Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Ah, *La Chambre d’à Côté*, le dernier Almodóvar. On attendait un drame flamboyant, une œuvre poignante… et on a eu une séance d’hypnose. Ce film est à la tension dramatique ce que la tisane est à l’adrénaline. On regarde, on attend, on espère – mais surtout, on lutte pour ne pas piquer du nez.
Dès le début, le film annonce son intention : nous plonger dans une atmosphère pesante. Mais très vite, cette pesanteur se transforme en lourdeur. Les dialogues traînent en longueur, les personnages se fixent avec intensité, et chaque scène semble s’étirer à l’infini. Le suspense ? Aux abonnés absents. L’émotion ? Dissoute dans un océan de contemplation vide.
L’histoire, censée être haletante, se dilue dans des plans ultra-esthétisés qui finissent par étouffer toute intensité dramatique. Almodóvar a-t-il oublié d’ajouter une intrigue à son scénario ? Mystère.
Côté casting, on sent un potentiel énorme… gâché par une direction confuse. Certains surjouent, d’autres semblent en mode "robot sous tranquillisants". Ils passent leur temps à se regarder dans le vide, à marmonner des répliques sibyllines et à errer dans des décors colorés qui, pour une fois, ne suffisent pas à sauver l’ensemble.
Oui, il y a la patte Almodóvar. Les couleurs éclatantes, les cadrages millimétrés, cette atmosphère si particulière. Mais sans substance derrière, tout cela sonne creux. On a l’impression que le réalisateur se repose uniquement sur son style, oubliant au passage d’injecter de la passion et de la profondeur à son histoire.
Si vous aimez les longs silences, les regards vides et les intrigues inexistantes, ce film est fait pour vous. Sinon, passez votre chemin. Almodóvar a beau avoir du talent, ici, il l’a laissé dans la pièce d’à côté.