux personnages. C'est toujours enrichissant le portrait d'un homme ou d'une femme rare et admirable. Après, il y a ou pas l'émotion.
Tilda Swinton et Julianne Moore confirment leur statut de grandes actrices. Il ne se passe pas grand-chose, c’est vrai, mais c’est ça la vie parfois : des moments simples qui en disent long. Un film à voir si on est prêt à être touché sans artifice.
Je comprends parfaitement que ce film ait pu déplaire à certains. Il peut sembler long et ennuyeux. Mais, justement, face à la mort, il est rare d'être enthousiaste et enthousiasmant Confronté à la mort tous les jours, de par mon travail, j'ai trouvé ce film très juste. L'amitié sincère et la sobriété de la mourante sont remarquablement bien jouées par Julianne Moore et Tilda Swinton. Le film soulève la question de l'euthanasie qui, si elle n'était qu'un choix individuel ne poserait pas de problème. Mais la société a beaucoup de mal à l'accepter. Pourtant ce choix douloureux sera sûrement une question essentielle dans les années à venir. Comme le souligne Damian (excellent John Tuturro), la fragilité de nos systèmes de santé, fera le travail, et l'euthanasie pourrait être percue comme un moindre mal pour alléger les souffrances et surtout ne pas contribuer au trou (de la sécu, en France). Sans être cynique, il faut d'abord penser à la personne qui souffre et on semble l'oublier. Un très bon film sur un sujet passionnant. N'ayez pas peur de vous ennuyer. Vous pourrez y retrouver des éléments familiers. 18/20
Quel ennui mais quel ennui! Je ne sais pas si c’est la version française qui fait ça mais j’ai trouvé les dialogues plats, aucunes émotion, les actrices mauvaises! On ne s’attache à aucun personnage, ça fait surjoué ! Seule l’esthétique est réussie!