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3,5
Publiée le 10 janvier 2025
Almodovar revient avec un film de fantôme aussi beau qu'envoutant. Julianne Moore et Tinda Swinton sont majestueuse dans ce sublime premier long-métrage en langue anglaise du cinéaste espagnol
Le chef d’œuvre d’Almodovar brillamment interprété par deux actrices magnifiques. Ce film défend la liberté de choisir le moment et le mode de sa fin. C’est mon histoire à venir.
Ce film est moins baroque et fougueux que les Almodovar d’Antan. Moins passionné aussi mais plus sophistiqué. L’esthétique n’est pas la même. Plus intellectualisée. Mais alors ? C’est différent mais toujours aussi beau. Ce film a visiblement dérouté certains. Or l’émotion et la gravité nous prend autrement. De manière plus posée et subtile. C’est simplement l’évolution d’un auteur de cinéma qui s’interroge autrement sur la fin d’une vie (plutôt que sur la mort), la fin d’un monde, et une manière de la maîtriser dans une certaine dignité et quiétude. J’y ai reconnu sa patte. C’est réussi et je ne suis pas déçu.
Almodovar conquiert l’Amérique ! Le décor est planté : ce sera le luxe et l’inhumanité de grands appartements modernes avec un huis clos à deux femmes riches d’expériences et qui se retrouvent en fin de vie pour l’une d’entre elles. Tout est (trop) soigné dans ce film : les décors à la Hooper, des dialogues à la Woody Allen, une musique très ajustée aux scènes . Dommage que Pedro Almodovar ait abandonné outre atlantique ses personnages truculents et sexués , le film en devient en conséquence trop beau et stérilisé…
Lion d'or 2024 à Venise, " la chambre à côté" se propose une réflexion sur la fin de vie, à travers la rencontre fortuite entre deux anciennes relations amicales de jeunesse.
Ce dernier opus du cinéaste espagnol Pedro Almodovar, tourné aux usa, mais qui reprend les choix esthétiques du cinéaste en terme de production artistique, n' est pas uniquement une réflexion sur le droit à mourir.
Confrontation à la maladie, bilan d'une vie d'où surgissent des épisodes non résolus, mais aussi accompagnement par celui ( ou celle ) qui survivra, dans une sorte de répétition avant sa future disparition, " la chambre à côté" est aussi indirectement une invitation à aimer la vie.
Grande réussite pendant les premières 40 minutes, ce Lion d'or s'essouffle ( selon moi) malheureusement pendant sa dernière heure trop pauvre et sèche en émotions.
C'est, ( me semble -t-il) là ou se ressent ce qu'il faut bien appeler le point faible de " la chambre...". A voir, malgré tout, mais on n'a pas ici affaire ( de mon point de vue ) à un des quatre ou cinq meilleurs titres de son auteur.
"The Room Next Door" bien noté par la critique, Lion d'Or à la Mostra de Venise l'an dernier, est un drame espagnol bien décevant. En effet, pour son premier long-métrage en anglais, Pedro Almodóvar présente aux spectateurs une histoire plutôt lisse et parfois ennuyeuse. J'ai eu l'occasion de découvrir de bien meilleures œuvres de ce cinéaste espagnol, et il aurait eu de meilleures façons d'aborder des sujets aussi importants que la fin de vie et l'euthanasie, malgré la présence des deux actrices que j'aime beaucoup Tilda Swinton et Julianne Moore ainsi qu'un scénario assez maitrisé, c'est ma première déception de l'année.
Le sujet est passionnant. Le film est lent, ennuyeux, très bon chic bon genre. Fin de vie chez les riches. On y croit pas ! Beaux paysages, relation amicale intéressante, beau jeu d'actrice.
Almodovar signe à plus de 70 ans son premier film aux Etats-Unis et force est de reconnaître que ce changement géographique ne se ressent aucunement dans son style. On retrouve la beauté de ses couleurs pétantes qu'il affectionne, la belle musique qui nous transporte de son compositeur attitré et le plaisir de magnifier ses actrices. Il retrouve Tilda Swinton et filme son étrange visage avec une constante émotion. Face à elle, Julianne Moore, lumineuse comme toujours ou ici comme jamais livre une poignante prestation. Sur le fond, le cinéaste espagnol nous parle d'un sujet très douloureux avec une délicatesse qu'on lui avait connu dans ses grands mélos espagnols. "La chambre d'a coté" est un film dur mais tellement beau, Almodovar reste un cinéaste majeur de son époque.
En passant à la langue anglaise avec un casting anglophone le cinéaste espagnol semble avoir oublié son amour des couleurs chatoyantes, des histoires alambiquées et riches de sens et de symboliques, de personnages complexes et/ou ambigus pour un récit linéaire, simple et simpliste. Une atmosphère pesante s'instaure, pas morbide encore mais on s'y approche, quelques flash-backs qui paraissent anodins, et la requête pour l'euthanasie qui ouvre les portes d'un drame psychologique ou d'un thriller qui ne se dévoile pas encore. L'histoire se met en place doucement puis on se demande quand est-ce qu'il va réellement se passer quelque chose, quand est-ce que le rebondissement ou la révélation ultime va arriver. L'émotion a bien du mal à s'éveiller, pas aider d'ailleurs par deux amies, incarnées certe de façon juste et sobre par deux magnifiques actrices, mais trop bourgeoises égocentriques pour amener à l'empathie. Puis arrive la fin alors qu'on s'attendait à un truc en plus pour ouvrir un dernier acte, mais non. Finalement la frustration d'un film inachevé amène à la frustration d'un film très anecdotique qui nous laisse de marbre. Tout ça pour ça... Site : Selenie.fr
"Auréolé du Lion d’or à la dernière Mostra de Venise avec l’adaptation du roman éponyme de Sigrid Nunez, Pedro Almodóvar développe un thriller existentiel en reconnaissant l’euthanasie comme une digne échappatoire dans un monde surchargé en souffrance. La Chambre d’à côté constitue alors un geste artistique transgressif et bienvenu, comme à son habitude, en faisant de nous les témoins et complices d’une tragédie humaine."
