Il n'y a rien de plus étrange que de vouloir raconter son histoire en LEGO, surtout pour un artiste comme Pharrell Williams. "Piece by Piece" est donc un film très surprenant, qui, en plus de ce concept très particulier, se permet également d'être une sorte de mélange entre le biopic et le documentaire. Sur le papier, le long-métrage a donc franchement des allures assez inégales. Rien ne semble aller ensemble, mais je me suis quand même laissé tenter. Et en fait, en sortant de mon visionnage, j'ai compris pourquoi ce choix avait été fait. Clairement, tout a été choisi pour cacher le vide raconté au sein de ce projet. Pour être honnête, le film est vraiment réussi dans son approche de l'univers LEGO. Visuellement, l'animation est plutôt réussie, il y a pas mal d'idées pour transposer la réalité à cet univers et on sent donc que le choix n'a pas été fait uniquement pour avoir un support. En tout cas, c'est ce que je me suis rapidement dit au début du visionnage. Puis, après plusieurs minutes, quelques éléments ont commencé à me déranger. Globalement, je trouve que le film a un rythme beaucoup trop pêchu, car on passe d'une action à une autre de manière bien trop rapide. Parfois, on enchaîne vraiment les morceaux importants de sa carrière à la vitesse de l'éclair, ce qui est assez compliqué pour totalement se poser sur l'importance de telle ou telle collaboration. Mais ce rythme, au même titre que l'animation, est, comme je l'ai dit, un prétexte. Que l'on soit clair : Pharrell Williams n'a rien à dire. Quand on voit ce genre de biopic, même si c'est très cliché, on sait à peu près à quoi s'attendre. On va voir la longue ascension de l'artiste, le sommet et les désillusions que cela peut causer. Et pour le coup, ce n'est jamais le cas ici. Déjà, car toute la première partie, liée au début de la carrière de l'artiste, semble très survolée. On passe rapidement du petit artiste au grand producteur qui déchire tout, sans réellement de transitions. L'évolution se fait donc très vite, et le problème va venir du fait que ce postulat ne va jamais changer au cours du film. Tout ce principe de documentaire, avec de vraies personnes qui viennent parler de Pharrell, n'est là que pour gonfler son ego. 1h30 à entendre des gens dire qu'il est génial, qu'il n'a aucun défaut et qu'il n'a jamais rien raté, cela devient vite ennuyeux. Sur la totalité du film, il n'est jamais mis en difficulté, il n'y a aucun moment où sa géniale carrière est remise en question. Pourtant, on veut bien nous y faire croire, via un passage traitant du manque d'inspiration, mais même cette idée est édulcorée, et comme je l'ai rarement vu. La séquence passe très rapidement, et c'est la seule du long-métrage dans ce genre. On a donc un peu l'impression de voir un caprice de star, qui pense que la chose la plus horrible qui puisse arriver est le manque d'inspiration. Autrement dit, il est difficile de s'attacher à un tel personnage vu sa vision des difficultés de la vie... Dans l'ensemble, c'est donc chouette de revoir un film d'animation LEGO, mais si cet univers est utilisé pour l'histoire inintéressante d'un artiste qui ne cherche qu'à gonfler son ego, c'est bien dommage. Surtout que, cet artiste venant du monde du rap (un milieu très particulier, et surtout aux États-Unis), il y avait bien plus de choses à raconter que de simplement enchaîner les tubes les plus connus de l'artiste. En bref, le film est une vraie déception, et je comprends parfaitement pourquoi il n'a pas trouvé son public. Pour conclure, un film aux énormes chevilles.