"Julianne Moore et Tilda Swinton, un cocktail qui gagnerait à exploser sur la scène hollywoodienne, mais qui sont appelées à interagir dans une extrême et intense retenue devant la caméra d’Almodóvar. [...] Malgré un emballage esthétique qualitatif, la narration pèche dans les insertions de flashbacks, beaucoup mieux dilués dans Douleur et Gloire, où le passé alimentait davantage l’intensité émotionnelle, presque qu’autant que dans le présent. Ce film constituait déjà un « adieu » prématuré et bouleversant de l’artiste. Cette nouvelle itération avec La Chambre d’à côté le confronte à ses propres démons, revenus le hanter pour des raisons obscures, mais qui ont néanmoins la délicatesse de magnifier une profonde introspection, à défaut de nous émouvoir. De même, on sent qu’Almodóvar prend beaucoup plus de distance avec le réel dans la fameuse scène de « répétition », où Martha apparaît dans une robe blanche à travers une vitre, tel un spectre."
"Ses décors, aux couleurs vives et pop, constituent autant des leviers de caractérisation des personnages que de leurs sentiments. [...] Et encore une fois dans La Chambre d’à côté, Almodóvar s’en sert comme un contrepoids à la douleur, celui d’une histoire sombre et de plus en plus accentuée par la mortalité. En cela, à l’issue d’une ultime séquence enneigée, certains pourraient y voir un caprice ou un acte testamentaire prétentieux d’un artiste en fin de carrière, lorsque d’autres spectateurs plongeront naturellement dans sa relecture visuelle, intime et sensuelle des limbes au cœur d’une forêt, où l’amour et la fraternité s’additionnent pour ne laisser qu’une bulle de tendresse et de renaissance."
Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Film profond, porté par deux actrices en état de grâce, sur un thème délicat amené avec beaucoup de pudeur. Un Almodovar différend et en anglais, mais un cinéma toujours aussi puissant !
Moi, j'ai adoré ! Très touchée pas la délicatesse de ce sujet si difficile à traiter... Tout est beau évidemment, comme chacun peut le reconnaître... Mais pas uniquement les décors ou les costumes mais aussi les sentiments lus sur les visages des deux actristes magnifiques! Merci Monsieur Almodovar !
Pedro Almodóvar n'a toujours pas pris sa retraite ; il revient en effet en ce tout début d'année avec ce nouveau film envers lequel j'était plutôt sceptique. spoiler: En effet, si j'apprécie beaucoup le réalisateur de manière générale, certains de ses films m'ont laissé sur le carreau et je redoutais un peu celui-ci qui me paraissait bien lent. Et c'est effectivement le cas ! En effet, je ne vais pas cacher le fait que le rythme du film est lent, j'ai même eu du mal à complètement rentrer dedans même si on y repère tout de suite les motifs habituels du réalisateur : un film sur les femmes, un sujet tout aussi dramatique qu'incongru (même si l'humour noir propre au réalisateur y est ici absent) et une palette de couleurs assez impressionnante (la mise en scène est d'ailleurs toujours aussi réussie, chaque plan ou presque étant un tableau, magnifié par la B.O. de Alberto Iglesias qui reprend d'ailleurs, pour une scène, le thème d'"Étreintes brisées"). Pour donner un peu de contexte, nous suivons ici une femme atteinte d'un cancer en phase terminale qui décide de s'euthanasier elle-même. Mais pour cela, elle demande à une ancienne amie de l'accompagner dans une maison qu'elle a louée pour l'occasion. Avec ces deux personnages, nous avons la personnification de la vie et de la mort. Tandis que l'une est très pessimiste, l'autre est particulièrement optimiste, même à sa manière de discuter avec un ami qui n'a plus foi quant au futur de l'humanité qu'il pense être condamnée. Alors oui, dit comme ça, c'est plutôt simpliste et je fais de l'analyse de comptoir avec cette critique mais Almodóvar y insuffle tellement de poésie que le sujet en devient passionnant. Effectivement, si j'ai donc eu du mal à rentrer dedans, je me suis ensuite complètement laissé emporter par ces deux personnages que tout semble opposer mais qui semblent en même temps extrêmement proches dans leur parcours de vie. Alors certes, le film est un peu long par moments (notamment toute la dernière partie qui n'était pas vraiment nécessaire ou les flashbacks qui confèrent pour certains au film un aspect un peu ringard ; je pense notamment à la scène de la maison en feu) mais ce rythme lent est essentiel à l'intrigue puisque nous abordons, encore une fois, le sujet de la mort et plus précisément, l'attente de cette dernière. Puisque tandis que le premier personnage est imprévisible et ne sait pas vraiment quand il va s'euthanasier, le second la redoute. Concernant les actrices, nous avons principalement Tilda Swinton et Julianne Moore qui nous livrent d'excellentes performances. "La Chambre d'à côté"', en plus de faire partie des films les plus réussis du réalisateur, nous prouve que ce dernier en a encore sous le capot !